ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
La Havane a accueilli la Coupe du monde épée dames séniorau mois de janvier. Photo: Ariel Cecilio Lemus

SI un sport souffre des effets du blocus exercé par les États-Unis et ne s’est pas totalement remis de la crise des années 90, l’époque qui a suivi la chute de l’Union soviétique et des pays socialistes d’Europe de l’Est, connue à Cuba comme la Période spéciale, c'est bien l'escrime. L'île, autrefois puissance mondiale dans cette spécialité dans les années 1980 et au début des années 1990, a subi un recul notable au cours des deux dernières décennies, au point d’avoir été reléguée et remplacée dans le groupe de tête par plusieurs pays de notre zone géographique.

Une histoire riche en exploits qui nous place aujourd'hui – malgré la force des pays montants – à la 12e place du tableau des médailles des championnats du monde, avec six titres, autant des médailles d'argent et neuf de bronze. Ce fut une période de gloire bien loin de la réalité actuelle.      

La Coupe du monde épée dames senior qui s’est tenue à La Havane le mois dernier, a montré qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour revenir aux premiers plans. À cette compétition, aucune de nos représentantes n'a même réussi à se qualifier pour le tour des 64 meilleures, un résultat qui n’est pas très encourageant.

« Il faut convenir que la plupart d'entre elles étaient de jeunes athlètes qui disputaient leur première compétition internationale et que l’important pour elles était la chance qui leur était donnée de participer à un tournoi de ce calibre », a déclaré à Granma international Aljhadis Bandera, président de la Fédération cubaine d'escrime.

Yamilka Rodriguez, l’épéiste la plus expérimentée de l'équipe nationale, a considéré leur manque de participation aux principaux tournois du circuit mondial comme l'un des grands obstacles à la renaissance de cette discipline.

« Nous avons besoin de nous frotter davantage avec le haut niveau, de participer aux événements les plus importants, si nous voulons rejoindre l’élite. Pour en donner une idée, il suffit de dire que nous n’avons même pas la possibilité de visionner les vidéos de nos adversaires, ce qui nous empêche de créer une approche tactique correcte », a-t-elle ajouté.

Pour sa part, Pedro Enriquez, l’entraîneur en chef de l’équipe féminine d’épée, a tenu à souligné qu’ « qu’aussi bon soit le travail tactique et stratégique aux entraînements, rien ne peut être comparé à une compétition sportive de haut niveau.»

Il a expliqué que ce manque de rodage peut expliquer en partie la position occupée dans le classement mondial par nos épéistes, qui en raison de leur absence aux tournois de l’année sont contraints de se mesurer d’emblée aux meilleures aux grandes compétitions.

Si l'on ajoute à cela le manque d’équipements – très coûteux – pour les entraînements, ainsi que la disparition d’institutions chargées de la promotion de l'escrime aux niveaux inférieurs, comme les Écoles supérieures de perfectionnement athlétique (ESPA), entre autres, on peut comprendre combien il est difficile de replacer ce sport sur la voie gagnante.

Cependant, depuis l'année dernière, Cuba s’est proposé d'accueillir certains des plus grands tournois du monde, plusieurs d'entre eux dans les catégories inférieures comme le Championnat panaméricain des cadets et la Coupe du monde de fleuret junior.

« Nous avons l'intention de continuer à accueillir ce genre de compétitions. En 2018, nous avons commencé par la Coupe du monde d'épée féminine, qui a réuni 18 des 20 meilleures équipes du monde. Nous sommes satisfaits et nous espérons être en mesure de répéter cette expérience l’année prochaine », a déclaré le président de la Fédération cubaine d’escrime.  

Et d’enchaîner : « Au mois de juin, nous organiserons le Championnat continental, qualificatif pour les Jeux Panaméricains à Lima 2019. Il s'agira d'un événement auquel participeront la majorité des escrimeurs de notre région, y compris les États-Unis et le Canada, qui voyageront avec leurs équipes au grand complet. Nous aurons également l'occasion d'observer le Venezuela et le Mexique. Ce sera pour nous un test en vue de notre principale échéance sportive de l’année : les Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes à Barranquilla, en Colombie », a indiqué le dirigeant sportif.

« En 2017, Cuba est parvenue à qualifier 18 escrimeurs pour cette compétition régionale en Colombie, lors du tournoi centraméricain de Porto Rico. Ainsi, le premier objectif sera de répondre aux attentes de notre mouvement sportif en occupant la première place du classement général par pays. Telle est notre tâche fondamentale », a conclu le président de la Fédération d’escrime.