ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le général d’armée Raul Castro au 7e Congrès du Parti communiste de Cuba. Photo: Archivo

« Il n’y a qu’un seul commandant en chef de La Révolution cubaine, et seul le Parti communiste, en tant qu’institution regroupant l’avant-garde révolutionnaire et garantie sûre de l’unité des Cubains de tous les temps, peut être le digne héritier de la confiance déposée par le peuple dans son leader. »

Raul Castro

Plus que des frères de sang, Fidel et Raul Castro Ruz – ou tout simplement Fidel et Raul, comme les connaît le peuple cubain – ont forgé une amitié qui va au-delà des liens familiaux. C’est une union qui s’est renforcée dans le combat, la communion d’idées, dans les sacrifices consentis pour mener à bien le projet d’un pays. Mais plus que cela, dans l’engagement fidèle envers leurs compatriotes et la foi inébranlable dans la victoire que l’aîné des deux frères inculqua à tous.

 « Je n’ai jamais vu quelqu’un comme Fidel – et je dis ceci en m’appuyant sur des faits concrets – doté d’une telle force de volonté. Plus les difficultés sont grandes, plus sa volonté est forte », signalait le général d’armée Raul Castro dans le livre Así es Fidel, du journaliste Luis Baez.

« Il faut penser à l’effort qu’il a fallu faire pour organiser une attaque comme celle de la caserne Moncada, et penser comment en quelques maigres heures tant de dévouement et d’espoirs s’envolèrent, et surtout combien de sang fut répandu », ajoutait-il.

« Vinrent ensuite la prison, l’exil, l’organisation de l’expédition du Granma, la clandestinité et, accessoirement, les traques au Mexique – où nous avons certainement enfreint certaines lois, mais pas pour porter préjudice à ce pays frère mais animés par le désir de libération de Cuba. Ensuite nous sommes arrivés dans la patrie et, trois jours plus tard, en quelques heures tous les efforts que nous avions réalisés furent réduits à néant, et des dizaines de nos camarades tombèrent sous les balles ennemies…

« Lorsque, deux semaines plus tard, le 18 décembre 1956, j’ai retrouvé Fidel sur les flancs de la Sierra Maestra, à un endroit nommé Cinco Palmas. Après une forte étreinte, Fidel m'a conduit à l'écart et m'a demandé combien de fusils nous avions. Je lui ai répondu : « Cinq. » Et il me dit : « Avec les deux que j’ai, ça fait sept. La guerre est gagnée ! »

Deux ans plus tard, le 18 décembre 1958 les deux frères se retrouvèrent à La Rinconada, non loin de Jiguani, où Fidel avait installé le poste de commandement de l’Armée rebelle pour diriger l’offensive finale contre la dictature de Fulgencio Batista.

 Mais ces retrouvailles furent très différentes. Les sept armes et les douze hommes s’étaient multipliés au point de devenir une armée solide et invincible du peuple qui s’apprêtait à porter le coup de grâce à la dictature de Batista, une armée animée d’une foi inébranlable en la victoire inculquée par Fidel.

À un autre moment, Raul signalait: « Avec les maigres forces dont il disposait, environ 300 hommes, Fidel imposa sa volonté à l’ennemi qui comptait plus de 12 000 hommes bien armés et appuyés par l’aviation, en l’empêchant de lancer une offensive stratégique contre le Premier front de la Sierra Maestra. Non seulement l’ennemi fut stoppé dans sa progression, mais en partie décimé et finalement mis en déroute par l’Armée rebelle placée sous son commandement. Cette action permit à nos troupes de lancer la contre-offensive générale, le départ vers l’ouest de l’Île des colonnes du Che et de Camilo, ce qui détermina la victoire de la Révolution six mois plus tard. »

Raul a toujours vu en Fidel « un des meilleurs politiciens », cet homme « qui incarne l’esprit de son peuple, le grand stratège de la guerre civile (…), le grand timonier de la Révolution ».

C’est pourquoi, le 24 février 2008, après avoir été élu président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, Raul définissait avec une clarté absolue et respectueuse la personnalité de son frère et chef :

« J'assume la responsabilité qui m'a été confiée avec la conviction que, comme je l’ai signalé à maintes reprises, qu’il n’y a qu’un seul commandant en chef de la Révolution.

 « Fidel est Fidel, comme nous le savons bien. Fidel est irremplaçable et le peuple continuera son œuvre lorsqu’il ne sera plus là physiquement. Mais ses idées resteront toujours parmi nous, celles-là même qui ont permis d’ériger ce bastion de la dignité et de la justice que représente notre pays.

« Seul le Parti communiste, garantie sûre de l'unité de la nation cubaine, peut être le digne héritier de la confiance déposée par le peuple en son leader. C'est la force dirigeante supérieure de la société et de l’État, comme le stipule l’article No 5 de notre Constitution, adoptée par référendum à exactement 97,7% des voix.

« Je suis sûr d’exprimer le sentiment de notre peuple, en sollicitant de cette Assemblée comme organe supérieur du pouvoir du peuple, que sur les décisions d’une spéciale importance pour l’avenir de la nation, surtout celles liées à la défense, la politique extérieure et le développement socio-économique du pays, il me soit permis de continuer à consulter le leader de la Révolution, le camarade Fidel Castro Ruz. »

Raul allait faire part à plusieurs reprises de cette certitude sur l’importance que revêt le leader de la Révolution pour son peuple, et sur ce que représentent ses idées, sur la singularité de ce Fidel qui est unique en son temps.

Il le souligna une nouvelle fois à la clôture du 6e Congrès du Parti, le 9 avril 2011 : « Fidel, c’est Fidel et il n’a pas besoin de quelque charge que ce soit pour occuper, pour toujours, une place au sommet de l’histoire, au présent et au futur de la nation cubaine. Tant qu’il aura la force de le faire, et heureusement il se trouve dans la plénitude de sa pensée politique, et depuis sa modeste qualité de militant du Parti et de soldat des idées, il continuera à apporter à la lutte révolutionnaire et aux propos les plus nobles de l’Humanité. »