ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Des travaux de conservation ont lieu dans tous les sites patrimoniaux. Photo: Eduardo Palomares

SANTIAGO DE CUBA. — Témoin exceptionnel du dénouement de la Guerre cubano-hispano-américaine, le Parc Loma San Juan y Arbol de la Paz (Colline Saint Jean et Arbre de la Paix), a retrouvé sa splendeur et devient un lieu unique où le visiteur peut revivre les événements de cette confrontation décisive qui eut lieu à la fin du 19e siècle.

Comme l’indique une plaque de bronze installé sur un fortin dominant le site situé à l'est de Santiago : « Sur cette colline, les troupes étasuniennes dirigées par le général William R. Shafter et les cubaines sous les ordres du général Calixto Garcia Iñiguez, livrèrent la dernière bataille contre l'armée qui maintenait l’Île sous la domination de l'Espagne. »

Cette action, qui se déroula entre le 12 mai et le 24 août 1898, selon l'architecte Omar Lopez Rodriguez, directeur du Bureau du Conservateur de la ville, ainsi que la signature de la capitulation de Santiago de Cuba à l'ombre d'un fromager (16 juillet 1898), donnent à ce site une notoriété toute particulière.

Pour lui rendre toute sa transcendance, le lieu abrite depuis 1929 de nombreuses expositions et des monuments, parmi lesquels se distinguent les monuments dédiés à la gloire du mambi victorieux (combattant pour l’Indépendance), au soldat nord-américain ayant participé à la lutte pour l'indépendance de Cuba, et au soldat espagnol qui sut mourir en remplissant son devoir.

En outre, on peut y admirer des fortins, des pièces et des munitions d’artillerie, des tranchées ouvertes au cours du combat, des sentiers et des plaques qui évoquent les faits, ainsi que d’autres éléments liés à cette bataille et à leurs protagonistes, qui furent installés plus tard à l’occasion du centenaire de cet épisode de l’histoire.

Dans le cas de l'Arbre de la Paix, après la mort de la vieille Ceiba précisément durant l'année du centenaire, une autre a été plantée qui atteint déjà 15 mètres de hauteur, et comme la précédente, elle est flanquée de huit énormes livres de bronze ouverts, de canons de l'époque et d’un bois exubérant comme celui qui devait exister à l’époque.

L’un des livres présente le quartier général des troupes de l'Armée de libération, deux citent les prénoms et les noms des mambises tombés au cours des batailles sanglantes, et dans les cinq autres apparaissent ceux des membres des forces étasuniennes et leurs pertes pendant les combats.

On peut y découvrir également un monument portant l'effigie de Calixto García et le texte de la lettre qu’il envoya le 17 juillet de cette année au général Shafter pour protester contre la décision d’interdire l'entrée à Santiago de Cuba aux mambises, à la suite d’une rumeur que cela provoquerait de possibles actes de représailles contre les Espagnols.

PRÉSERVER L'HISTOIRE

« À l’occasion du 500e anniversaire de Santiago de Cuba, ce Parc d’une signification si importante pour notre histoire a été intégré, ainsi que le Parc de loisirs 26 juillet et le Parc zoologique, au tout nouveau Parc des Rêves, un ambitieux projet historique et culturel, de loisirs pour enfants et adultes », indique Omar Lopez.

Et d’ajouter : « Pour cette commémoration, nous avons beaucoup construit dans ces deux derniers espaces, et une fois les travaux indispensables achevés dans certaines institutions patrimoniales du centre de la ville, nous avons renforcé ce programme de réhabilitation et de maintenance de Colline San Juan et l'Arbre de la Paix. »

La première étape de rénovation dans cette zone comprend des travaux complets de conservation et de restauration du patrimoine existant, des systèmes électriques, d'information au visiteur et de protection, ainsi que dans les espaces verts, le bois et les allées, qui ajoutent une haute valeur au paysage.

Ces travaux sont exécutés sous la direction de l'Entreprise de restauration et de conservation du Bureau du Conservateur de la ville, avec des restaurateurs et des ouvriers spécialisés, et interviennent également de la main-d’œuvre des services communaux, l'entreprise électrique, des personnels du tourisme et du parc zoologique qui effectueront ensuite des travaux d'une plus grande ampleur.

« Je tiens à signaler que ce parc dont les informations sont données en anglais et en espagnol, a toujours été très visité par des Cubains et des étrangers désireux de connaître l'histoire, d’approfondir leurs connaissance sur ces événements, qui sont enseignés dans les universités des États-Unis », souligne le Conservateur de la Ville.

« En fait, tous savent que Théodore Roosevelt, qui devint président de ce pays (1901-1909) trois ans plus tard, a atteint la gloire et la renommée sur cette colline et sur la Loma del Caldero, si bien que le rétablissement relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis devrait sans doute se refléter dans un lieu aussi particulier de l'Histoire entre les deux pays. »

Comme on peut l’imaginer, l'importance de la scène d'une guerre de répercussion internationale, qui mit fin au colonialisme espagnol pour donner naissance à l'impérialisme étasunien, associée à la beauté naturelle d’un site qui fait partie du poumon vert de la ville, fera de la Loma San Juan y Arbol de la Paz un parc que tout le monde voudra connaître.