ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

(Traduction de la version sténographiée du Conseil d’État)

Modérateur.- Nous allons passer à la séance de questions-réponses. Je prie les journalistes de bien vouloir prendre la parole par le biais d’un des micros installés dans la salle.Une première question au président Barack Obama.La première question pour Jim Acosta.

Jim Acosta (CNN).- Je remercie le président Castro pour son hospitalité à La Havane.Merci beaucoup. M. le Président, dans votre entretien avec le président Castro, de quelles paroles vous êtes-vous servi pour l’enjoindre à trouver des réformes démocratiques et élargir les droits de l’Homme à Cuba ? Inviterez-vous le président Castro à la Maison-Blanche ? Je sais qu’il est allé à New York. Pourquoi ne vous êtes-vous pas réuni avec Fidel Castro ?Président Castro : Mon père est cubain et il est parti aux États-Unis quand il était jeune. Entrevoyez-vous une voie nouvelle et démocratique pour votre pays. Pourquoi avez-vous des prisonniers politiques cubains et pourquoi ne les relâchez-vous pas ? Et, je m’excuse, préférez-vous Hillary Clinton ou Donald Trump ? (Rires).

Merci.Barack Obama.- Nous avons dit avoir eu une conversation très franche sur les questions de démocratie et de droits de l’Homme. Le point de départ est que nous avons deux systèmes différents de gouvernement, deux économies différentes et des décennies de divergences profondes, aussi bien sur le plan bilatéral qu’international. Ce que j’ai dit au président Castro, c’est que nous allons de l’avant et ne regardons pas en arrière. Nous ne voyons pas Cuba comme une menace pour les États-Unis, et j’espère que ma visite ici montre à quel point nous sommes prêts à entamer un nouveau chapitre dans les relations entre Cuba et les États-Unis.

Mais, comme nous le faisons dans les pays du monde avec lesquels nous avons normalisé nos relations, nous allons continuer de défendre les principes fondamentaux auxquels nous croyons.Les États-Unis croient en la démocratie, nous croyons dans la liberté d’expression, de congrégation et de culte, qui ne sont pas que des valeurs étasuniennes, mais des valeurs universelles, que leur expression n’est peut-être pas la même que dans tous les pays, qu’elles ne sont peut-être pas consacrées dans les documents de base et de la protection juridique, mais l’impulsion, l’impulsion humaine vers la liberté, la liberté dont parlait José Marti, est un souhait universel.Je pense que le président Castro a signalé que selon lui, il faut s’assurer que tous reçoivent une éducation et une santé décentes. Et aussi une sécurité pour les personnes âgées, car ce sont aussi des droits de l’Homme, et personnellement, je ne suis pas en désaccord avec lui. Mais cela ne doit pas nous distraire des autres inquiétudes que nous avons sur la table, et l’objectif du dialogue sur les droits de l’Homme n’est pas de faire en sorte que les États-Unis dictent à Cuba la manière de se gouverner mais s’assurer que nous ayons une conversation franche et honnête sur ce sujet et que nous puissions apprendre les uns des autres.

Ceci ne veut pas dire que ce soit le seul sujet à débattre, nous pouvons aussi parler de l’économie, de la santé, des échanges scientifiques, de la coopération internationale dans des questions d’importance régionale et internationale. Tout ceci est important, et nous allons continuer dans cette même voie.J’ai vraiment apprécié le commentaire du Président Castro, selon lequel il y a certaines choses qui doivent être améliorées.

Nous devons pas être immunitaires ni avoir peur de la critique et de n’importe quel débat constructif.J’ai parlé avec les Cubano-américains de la deuxième génération. Je ne parle pas directement, je réponds à votre question et je parle au nom de beaucoup de gens avec qui j’ai parlé aux États-Unis. Je pense qu’il y a grand espoir d’une réconciliation, que le pont dont parlait le Président Castro puisse être tendu afin de construire entre les Cubano-américains et les Cubains ici dans l’Île les liens familiaux, les liens culturels qui sont si forts.

Je pense que le rétablissement de ces liens serait bénéfique pour tous.L’un des obstacles au renforcement des liens tient aux désaccords que nous avons sur les droits de l’Homme et la démocratie, jusqu’au moment où nous pourrons avoir un bon débat sur ces questions, une bonne conversation pour pouvoir avancer vraiment. Je pense que ceci permettra alors le plein épanouissement de notre relation et que ce sera possible et, dans le cas contraire, ce serait essentiellement un élément irritant très fort, et ce non seulement pour les États-Unis et Cuba.

Et comme vous le savez, j’ai des conversations quand nous allons à des réunions bilatérales avec des alliés, avec lesquels nous avons des liens très étroits, ainsi qu’avec des pays dont nous sommes plus éloignés ; mais il me semble que c’est quelque chose de vraiment très important.Je me suis réuni avec des personnes qui ont été victimes de tensions arbitraires, et je dois parler de ces choses-là, parce qu’elles m’interpellent directement, et je sais ce que cela représente pour elles.

Excusez-moi.Raul Castro.- C’est mon tour ? (Rires)Je me demandais s’il s’adressait à moi, car je n’ai pas très bien entendu les premières paroles. Il me semble avoir entendu parler de prisonniers politiques.Journaliste.- La deuxième question vous était adressée.

Raul Castro.- À qui ? À lui ou à moi ?

Journaliste.- À vous, Monsieur le Président Castro.

Raul Castro.- Qu’avez-vous dit sur les prisonniers politiques ? Quelle question concrète avez-vous posée sur les prisonniers politiques ? S’il y a des prisonniers politiques ? Vous avez demandé s’il y a des prisonniers politiques ?

Journaliste.- Si votre pays a des prisonniers politiques et pourquoi ne les relâchez-vous pas.

Raul Castro.- Très bien. C’est la seule question que je vais vous permettre. Donnez-moi tout de suite la liste des prisonniers politiques pour les faire relâcher. Mentionnez-là tout de suite, donnez-moi le nom, les noms. Où, si vous le voulez, à la fin de la réunion, vous me donnerez la liste des prisonniers, et si ces prisonniers politiques existent, ils seront relâchés avant la tombée de la nuit. Voilà. Une autre question.

Journaliste.- Donald Trump ou Hillary Clinton,…, Castro.

Raul Castro.- Je ne peux pas encore voter aux États-Unis (Rires).

Modérateur.- Une question au président Raul, Boris.

Boris Fuentes (Télévision cubaine).- Président Raul Castro, vous avez dit à maintes reprises, et vous l’avez répété une nouvelle fois ici : nous devons apprendre à coexister de manière civilisée, malgré nos divergences. Pouvez-vous élargir ce concept, dans ce moment historique que vit Cuba ?J’aimerais poser par la même occasion une question au Président Barack Obama. Président Obama, le gouvernement des États-Unis pourrait-il franchir des pas plus importants pour supprimer le blocus sous votre administration afin qu’une nouvelle génération de Cubains n’ait pas à vivre sur ce blocus économique et financier exercé contre notre pays ?

Raul Castro.- Pouvez-vous répéter votre question que je n’ai pas très bien entendue ?

Boris Fuentes.- Vous avez déclaré à plusieurs reprises, et vous l’avez répété aujourd’hui : nous devons apprendre à coexister de manière civilisée, malgré nos divergences.

Raul Castro.- Très bien. Le Président Obama en personne en a parlé. Nous avons franchi les premiers pas, nous avons pas mal avancé pour des premiers pas, et nous devons continuer d’aller de l’avant. Je suis persuadé que nous parviendrons à coexister pacifiquement dans une atmosphère de coopération mutuelle, comme nous le faisons dans certains domaines, au profit des deux pays, au profit d’autres pays comme nous l’avons fait modestement en Haïti lors de l’épidémie de choléra, ainsi qu’en Afrique lors de l’épidémie à virus Ébola, comme il l’a dit, et il se trouve que tel est l’avenir de l’humanité si nous voulons sauver l’espèce humaine, même si les eaux continuent de monter et que les Îles rapetissent.Il y a beaucoup de questions pour moi. Je pense qu’il faut plutôt poser des questions au Président Obama. Voici le régulateur.

Barack Obama.- Au plan administratif, nous avons déjà fait plusieurs modifications à l’embargo, j’en ai fait référence dans mes paroles d’ouverture, et nous avons été assez agressifs pour pouvoir obtenir davantage de flexibilité, car la Loi de cet embargo n’a pas été supprimée par le Congrès. Certains aspects techniques de l’embargo peuvent peut-être être ajustés, en dépendance des problèmes, à mesure qu’ils surgiront. Par exemple, la question ayant trait au dollar étasunien et la nécessité de procéder à des modifications sur la manière dont l’embargo a été mis en application, afin de pouvoir encourager, au lieu de dissuader, des réformes que le gouvernement cubain est prêt à effectuer pour faciliter un plus grand commerce, est quelque chose qui a surgi du dialogue entre nos deux nations, et nous réalisons les ajustements appropriés.Bien entendu, il faudra du temps pour que les banques commerciales comprennent les nouvelles règles, mais nous pensons que c’est une sphère où nous pouvons améliorer les circonstances actuelles.

Mais, j’aimerais être franc avec vous : la liste des questions que nous pouvons traiter sur le plan administratif est chaque jour plus courte, et le volume des changements nécessaires par rapport à l’embargo dépendra à présent des changements qu’opérera le Congrès. J’ai fait part clairement de mon intérêt à ce que les choses se fassent avant la fin de mon mandat.En toute franchise, je dois dire que le Congrès n’a pas été aussi productif que je l’ai souhaité en cette année d’élection présidentielle. Mais le fait que nous ayons une vaste représentation de congressistes démocrates et républicains démontre un intérêt croissant au Congrès pour l’élimination de l’embargo. Comme je l’ai dit précédemment, la rapidité avec laquelle ceci va se passer dépendra en partie de ce que nous pouvons faire pour effacer certaines de nos différences sur des questions liées aux droits de l’Homme, c’est pourquoi le dialogue est tellement important, parce qu’il envoie le signal, ou du moins il montre que les deux pays sont engagés dans ces questions, et que nous travaillons.J’ai promis au président d’accepter une question de plus. Je donne la parole à Andrea Mitchell, de NBC.

Andrea Mitchell (NBC).- Merci, Monsieur le Président.Après vos réunions d’aujourd’hui, pensez-vous avoir suffisamment avancé pour pouvoir accélérer le rythme et que le gouvernement cubain puisse se mouvoir plus rapidement, de sorte que les changements que vous avez effectués, que ces ajustements techniques par rapport à l’embargo soient permanents et ne puissent pas être inversés par le prochain président ?Quels conseils vous a donnés le président Castro sur la capacité de permettre une levée de l’embargo ? Pourquoi a-t-il dit une nouvelle fois que c’est une question qui se trouve ici, qui essentiellement entrave le progrès. Vous avez signalé que la conversation a porté sur les droits de l’Homme et qu’elle avait été honnête, franche, et que vous souhaitez continuer d’avancer. Mais à votre arrivée il y a eu des arrestations assez dramatiques des Dames en blanc, lors d’une manifestation pacifique. Quel est le signal envoyé ? Peut-on avoir une coexistence pacifique et en même temps des désaccords aussi profonds sur les propres définitions de ce que signifient les droits de l’Homme.Et, maintenant, je m’adresse au président Castro.Pour beaucoup d’entre nous, il est incroyable de vous écouter parler sur tous ces sujets. Pourriez-vous nous dire, Président, ce que vous voyez dans l’avenir ? Il reste neuf mois de gouvernement au président Obama, et vous dites que vous prendrez votre retraite en 2018. Quel est l’avenir de nos relations étant donné les différentes définitions et les différentes interprétations sur des questions comme la démocratie et les droits de l’Homme ?

Barack Obama.- Andrea, l’embargo terminera. Quand ? Je n’en suis pas complètement sûr, mais je pense qu’il terminera, et le chemin que nous parcourons aujourd’hui se poursuivra après la fin de mon gouvernement. Et ce pour une raison logique. La raison, c’est que ce que nous avons fait pendant un demi-siècle n’était pas bon ni pour nos intérêts ni pour ceux du peuple cubain. Et quand nous parlons de normalisation des relations, si nous continuons de faire quelque chose et nous le répétons et le répétons pendant un demi-siècle et que cela ne fonctionne pas, il serait peut-être logique et cela aurait du sens d’essayer quelque chose de nouveau, et c’est ce que nous avons fait.Et le fait qu’il y a des forces qui nous soutiennent, non seulement au sein du Congrès et non seulement au sein du peuple étasunien, mais aussi parmi les Cubains nous indique que ce processus doit continuer, Ceci dit, la levée du blocus requiert les voix d’une majorité au Congrès, et peut-être plus d’une majorité au Sénat.Comme je l’ai dit au président Castro, il y a deux choses qui, je le pense, seront d’utilité pour accélérer ce rythme, pour en finir avec cet embargo.En premier lieu, nous pouvons toujours profiter des changements existants, auxquels nous sommes parvenus, et nous voyons qu’il y a des progrès, cela va permettre de valider ce changement de politiques. Je vous donne un exemple : nous avons dit, par exemple, que nous n’avons plus de restrictions aux investissements des entreprises étasuniennes visant à aider à développer Internet, notamment au développement de l’infrastructure à bande large à Cuba, ce n’est plus contraire à la législation des États-Unis, comme cela a été interprété par mon gouvernement. Si ce genre d’accords commerciaux se poursuit, les Cubains pourront bénéficier d’un plus grand accès à Internet, et quand j’irai cet après-midi à la réunion avec les entrepreneurs, je pense que nous allons connaître des jeunes cubains qui apprennent déjà à se servir d’Internet et qui commencent à monter leurs entreprises, et ceci contribue à former un groupe de personnes qui vont plaider pour la levée de l’embargo.Il y a aussi le travail que nous réalisons dans l’agriculture. Et nous commençons à voir les agriculteurs étasuniens interagir avec leurs homologues cubains, et aussi davantage d’exportations et d’importations, ce qui en réalité va générer davantage... et augmente la possibilité d’en finir avec l’embargo. Nous devons donc profiter de ce que nous avons fait et nous espérons que cela puisse aider.Nous devons aussi parler des droits de l’Homme, car il y a une inquiétude à Cuba.

Ceci dit, il faut garder à l’esprit que j’ai de nombreux désaccords avec les Chinois en ce qui concerne les droits de l’Homme. Je vais me rendre au Vietnam plus tard dans l’année, et j’ai aussi de franches et de profondes divergences avec eux.Quand nous avons visité la Birmanie, certains ont contesté notre voyage dans ce pays en raison des violations de longue date des droits de l’Homme, d’après moi, et ma vision a été que, si je participe d’une manière franche, en déclarant nos valeurs avec fermeté et une clarté absolue que nous ne pouvons imposer de changement à aucun pays, parce que cela doit venir de l’intérieur, cela constituera une stratégie plus utile que les désaccords rigides de la dernière moitié de siècle.En réalité, ce que je veux dire, c’est que j’ai foi dans le peuple, je pense que si l’on connaît les Cubains ici, et si les Cubains connaissent les Américains là-bas et qu’ils se réunissent, s’ils interagissent en faisant des affaires ensemble, en allant dans les écoles ensemble, en apprenant les uns des autres, ils reconnaîtront que nous sommes tous des êtres humains. Alors, dans ce contexte, je pense que le changement se produira.Il me semble qu’Andrea avait une question pour vous, monsieur le Président, sur votre vision.Le Président a dit qu’il n’allait répondre qu’à une seule question, tandis que j’allais répondre à deux questions. Mais, monsieur le Président, je vous laisse répondre à cette question.Andrea est l’une de nos journalistes les plus distinguées et je suis persuadé qu’elle apprécierait un bref commentaire de votre part.

Raul Castro.- Andrea, bien sûr.L’autre jour vous avez posé une question à notre ministre des Relations extérieures, Andrea. Nous sommes sur le point de terminer cette séance, car il y a un programme à remplir. Je sais que si je reste ici, vous me poserez 500 questions, et j’ai dit que j’allais répondre à une seule. Je vais répondre à une question et demie.Le Président Obama m’a déjà aidé avec la réponse.Andrea, c’est vous ? Très bien, Andrea, j’ai lu quelque chose ici sur ce que vous pensez des droits de l’Homme, mais maintenant c’est moi qui vais vous poser une question.Au sein des institutions déjà reconnues, il y a 61 instruments internationaux, etc. Savez-vous combien de pays respectent les 61 droits humains et civiques ? Moi je le sais : aucun. Moi je le sais, aucun ! Certains en respectent quelques-uns, d'autres en respectent d'autres. Nous sommes entre les deux. Si sur ces 61 droits, Cuba en respecte 47, certains en respectent plus et d'autres moins. On ne peut pas politiser la question des droits de l'Homme, ce n'est pas correct. En continuant de la sorte, nous n’irons nulle part.Par exemple, pour Cuba, qui ne les respecte pas tous, il y a le droit à la santé. Vous voulez quelque chose de plus sacré que le droit à la santé ? Que des millions et des millions d’enfants ne meurent pas faute d’un simple vaccin, d’un médicament quelconque ?Par exemple, êtes-vous d’accord avec le droit à l’enseignement gratuit pour tous les citoyens de n’importe quel pays ? Je crois que beaucoup de pays ne considèrent pas l’enseignement comme un droit de l’Homme. À Cuba, tous les enfants naissent dans des hôpitaux, où dès le premier jour ils sont inscrits, car lorsque les mères se trouvent dans un stade avancé de grossesse, elles sont conduites à l’hôpital bien des jours à l’avance, ou dans certaines maisons ou dans des locaux annexes, bien des jours avant l’accouchement, afin que tous les enfants naissent dans les hôpitaux, peu importe si elles vivent dans un lieu montagneux, ou leurs moyens financiers.Nous avons aussi beaucoup d’autres droits : le droit à la santé, le droit à l’enseignement. Je vais vous donner un dernier exemple.Êtes-vous d’accord avec le fait que pour un travail égal un homme gagne plus qu’une femme, pour le seul fait d’être une femme ? Eh bien à Cuba la femme gagne autant que l'homme si elle fait le même travail. Je peux vous énumérer des dizaines et des centaines d’exemples. Autrement dit, on ne peut pas utiliser cet argument. Je pense que c’est incorrect. Je ne dis pas que ce n’est pas honnête. On ne peut donc pas utiliser cet argument dans la confrontation politique, ce n'est pas juste, pas correct. Nous allons travailler pour que nous puissions tous respecter les droits de l’Homme. Voilà. C’est comme pour les prisonniers — je vais terminer, parce que nous nous sommes engagés à être ponctuels. C'est pareil pour les prisonniers, ce n'est pas correct de poser des questions sur les prisonniers politiques, donnez-moi le nom du prisonnier politique et c'est tout !

Modérateur.- Nous avons terminé. Merci beaucoup à tous pour votre participation.