Fidel est le Visionnaire › Spécial pour le 90e anniversaire de Fidel › Granma - Official voice of the PCC
ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Fidel et Nicolas Guillen Photo: Archivo

LA politique culturelle de la Révolution fut définie de façon magistrale durant les rencontres de Fidel avec des écrivains et des artistes à la bibliothèque nationale José Marti durant l’été 1961.

J’eus le privilège d’assister à la dernière séance, lorsque le commandant en chef prononça le discours connu sous le nom de « Paroles aux intellectuels ». Je me souviens que ce jour-là, le 30 juin, Fidel était descendu avec la directrice de la Bibliothèque, la Dr Maria Teresa Freyre de Andrade et qu’il s’était entretenu avec le personnel du Département de littérature pour enfants, car il était très préoccupé par les livres et la lecture qui leur étaient conseillés. Il fut accueilli dans la salle par une ovation.

J’ai éprouvé pour cet homme âgé de 34 ans une vive admiration. Vêtu de son uniforme vert olive, il arrivait avec un nouveau discours, différent des hommes politiques précédents. On respirait encore l’odeur de la Sierra Maestra et des combats victorieux de Playa Giron.

Je l’avais déjà écouté lorsqu’il était arrivé au [campement militaire] de Columbia avec ce discours frais, moderne, direct, familier, qui touchait l’âme de tout le monde, parce qu’il disait des vérités extraordinaires. Et c’est ce qui m’impressionna le plus. Cette conviction, je la confirmais à la bibliothèque nationale : nous étions face à un leader qui parlait clair et respectait sa parole. Fidel est l’artisan de la politique culturelle cubaine. Il a tout créé : l’idée de l’UNEAC, la formation des instructeurs d’art, le système de l’enseignement artistique, le mouvement des amateurs, le réseau des maisons

d’édition provinciales. Peu après le triomphe de la Révolution furent fondés l’ICAIC, la Casa de las Américas et l’Imprimerie nationale. Le premier livre publié par cette institution, fut un tirage massif de Don Quichotte, en quatre tomes et à prix réduit.

Une phrase de ces journées révèle l’empreinte de l’héritage martinien dans la pensée de Fidel. « Nous ne disons pas au peuple de croire, mais de lire ». En 1961, se livra une noble et intense bataille qui aboutit à la proclamation de Cuba territoire sans analphabétisme.

Dès le début, Fidel a souhaité que la politique culturelle soit inclusive, tout en garantissant la liberté de création. La démocratisation de la culture impliqua la création d’institutions et l’accès à des secteurs de plus en plus vastes de la population aux musées, galeries, théâtres, bibliothèques, salles de concert et de cinéma et la possibilité pour les meilleurs talents tout au long du pays de recevoir une formation académique. Cette politique favorisa également la participation populaire à la vie culturelle à l’échelle communautaire et se chargea de la sauvegarde et de la promotion des valeurs patrimoniales.

Nous, les écrivains et les artistes, nous avons eu en Fidel l’un des nôtres. C’est ce que nous avons ressenti lors des Congrès de l’UNEAC auxquels il a participé et lors des réunions plénières du Conseil national de cette institution. L’entendre s’exclamer : « la culture est ce qu’il faut sauver en premier », au Congrès de 1993, lorsque nous traversions des moments difficiles, fut un encouragement puissant et un acte de foi dans la capacité de résistance pour mener de l’avant notre projet social.

Cinq ans plus tard, lors d’une nouvelle rencontre avec des intellectuels et des artistes, il nous parla des effets de la mondialisation hégémonique et de la nécessité d’y faire face avec des arguments, des idées et la promotion massive d’une culture générale intégrale.

Fidel est le Visionnaire, non seulement pour Cuba mais pour le monde. Un homme politique qui a rendu possible que le plus grand poème cubain de notre temps soit la Révolution.

Permettez-moi de lui dédier ces quelques vers :

FIDEL

Il est certain que les poètes

 

se saisissent des instants de la vie

 

et les fixent dans l’Histoire

 

Habituellement dans le passé

 

vague et nostalgique

 

ou le présent immédiat aux feux

 

subtils

 

et ses réverbérations

 

Mais combien il est difficile de saisir l’avenir

 

et le placer à jamais

 

dans la vie de tous les poètes,

 

de tous les hommes.