Chacun sait que la première Zone spéciale de développement créée à Cuba, à savoir à Mariel, est appelée à jouer un rôle de premier plan dans l’économie du pays. Il s’agit d’un site idéal pour les investissements étrangers et le progrès industriel. Situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de La Havane, Mariel, est considéré comme l’un des meilleurs ports naturels de la région et entend devenir la principale plateforme logistique des Amériques. Il reste encore un défi à relever : malgré le blocus économique, commercial et financier des États-Unis, exploiter toutes les potentialités de Mariel pour en faire une plateforme logistique par excellence.
Grâce à sa proximité avec plusieurs aéroports et la construction de voies de communication routières et ferroviaires, et ses infrastructures de transport et de logistique, la Zone spéciale de développement de Mariel occupera une place de choix en termes de connectivité maritime.
e Terminal à conteneurs de Mariel S.A. (TCM), qui figure parmi les premiers clients de la Zone spéciale, utilise toutes les potentialités d’un port en eaux profondes et situé au cœur du trafic commercial maritime international et d’une capacité de 824 000 TEU ((unités correspondant à un conteneur de 20 pieds) par an.
Après presque 24 mois d’opérations, le moderne Terminal à conteneurs se porte bien et évolue en fonction de la demande. Sa gestion est assurée par la société PSA International, basée à Singapour, second opérateur portuaire mondial, et ce terminal assure plus de 80% du trafic national de conteneurs depuis 2014.
Comme l’a fait remarquer le directeur général du TC de Mariel, Charles A. Baker, durant six mois ce site a reçu les services navals de l’ancien Terminal à conteneurs de La Havane et s’est chargé de la formation d’opérateurs ayant très peu d’expérience en matière d’activité portuaire.
Ce spécialiste britannique a expliqué qu’après deux ans en fonctionnement avec un personnel majoritairement jeune, le Terminal a amélioré ses standards grâce au capital humain qui a su s’adapter aux nouvelles technologies, actualiser ses connaissances et développer sa capacité d’innovation.
LES INDICATEURS
Après avoir assuré la formation professionnelle de son personnel, le centre a augmenté le nombre de mouvements de grues de 18 en 2014 à 26 cette année, et la tendance se poursuit.
M. Baker se dit satisfait de ces progrès, car le TC de Mariel a prouvé être à la hauteur de ses pairs dans le monde. « Ces niveaux augmenteront par la suite au fur et à mesure que nous recevrons des navires à plus fort tonnage (à l’heure actuelle la longueur maximale et des 203 mètres) », a-t-il affirmé.
Selon le spécialiste, plus le navire sera grand, plus les opérations de déchargement seront rapides. « Sur ces grands navires, c’est comme si l’on travaillait sur le haut d’un immeuble », a-t-il ajouté.
La situation va changer en 2016 avec la progression du dragage du port de Mariel et une fois achevés les travaux d’agrandissement du Canal de Panama et lorsque les eaux cubaines pourront accueillir les plus grands navires du monde (Panamax et New-Panamax), avant de poursuivre leur route vers d’autres destinations.
Même si 8% des conteneurs réceptionnés sont dirigés vers Santiago de Cuba, M. Baker souligne que le fait de pouvoir accueillir des navires à fort tonnage est ce qui fera de Mariel un point de transit international.
Un autre indicateur qui en dit long sur l’efficience du TCM est le temps de passage moyen des camions, qui est de 44 minutes, alors qu’il était d’environ 3 heures à l’ancien Terminal à conteneurs de La Havane.
Ce responsable précise que dans les prochains mois, et avec la coopération de la Douane générale de la République, les temps seront encore réduits, et il est également prévu un assouplissement des procédures administratives grâce à l’introduction du système automatisé dont le TCM sera doté.
Le temps de stationnement des conteneurs sera également diminué, précise M. Baker, qui considère l’organisation du transport comme l’une des forces de ce processus.
LE TCM VUE DE L’INTÉRIEUR
Le quai du TC de Mariel mesure 702 mètres (cette distance pourra être portée à 2 400 mètres). Il compte 27 hectares de superficie pour le parc à conteneurs, et quatre grues sur le quai pour le chargement et le déchargement, d’une capacité de 85 tonnes, et de douze autres dans l’aire de stockage.
Le TC est équipé d’un système de surveillance ultramoderne, de machines pour TEU vides, de chambres froides et d’une voie de chemin de fer pour acheminer les conteneurs jusqu’à la province de Ciego de Avila, ainsi qu’un service de passagers.
Parmi les plus grands importateurs en 2015, M. Baker a mentionné le réseau de magasins TRD Caribe, la corporation Cimex et l’entreprise Alimport. Concernant les compagnies maritimes, il a mentionné les sociétés italiennes MELFI et MSC, la danoise Maerks Line et la française CMA CGM.
Il a expliqué qu’à la fin de cette année, le TCM a accueilli près de 100 000 conteneurs de plus qu’en 2014.
« Le transport maritime étant considéré comme le mode de transport le plus économique à l’échelle mondiale, l’un des principaux objectifs, aussi longtemps que le marché des États-Unis nous sera refusé, est d’orienter les opérations vers la République dominicaine, la Jamaïque, Haïti, le Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale », a conclu le responsable du TCM.





