ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

Tout pays est fier de ses gens, de sa culture, de ses traditions, de ses avancées scientifiques, mais également de ses plus beaux paysages, de sa flore et de sa faune.

Les Cubains sont d’abord fiers de leur pays qui a su mener une profonde Révolution, en dépit d’un blocus économique de plus d’un demi-siècle.

Peu à peu, les obstacles ont été surmontés et le peuple a été éduqué avec un enseignement pour tous, sans restrictions.

Une société où ont été formés des fils de paysans, d’ouvriers, des Noirs et des Blancs, des femmes et des hommes, sans aucune discrimination, qui ont été capables de créer la société que nous connaissons, tout en aidant les peuples les plus déshérités, en formant des médecins, des enseignants, des techniciens, des ingénieurs, ce qui a permis à ce petit pays d’être reconnu par des institutions internationales des Nations unies, comme l’Organisation des Nations unies pour l’éducation et la science et la culture (Unesco), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres encore.

C’est pourquoi, ceux qui autrefois étaient menacés d’être « punis » s’ils venaient à Cuba, en profitent aujourd’hui pour visiter l’Île et arrivent de plus en plus nombreux pour découvrir le « phénomène Cuba » : connaître la culture de son peuple, voir comment ils prennent soin des enfants et des personnes âgées, comment ils se sont débrouillés pour continuer à produire le meilleur tabac et les meilleurs rhums du marché international, se promener en toute sécurité dans les villes, ce qui devient rare dans le monde, constater la solidarité avec laquelle ils ont fait face à l’analphabétisme, d’abord dans leur pays, puis aux quatre coins de la planète, comme ils l’ont fait également dans la santé en luttant contre le virus Ébola et le choléra ou encore face à des catastrophes naturelles.

Cependant, presque tous veulent aussi profiter des belles plages de sable fin ou de la nature riche et variée.

C’est pourquoi, nous qui aimons la nature, nous sommes satisfaits que les institutions concernées par cette question aient enfin décidé de dérouler le « rideau vert » de notre pays, de ses parcs nationaux, ses sauts de cascades et ses rivières, qui ne sont ni étendus ni nombreux, mais qui sont à la dimension de l’Île et de ses espèces de l’avifaune et de la flore : petits et différents. Des lieux fragiles, où les groupes de visiteurs sont limités afin de préserver l’environnement.

La région la plus occidentale de Cuba, Pinar del Rio, est parmi les plus belles du pays, particulièrement la vallée de Viñales avec ses mogotes (collines calcaires), déclarée Paysage culturel de l’Humanité par l’Unesco en 1999 et monument national, puis Parc national. Cette vallée est considérée comme une icône du paysage naturel cubain et probablement parmi les sites cubains les plus connus à l’étranger.

À Pinar del Rio, il existe deux zones déclarées Réserves de la biosphère par l’Unesco. Elles constituent l’habitat d’espèces endémiques de la flore et de la faune cubaines et font partie du paysage naturel unique de la cordillère de Guaniguanico. La première est la biosphère de la Sierra del Rosario, limitrophe avec celle de Los Organos au sud de la vallée de Viñales, qui se distingue par la richesse de sa biodiversité, avec plus de 1 200 espèces de flore et 160 de faune.

C’est précisément dans cette zone que se trouve Mil Cumbres, l’Aire protégée de ressources naturelles gérées (APRM), qui est parmi les plus importantes, tant pour la valeur de sa flore et de sa faune que pour la surprenante beauté de ses paysages.

Mais il faut surtout souligner les forêts étendues et bien conservées qui recouvrent les 17 342 hectares de l’APRM. On peut y découvrir une grande variété d’arbres, comme les palmiers, les chênes, les ceibas (fromagers), les guazumas et les yagrumas et bien d’autres essences encore datant de l’époque des aborigènes. Un étrange paysage en toile de fond : des massifs montagneux aux formes capricieuses qui ressemblent à d’énormes animaux préhistoriques. Et partout, des pins dont les diverses espèces se sont pratiquement emparées du paysage. On découvre également une plante qualifiée de fossile vivant que l’on peut seulement observer dans ce site dans son état naturel, la Palma corcho (Microcycas calocoma), un témoin exceptionnel de l’existence d’une région du pays à une époque où les grands reptiles dominaient la planète.

J’ai parcouru de long en large, à d’innombrables occasions, ce territoire avec sa mosaïque de sols recouvert de divers types de forêts ; j’ai gravi les sommets les plus hauts de la région occidentale, le Pan de Guajaibon qui atteint presque 700 m au dessus du niveau de la mer ; j’ai contemplé ses énormes majaes de Santa Maria, le boa cubain (avec des plumes), bien qu’ils y en aient d’autres tout aussi étranges, comme l’anolis vermiculatos ou lézard-caïman. J’ai pu apprécier les richesses culturelles, les sites archéologiques, les haciendas du 19e siècle, des vestiges d’un palenque (village d’esclaves fugitifs), des lieux où se déroulèrent des combats durant la Guerre d’Indépendance, et pour l’Histoire la plus récente, la grotte de los Portales, où se trouvait le poste de commandement d’Ernesto Che Guevara pendant la Crise des missiles, en octobre 1962.

Et c’est sans doute la valeur que lui imprime le travail de l’homme pour conserver une nature intacte, en reforestant la zone et en balisant des sentiers pour l’écotourisme.

Mais ce n’est pas tout : dans la province, se trouve aussi la seconde réserve de la biosphère Guanahacabibes, dans la partie la plus occidentale du pays, dans la queue du caïman, comme disent les Cubains qui comparent l’Île avec ce reptile.

Guanahacabibes est un passage obligé pour les amateurs de plongée, pour l’un des écosystèmes les plus riches et les plus beaux de l’archipel cubain, ses récifs coralliens immergés à la pointe de la plateforme insulaire où de nombreux plongeurs viennent pour découvrir les mystères du monde sous-marin. Quant aux randonneurs, ils peuvent parcourir les sentiers tout en admirant le panorama naturel d’un parc de 1 060 kilomètres carrés de terre vierge.