ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
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L’émission télévisée du 19 novembre a de nouveau démontré, avec une clarté documentaire et des témoignages vérifiables, la nature coordonnée, financée et instiguée des actions contre Cuba sur le front économique et communicationnel.  
Les témoignages ont approfondi les preuves de l’utilisation de plateformes soi-disant indépendantes, comme celle qui suscite ces lignes, lesquelles, loin de répondre aux intérêts de nos concitoyens, agissent comme des rouages d’une stratégie hostile conçue depuis les États-Unis.  
Le programme a exposé le rôle de ces acteurs comme des opérateurs sous-traités d’une politique qui se maintient depuis le milieu du 20e siècle : la doctrine de la dénégation plausible (plausible deniability). Il s’agit d’un principe qui permet aux administrations étasuniennes de mener des actions de déstabilisation – économiques, médiatiques, diplomatiques ou même militaires – sans assumer ouvertement leur responsabilité, en déléguant l’exécution à des organisations écran, des contractants privés ou des entités de la dite « société civile ».  
La dénégation plausible n’est pas une spéculation ni un concept rhétorique. Elle a été institutionnalisée sous le gouvernement de Dwight D. Eisenhower (1953-1961), par le document NSC 5412/2, approuvé en 1954, avec un objectif délibéré : définir le traitement des opérations clandestines du gouvernement des États-Unis et de ses agences, et plus généralement de sa communauté du renseignement.  
Ses trois principes fondamentaux étaient :  
- Être autorisées par le Président.  
- Être exécutées par des tiers sans liens visibles avec le gouvernement.  
- Permettre à Washington de nier publiquement sa participation en cas de découverte.  
Les documents déclassifiés des Archives de sécurité nationale (National Security Archive) montrent que cette doctrine a été appliquée au Guatemala (1954), à Cuba, au Vietnam, au Laos, au Chili et dans de nombreuses opérations clandestines en Amérique latine, en Europe de l’Est et au Moyen-Orient.  
Il est public et notoire que le Comité Church du Sénat étasunien (1975) a confirmé que la CIA avait financé des journaux, des associations étudiantes, des projets culturels, des groupes de « recherche économique » et un réseau complexe d’organisations non gouvernementales utilisées à cette fin.  
La doctrine structurelle de la politique étrangère des États-Unis, créée dans les années 1950, non seulement s’est maintenue, mais s’est perfectionnée d’administration en administration. Durant son mandat, Reagan a formalisé ce schéma par la création de la National Endowment for Democracy (NED) et de ses quatre instituts affiliés,  expressément conçus pour financer des acteurs dans des pays tiers, agissant sous le couvert d’ONG ou de projets civiques.  
Les administrations successives ont élargi ce mécanisme avec des programmes de l’Usaid, du Bureau de transmissions vers Cuba, du Département d’État et de plateformes technologiques liées à des fonds étasuniens.  
L’objectif est toujours le même : intervenir dans les processus internes d’autres États sans que la responsabilité ne retombe directement sur la Maison-Blanche, préservant ainsi la dénégation plausible.  
L’enquête présentée dans l'émission télévisée a montré comment certaines plateformes numériques – présentées au public comme des projets indépendants – reçoivent financement, formation et directives d’institutions étasuniennes. Ces structures reproduisent des méthodologies déjà consignées dans les manuels d’opérations clandestines de la CIA :  
- financement indirect déguisé en « soutien à la démocratie »,  
- conseil et coordination en stratégies communicationnelles,  
- intervention économique par la manipulation de variables sensibles comme le taux de change,  
- création de matrices médiatiques adverses, amplifiées par des réseaux de comptes coordonnés,  
- et une distance formelle permettant aux responsables politiques étasuniens de nier leur rôle.  
Tout cela confirme que nous ne sommes pas face à des initiatives spontanées ni à des exercices journalistiques isolés, mais face à des instruments fonctionnels d’une politique étrangère qui, depuis plus de 60 ans, tente de fracturer la stabilité sociale et économique de Cuba.  
L'émission télévisée ne se contente pas de démonter des récits. Elle révèle un schéma structurel : l’utilisation d’outils apparemment « civils » pour attaquer le tissu économique et psychologique du pays, justifier des pressions externes et promouvoir des perceptions d’ingouvernabilité.  
La manipulation du taux de change, présentée comme un exercice informatif, répond en réalité à une matrice typique d’opérations clandestines : altérer les attentes, générer de l’incertitude et provoquer des réactions en chaîne qui affectent directement la population, miner ainsi  sa confiance dans le gouvernement et, au bout du compte, parvenir à détruire la Révolution et son héritage.  
Cette tactique s’inscrit dans la même logique dénoncée par Cuba depuis des années : l’utilisation d’acteurs tiers pour exécuter la politique agressive des États-Unis contre l’Île, tout en maintenant l’apparence d’une non-intervention directe.  
Les dénonciations de la Télévision cubaine réaffirme ce que l’histoire a abondamment documenté : la politique d’hostilité contre Cuba ne s’exerce pas seulement par des sanctions économiques, mais aussi par des structures médiatiques, financières et psychologiques conçues pour appliquer le principe stratégique de la dénégation plausible.  
Le second programme place une fois de plus face à l’opinion publique le fonctionnement de cet engrenage : des acteurs financés de l’extérieur, des opérations coordonnées, des actions orientées vers la déstabilisation et un centre politique – Washington – qui prétend nier sa responsabilité.  

À ceux qui, pour des raisons nobles ou non, par incrédulité ou manque d’information, doutent de la légitimité de cette dénonciation à laquelle nous assistons, il est suggéré de se plonger dans la lecture et l’étude des documents déclassifiés des Américains eux-mêmes.  
Face à l’incrédulité et à la dénégation plausible, la réponse du pays doit continuer inexorablement à se baser sur la transparence, l’information véridique, la défense active de notre souveraineté communicationnelle et économique, et sur la dénonciation sans relâche de toutes les entreprises subversves qui, comme El Toque, agissent comme des agents au service de l’ennemi principal de tous les peuples.