L’humaniste et l’humanisme › Spécial pour le 90e anniversaire de Fidel › Granma - Official voice of the PCC
ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Fidel avec un groupe d’adolescentes à La Mota, dans la Sierra Maestra. Photo: Korda, Alberto

J’aurais pu donner à ces estampes un titre plus long : L’humaniste et l’humanisme de Fidel. Nombreuses sont les anecdotes qui témoignent des qualités particulières de Fidel. Souvent, je me souviens de certaines dont j’ai été témoin à différents moments. En tant que journaliste, j’ai eu l’occasion de les évoquer, ainsi que beaucoup d’autres.

ESTAMPE 1

Je n’avais jamais été témoin d’une conversation aussi chaleureuse entre Fidel et un groupe d’adolescentes concernant la vie et le savoir. Je conserve encore le livret dans lequel j’inscrivais ces notes que j’ai insérées dans un

Il était assis sur un banc et comme chaque fois qu’il faisait une tournée à la campagne, il était entouré de gens. Nous nous trouvions dans un lieu assez écarté du village, sur la côte sud d’Oriente, vers la Mota, lorsqu’il se rendit chez « le Vieux » Cardero, un homme de la Sierra. Peu à peu, des parents et des amis du paysan se joignirent à nous. Dans cette ambiance, à l’extérieur de la cabane, il engagea la conversation avec le groupe d’adolescentes avec lesquelles il s’était entretenu l’après-midi au même endroit :

- Toi, il y a un moment, tu m’as parlé de l’une de tes amies qui a perdu sa maison pendant le cyclone et qui a besoin qu’on lui en construise une autre, mais aussi du problème du cinéma de Yara. Que penses-tu ? Quel problème doit-on résoudre en premier : celui du cinéma ou celui de la maison de la voisine ?, demanda Fidel à l’une des adolescentes. Et celle-ci de répondre :

« D’abord la maison. »

- Ça, ce n’est pas bien. Un parc, il faut en prendre soin, admit Fidel et il se mit à parler de sa vie, de ses loisirs et de ses aspirations.

- Pourquoi ton amie ne parle-t-elle pas, comment s’appelle-t-elle ? demanda Fidel.

- Elle s’appelle Marta, mais je ne sais pas pourquoi elle ne parle pas, lui répondit-elle. Sur le champ, l’adolescente en question prit la parole:

- Je vous écoutais, dit-elle à Fidel, qui poursuivit le dialogue en lui demandant son âge et si elle travaillait ou étudiait :

- J’avais une bourse d’études, mais j’ai dû abandonner pour venir aider ma maman qui était malade. Mes frères sont des garçons, répondit-elle.

- Et tu as un fiancé ?, lui demanda Fidel. La jeune fille ne répondit pas, mais Hilda commenta :

- Il semble que ce n’est pas fini…

- Alors, tu avais un petit ami. Que s’est-il passé ? Il t’a peut-être abandonnée pour aller traîner, interrogea-t-il.

- Il s’est marié, dit-elle.

- Et tu penses encore à ce garçon ? Il t’a démontré qu’il ne t’aimait pas, c’est la conclusion à laquelle nous arrivons, déclara Fidel. Et Sofia et les autres adolescentes se mêlèrent à la conversation:

- Ce qu’elle doit faire, c’est tomber de nouveau amoureuse. Il y a beaucoup d’hommes bien dans le coin.

- Alors toi, tu as raison ! Tu es très intelligente, mais cet après-midi tu t’es cachée à l’intérieur et lorsque je t’ai demandé si tu allais étudier, tu m’as répondu que cela ne t’intéressait pas, dit Fidel à Sofia, avant de poursuivre :

- Ensuite, tu as dit que oui, que tu allais étudier. J’ai pensé que ta réponse n’était pas sincère et j’ai découvert à table que tu étais intelligente.

- J’observais. D’abord j’observe les choses, et je parle ensuite, répondit Sofia.

- Où as-tu appris cette philosophie ? Toi, tu ne te lances pas sans connaître le terrain. N’est-ce pas ?

- C’est vrai, mais je ne l’ai apprise nulle part. C’est ma façon d’être. Je pense les choses et je les analyse, lui répondit Sofia, en souriant. C’était la plus jeune des trois.

- Demain, nous allons à la plage. Pourquoi ne venez-vous pas pour la connaître ? lui lança Sofia.

- C’est près d’ici ?, s’enquit Fidel.

- Oui, par là, sur la côte, vous allez venir ?, insistait Sofia, dont la personnalité s’imposait.

- Je ne te promets rien parce que nous devons partir tôt, lui répondit Fidel.

Lorsque les jeunes filles s’éloignèrent, le leader de la Révolution commenta longuement ce dialogue :

Combien de situations et de personnalités ne trouve-t-on pas dans la Sierra ? Il existe un concept erroné qui présente les paysans comme des gens maladroits, ignorants. La conversation que nous avons eue avec ces adolescentes prouve tout le contraire. Et le commandant en chef conclut par un long commentaire éducatif.

ESTAMPE 2

L’hélicoptère survole Biran. Les paysans semblent surveiller l’arrivée de Fidel de tous côtés.

- Il a plu par ici. Regardez comme ces champs sont verts, s’exclame-t-il avec satisfaction. Il est collé à la vitre de l’un des hublots de l’hélicoptère et observe la campagne.

Le capitaine Venero et le lieutenant Carrion pilotaient l’avion en suivant la route indiquée par Fidel. Une fois l’appareil au sol, les gens l’entourèrent. Un vieux Haïtien s’approcha de Fidel.

- Bonhomme…! lui dit-il et il le reconnaît.

- Piti, comment vas-tu ? Et ton problème de gorge ? demande Fidel.

- Bien maintenant, ça va, lui répond le Haïtien, et Fidel, se tournant vers un autre, lui demande :

- Qu’est-ce qui t’arrive, Jesus ?

 - J’ai eu une embolie, Fidel, lui répond-t-il. Et celui-ci de l’encourager.

- Mais tu as l’air en pleine forme, tu as pris ta retraite ?

- Le Haïtien acquiesce et un autre paysan poursuit :

- Fidel, presque tous les Haïtiens ont pris leur retraite.

 L’éducation ne pouvait pas manquer. Les institutrices de l’école 6 Août

– c’est ainsi que l’on appelle Biran – s’approchent de Fidel, qui pose des questions sur le déroulement des classes.

- Désormais, tous ceux qui veulent étudier peuvent le faire. Il dit au revoir et on entend des exclamations :

- Revenez, Fidel, lui crient-ils, désireux qu’il revienne au village.