La sève qui rend digne et complète › Spécial pour le 90e anniversaire de Fidel › Granma - Official voice of the PCC
ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Fidel, Vilma et d’autres camarades à la cérémonie de création de la Fédération des femmes cubaines (FMC) au théâtre de la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC), à La Havane. Photo: Archivo

SANS restrictions à l’égalité. Sans signes de discrimination. Une participation pleine à toute activité que lui demande la vie, que ce soit au travail, au foyer, sur la scène politique, dans la société tout entière. Digne et formée, façonnant sans hésiter son autonomisation, encore limitée.

C’est cette vision de la femme cubaine que la Révolution a apportée avec elle et que, en près de six décennies, elle a concrétisée progressivement avec plus ou moins de réussites, avec les efforts de beaucoup d’hommes et de femmes qui ont mis de côté leurs préjugés (s’ils en avaient) et qui firent en sorte que d’autres, et pourquoi pas tous, fassent de même.

C’est cette vision de la femme cubaine qui est descendue de la Sierra, parce que bien avant on pensait déjà à elle, parce que nombreuses furent les mains féminines qui embrassèrent la cause libératrice, dans chaque lutte, à chaque époque. Et ce fut dans la voix de Fidel, après la victoire, que se firent entendre avec une plus grande force les défis auxquels le pays allait faire face, en matière d’égalité de genre et d’émancipation, conscient que les femmes représentaient « une révolution dans une autre révolution ».

La priorité accordée aux problématiques de la femme ne se fit pas attendre, avec la création, le 23 août 1960, de la Fédération des femmes cubaines. Dès ce moment-là, sa présidente fondatrice, Vilma Espin Guil-lois, se consacra jusqu’à son dernier jour à obtenir la pleine intégration sociale de ce secteur de la population, si vulnérable à l’époque.

Instruire les femmes, les éduquer, leur donner les moyens de construire leur avenir, loin des vices et des excès qui proliféraient avant 1959 figurèrent aussi parmi les premiers objectifs de ce barbu inspiré, commandant et leader. Visionnaire à chaque instant. Et c’est ainsi que naquirent les écoles pour les jeunes paysannes Ana Betancourt, qui sortirent de l’inculture des milliers de jeunes filles, abandonnées à leur sort dans les coins les plus inhospitaliers de l’Île.

On ne saurait ignorer ni l’effervescence émancipatrice que signifia la Campagne d’alphabétisation, dont tous et toutes bénéficièrent, ni la création, à l’initiative de Vilma, des premiers jardins d’enfants, qui avaient pour objectif de faciliter la (ré)insertion de la femme dans la vie professionnelle.

Fidel savait que « lorsque l’on jugerait notre Révolution dans les années futures, l’une des questions pour lesquelles nous serions jugés serait la façon dont nous aurions résolu, dans notre société et dans notre Patrie, les problèmes de la femme, même s’il s’agit de l’un des problèmes de la Révolution qui exigent le plus de ténacité, de fermeté de constance et d’efforts ».

C’est pour cela que sur tous les plans : social, politique, culturel et même constitutionnel et législatif, furent livrées de petites mais aussi de grandes batailles visant à promouvoir les droits de la femme. Dans la Constitution elle-même furent adoptés les principes d’égalité entre les femmes et les hommes, et la condamnation de toute « discrimination pour raisons de race, de couleur de peau, de sexe, d’origine nationale, de croyances religieuses ou autre portant atteinte à la dignité humaine ».

Parmi ces droits conquis en faveur des Cubaines, tellement quotidiens aujourd’hui, presque insignifiants, mais qui à l’époque signifièrent une avancée de la justice, un pas transgresseur, figure la promulgation de Code de la famille qui libéra la femme et la plaça sur un pied d’égalité avec l’homme, au regard de la Loi.

Par ailleurs, sur la scène internationale, nous avons également pris les devants quant à la défense des droits de la femme, tel l’exact reflet de la politique d’un pays. Cuba fut le premier pays d’Amérique latine à légaliser l’avortement en 1965, mais aussi à signer la Convention sur la suppression de toutes les formes de discrimination contre la femme, et le second à la ratifier.

Il reste encore de nombreux comptes à régler en termes d’égalité et d’autonomisation pour balayer définitivement certains préjugés. Cependant, le visage probable de cette vision qui fut mise en marche un 1er janvier se multiplie lorsque l’on sait (pour ne citer que quelques chiffres) que les femmes représentent aujourd’hui 48% de l’ensemble des employés dans le secteur d’État et 46% des hautes fonctions de direction. Elles représentent par ailleurs 78,5% du personnel de la santé, 48% des chercheurs scientifiques et 66,2% des diplômés de l’enseignement supérieur, ainsi que 48,86% de notre Parlement.

Des statistiques qui confirment cette affirmation de Fidel que « tout au long de ces années difficiles, il n’y a pas eu de tâche, qu’elle soit économique, sociale et politique ; il n’y a pas eu de réussite scientifique, culturelle et sportive ; il n’y a pas eu de contribution à la défense de notre peuple et à la souveraineté de notre Patrie qui n’ait pas compté invariablement sur la présence enthousiaste et patriotique de la femme cubaine ».