Lumière de l’espérance › Spécial pour le 90e anniversaire de Fidel › Granma - Official voice of the PCC
ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Fidel à l’école spécialisée Flor de la Revolucion. Photo: Liborio Noval

TEL celui qui allume au fond du cœur une bougie qui ne s’éteint jamais mais qui se multiplie, cette « force tellurique » – comme l’appela le Che – tissa avec une intelligence profonde la conviction que seule l’éducation nous mènerait sur la voie de la liberté. Et c’est sur cette idée qu’il a construisit une pensée, une action créatrice et un sens de la vie.

Il faut dire que les premières valeurs de justice sociale apparurent très tôt dans son enfance, sous les regards admiratifs de ses parents Lina et Angel devant cette soif de connaissance du jeune Fidel et l’encouragèrent à puiser dans la pensée de grands hommes et intellectuels comme Félix Varela, José de la Luz y Caballero et José Marti. C’est à l’université qu’il acquit la ferme conviction que « l’éducation est l'arme la plus puissante qui soit pour changer le monde ».

Depuis, beaucoup ne cessent de s’étonner devant la réalité qui veut qu’aujourd’hui 1 700 000 enfants et adolescents accourent vers les salles de classe de l’enseignement général, vêtus de leurs uniformes blanc, rouge, bleu, jaune ou marron. Notre pays exhibe aussi presque le même nombre d’étudiants universitaires. Aujourd’hui, le pays a mis en œuvre une stratégie visant, entre autres, à assurer le perfectionnement du système d’éducation, l’amélioration de la préparation et du niveau professionnel de nos personnels et le renforcement du rôle de l’école en tant qu’institution culturelle au sein de la communauté, les autorités étant consciente que, comme le signala le « jeune rebelle », les institutions doivent faire l’objet d’analyses et de critiques continuelles.

Il ne l’avait pas rêvé le 16 octobre 1953, lorsque dans la salle du tribunal de Santiago de Cuba, durant sa plaidoirie historique intitulée « L’Histoire m’acquittera », assurant sa propre défense, il dénonçait la misère dans laquelle vivait le peuple cubain, décrivant la situation dans ce secteur de la façon suivante : « Des enfants sans chaussures, à demi-nus et sous-alimentés, moins de la moitié des enfants d’âge scolaire, vont dans les petites écoles publiques de campagne… ».

Ce n’était qu’une utopie avant qu’il ne transforme les casernes en écoles, ou avant qu’il ne déclare, le 22 décembre 1961, au terme de la Campagne d’alphabétisation, ce grand exploit de l’éducation à Cuba, au pied de la statue de notre Héros national José Marti : « Nous avons balayé quatre siècles d’ignorance… », devant les alphabétiseurs qui répondirent unanimement : « Dis-nous ce que nous devons faire d’autre ! »

Il restait encore beaucoup à faire pour réaliser les rêves de ce géant, mais la flamme était allumée. D’autres batailles furent livrées, avec la

création de vaste réseau d’institutions éducatives, de crèches et de jardins d’enfants, d’écoles spéciales, d’universités et de centres de recherche, de formations professionnelle, de programme spéciaux, l’introduction de l’informatique et de la télévision éducative, l’universalisation de l’enseignement, et une Bataille des idées axée sur l’élévation de la culture et l’amélioration de la formation des jeunes, pour ne citer que quelques exemples.

Comme un père qui éduque et forme ses enfants, il leur dit de « lire » au lieu de « croire », persuadé que l’avenir de la grande famille dépendait de ses connaissances. Les conseils n’ont pas manqué sur la nécessité de trouver des solutions aux problèmes de chaque temps, d’avoir confiance dans la capacité des autres pour mener de l’avant ce qu’il allait définir comme « la tâche la plus importante d’une révolution », éduquer dans l’amour du travail, donner à l’école et à la famille le rôle qui lui revient dans l’éducation morale et la formation d’une éthique, et étendre l’enseignement à tous les recoins du pays et du monde, au point qu’aujourd’hui les enseignants cubains prêtent leurs services dans plus d’une trentaine de pays.

Et il a savouré, en tant que bon père, cette tradition de s’asseoir pour dialoguer avec ses plus jeunes enfants, qui n’ont pas oublié ce 17 novembre 2005 au Grand amphithéâtre de l’Université de La Havane, où, comme il l’affirma lui-même, il devint marxiste et révolutionnaire, lorsqu’il leur parla une fois de plus de l’avenir de la nation. Il y avait de la fierté dans ses yeux, réjoui de constater que sa pensée était déjà profondément ancrée dans les esprits : « … éduquer c’est préparer pour la vie, c’est la comprendre dans ses essences fondamentales, de sorte que la vie ait toujours un sens pour l’Homme, qu’elle soit toujours un motif incessant d’effort, de lutte et d’enthousiasme. »

C’est ainsi que la bougie allumée dans le cœur de cette Île arriva avec l’aube du 1er janvier 1959, éclaira ensuite les visages des milliers de personnes alphabétisées, et se multiplia dans les plus de 10 000 écoles où l’éducation cubaine a un nom : Fidel !