ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Il a été démontré que nous pouvons mener à bien ce vaste processus sans ingérence et avec nos propres ressources, a déclaré Diaz-Canel dans la présentation aux députés du rapport sur l’informatisation de la société. Photo: José Manuel Correa

Diaz-Canel : « Dans le processus d'informatisation, nous voulons aller plus loin »

Une mise à jour sur le programme d'informatisation de la société cubaine a été présentée ce mardi aux députés de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire.

LE président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a souligné que l'informatisation de la société cubaine est une réalité qui progresse et est porteuse de prospérité.

« Il a été démontré que nous pouvons mener à bien ce vaste processus sans ingérences et avec nos propres ressources. Les produits, les applications, les logiciels et les systèmes d'exploitation cubains se développent de plus en plus », a-t-il dit.

Ce processus intègre bien des choses : il y a l'informatisation elle-même, la transparence dans la gestion gouvernementale, la participation à la prise de décision et la communication sociale et, à cet égard, il a parlé du multimédia dans les moyens de communication.

L'informatisation est également associée au processus de numérisation de la télévision cubaine et à la préservation de la mémoire historique, dont l'un des piliers est la conservation du patrimoine historique sur divers supports, a-t-il ajouté.

Le président cubain a annoncé que, dans le cadre de la première étape du gouvernement électronique, avant le 30 décembre, toutes les régions doivent avoir une présence sur le web et que 2019 marquera le début de l'interaction, un processus par lequel les utilisateurs peuvent poser des questions ou donner leur avis sur les questions territoriales grâce aux portails qui seront créés.

« Il est important que les Organismes de l'Administration centrale de l'État (OACE) disposent également de plateformes informatiques », a-t-il dit. Dans le cas des ministères, tous sont présents sur les réseaux sociaux et sont dirigés par les ministres.

À ce sujet, Diaz-Canel a rappelé qu'il s'agit d'une source importante d'interaction avec la population, sur les activités gouvernementales et les problèmes soulevés par la population.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, c'est une autre façon de défendre la Révolution, parce nos ennemis nous attaquent aussi à travers les réseaux sociaux, et « c’est aussi un front sur lequel nous nous battons ».

Le président a cité en exemplel’informatisation du ministère de l'Éducation, précisant que la plateforme CubaEduca propose un espace où l’on trouvent tous les contenus, textes, indications méthodologiques, examens d'entrée, pratiques de laboratoire virtuel de tous les enseignements, depuis le cours préparatoire jusqu’à la terminale, en passant par l'enseignement technique.

En ce qui concerne les applications, il a fait référence au site Web Apklis, un espace de l'Université des sciences informatiques (UCI) considéré comme un site d’information fournissant de nombreuses applications axées sur différents sujets, par exemple, pour effectuer des transferts de différents services, pour télécharger du contenu audiovisuel et des livres cubains.

Les efforts déployés par l'UCI et d'autres universités cubaines qui proposent des références bibliographiques permettant de trouver des informations et des livres de toutes sortes pour gérer le savoir ont également été mis en exergue par le président.

« Nous devons encourager les gens à utiliser des systèmes d'exploitation cubains, qui sont également liés à l'industrie électronique cubaine, qui produit des ordinateurs portables, des tablettes et des liseuses installés avec ces systèmes », a-t-il ajouté.

Il a annoncé qu'une émission de télévision sera bientôt à lancée, dont la périodicité reste à déterminer, afin que, systématiquement, la population puisse obtenir des informations sur les sujets qui lui sont les plus importants, de la part des OACE, des différentes instances du gouvernement et des institutions.

Il a également iannoncé le lancement, bientôt, d’un site web de la présidence, ainsi que d'un compte Twitter et d’une chaîne YouTube.

« Nous devons progresser dans le commerce électronique, nous devons commencer à nous développer et à socialiser, et ce sera l'un des objectifs essentiels de l'année prochaine », a-t-il indiqué.

Le président cubain a également souligné le rôle des parcs technologiques dans le pays, en particulier celui de l'Université de Matanzas, en tant qu'espace de recherche de solutions pour le développement territorial de cette province.

« Cette année, le secteur des télécommunications a largement contribué à la croissance du Produit intérieur brut, grâce à toutes les mesures qui ont été adoptées. C'est un secteur porteur de prospérité », a-t-il signalé.

Le ministre des Communications, Jorge Luis Perdomo, a abordé quant à lui les quatre piliers qui soutiennent l'informatisation du pays. Il a évoqué le développement de l'infrastructure des télécommunications, la création de contenus et de services numériques et le cadre réglementaire.

Au sujet de la cybersécurité, un autre principe essentiel, le ministre a souligné son importance pour faire avancer ce processus, rappelant que « la cybersécurité est un domaine sans lequel il est impossible d’ouvrir un service technologique dans le pays ».

Aujourd'hui à Cuba, il existe plus de 5 millions d'utilisateurs de services Internet, dont environ 60% y ont accès à partir de centres d'études et de travail, une possibilité garantie par plus de 34 000 liaisons de connectivité de données dans les entités, a-t-il indiqué.

« L'expansion du service Internet dans le pays a contribué à une plus forte présence des Cubaines et de Cubains sur les réseaux sociaux, favorisant la communication des citoyens, ainsi que la possibilité d'exposer l'image de Cuba et sa vérité et de combattre les actions subversives contre notre pays », est-il précisé dans le rapport présenté aux députés.

Les participants ont également appris que le réseau de machines de distribution automatique du pays n'augmente pas en nombre, mais en termes d'opérations. Cependant, il existe 929 distributeurs automatiques de billets et plus de 4 600 000 cartes magnétiques actives.

À cet égard, la députée de la province de Ciego de Avila, Irma Martinez, ministre-présidente de la Banque centrale de Cuba (BCC), a soulevé la question des réseaux de distribution, l'un des problèmes qui suscite des plaintes de la population, parce que « nous ne pouvons pas satisfaire toute la demande ».

Elle a souligné que des progrès ont été réalisés en termes de possibilités économiques. Au sein de la BCC, qui dirige ce travail, une

enquête sur toutes les demandes formulées par les différentes municipalités est en cours. Elle a rappelé que 99 municipalités n’offrent pas encore ce genre de service, mais que les projets prévoient une couverture totale.

À cet égard, la ministre-présidente de la Banque centrale de Cuba a affirmé que la priorité n'est pas seulement accordée aux distributeurs automatiques de billets, mais aussi aux terminaux de point de vente, ce que l'on appelle les « pos », afin d’accroître leur utilisation.

« Nous avons aussi fait des progrès dans le domaine de la banque téléphonique, de la banque à distance et de la banque mobile, qui, bien que très loin de ce qui était souhaité, a augmenté de 81%, introduisant de nouvelles modalités de paiement » a-t-elle ajouté.

Mayra Arevich, présidente de l'Entreprise des télécommunications de Cuba (Etecsa), a fait état des projets que cette entité a associés aux infrastructures disponibles dans le pays.

À propos de l'éducation et de la santé, elle a précisé qu’une instruction a été donnée pour que les provinces s'efforcent de développer davantage leur infrastructure en évaluant le nombre d'écoles et de centres de santé qui peuvent tirer parti des points d'accès publics Wi-Fi.

« Nous continuerons à travailler avec le service sans fil, car c'est le meilleur moyen de toucher la population. L'intention est également d'atteindre les endroits où la densité téléphonique est la plus faible avec la téléphonie fixe », a-t-elle conclu.