ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le projet Biomas Cuba a pour buts essentiels la production intégrale d’aliments et d’énergie à partir de la biomasse et l’amélioration de la qualité de vie des hommes et des femmes des campagnes.

LAS TUNAS.— Élever les rendements des cultures, améliorer les conditions de vie des hommes et des femmes des régions rurales et promouvoir l’application de la science et de la technologie dans les processus de production figurent parmi les objectifs décrits dans les grandes lignes adoptées à l’échelle national dans le cadre de la relance de l’agriculture cubaine.

Du fait de l’importance de ce secteur pour l’économie nationale, et en particulier pour la sécurité alimentaire de la population, nombreuses sont les actions menées pour mettre en valeur les potentialités agricoles du pays.

Les projets menés en collaboration avec des institutions internationales, qui permettent de doter les paysans non seulement d’intrants agricoles plus modernes et performants mais de leurs transmettre les connaissances issues des recherches et des pratiques, ont joué un rôle fondamental.

À Las Tunas, les résultats du travail conjoint entre les institutions de cette province de l’est du pays et des entités étrangères sont palpables et se sont traduits par une amélioration considérable des niveaux de production et de satisfaction personnelle pour les gens qui travaillent la terre.

BIOMAS CUBA, LE VISAGE DE L’AGRICULTURE DURABLE

« La biomasse en tant que source renouvelable d’énergie pour l’environnement durable », est un projet coordonné par la Station expérimental d’aliments pour animaux et de fourrages Indio Hatuey, de Matanzas, financé par l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC) dans cette région de l’est de l’Île.

Plus connu comme « Biomas Cuba », il a pour buts essentiels la production intégrale d’aliments et d’énergie à partir de la biomasse et l’amélioration de la qualité de vie des hommes et des femmes des campagnes.

Il en est actuellement à sa deuxième étape et concerne 4 fermes sélectionnées par le système de l’agriculture dans le chef-lieu de province et 18 autres dans la localité de Manati.

Le coordinateur du projet à Las Tunas, le master ès sciences Jorge Luis Riverto Moreno, a expliqué à notre hebdomadaire que les actions sont axées sur plusieurs priorités, dont la production de biogaz à partir de lisier porcin.

« Certains éleveurs de porcs se plaignaient qu’ils avaient du mal à se débarrasser des excréments des animaux. Nous leur avons donc proposés de faire un usage efficace de ces déchets sans nuire à l’environnement, sans émissions de gaz dans l’atmosphère, et de se doter d’une source renouvelable d’énergie », a-t-il précisé.

Les digesteurs permettent une valorisation du stockage des effluents et des déchets organiques d’une exploitation.

Il faut dire que le projet ne porte pas seulement sur cet aspect, mais sur la promotion des engrais organiques et les fertilisants d’origine biologique. Par ailleurs, un accent est accordé à la remise en valeur des terres en friche et à l’utilisation et la culture des organismes vivants du sol (un technique très employée en Asie), ceci sur la base de la formation des producteurs aux bonnes pratiques agricoles.

Pour le traitement des excréments, des digesteurs ont été construits sur les conseils de spécialistes. Le combustible obtenu est utilisé, pour la cuisson, l’éclairage et la climatisation dans les foyers qui se sont vu remettre par les concepteurs du projet des appareils spécialement adaptés au gaz méthane.

Ce procédé a contribué à améliorer la qualité de vie des habitants de ces communautés, ainsi qu’à la création d’emplois et à l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement.

SUR LA VOIE DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

C’est sous les auspices du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PMA) qu’a démarré l’année dernière dans sept provinces du pays le Programme de pays 2015-2018, visant à appuyer le gouvernement cubain dans ses efforts pour garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des groupes vulnérables de la population.

Selon Yordanka Fonseca Quevedo, directrice du PMA à Las Tunas, ce programme est articulé autour de trois axes stratégiques, le deuxième notamment concernant le renforcement de la chaîne agroalimentaire grâce à l’établissement d’un lien étroit avec le système de l’agriculture.

« Nous mettons un accent particulier sur la promotion de la culture des haricots secs, en raison, notamment de leur valeur nutritionnelle, de leur place dans la culture alimentaire de la population cubaine et aussi pour diminuer les importations. Il est important d’assurer la qualité et la stabilité de ce produit dans le système de protection sociale (crèches, maternités, foyers du troisième âge, système de prise en charge de la famille, etc.) », a-t-il dit.

Des tracteurs New Holland importés dans le cadre du Programme Mas alimentos (Davantage d’aliments), ont donné une impulsion considérable à la mise en valeur des terres.

Dans le cas spécifique de Las Tunas, ces actions bénéficieront à deux communes, Amancio et Manati, qui comptent en tout 8 bases de production et 87 producteurs. Au fur et à mesure que le programme prendra son essor, toute une série d’équipements seront distribués aux producteurs, suivant leurs besoins, dont des systèmes d’irrigation, des moissonneuses, des tracteurs et d’autres intrants et machines agricoles, entre autres.

Depuis septembre 2015, une démarche de diagnostic a été mise en œuvre pour organiser au mieux les maillons de la production de haricots secs et définir les priorités dans renforcement de l’entreprise de production de graines et de semis.

Plusieurs actions de promotion ont été menées jusqu’à ce jour, dont la foire des variétés de haricots secs qui s’est déroulée dans la commune d’Amancio.

Selon Fonseca Quevedo, 25 variétés ont été ensemencées afin de déterminer celles qui s’adaptent le mieux aux conditions locales. « Cette foire a réuni tous les producteurs choisis par le programme, des responsables d’institutions agricoles et même une représentation des groupes vulnérables, qui feront l’objet d’une prise en charge spécifique. Au terme d’une évaluation de toutes les étapes du processus de production et des rendements, nous avons sélectionné cinq variétés qui seront cultivées », a déclaré la directrice du PMA.

D’AUTRES FRUITS DE LA COOPÉRATION

D’autres projets en cours dans cette province se sont traduits par un impact notable sur le développement agricole et sur l’augmentation des capacités de production.

L’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP), mène actuellement trois projets. Adalicia Morales Madrazo, fonctionnaire de cette organisation chargée de la coopération à Las Tunas, a signalé que ces programmes représentent un investissement de l’ordre de 216 270 CUC (pesos cubains convertibles) et bénéficieront aux communes de Puerto Padre, Jesus Menendez, Manati et Las Tunas, notamment dans les branches des cultures variées et l’élevage.

Le premier est financé par l’organisation non gouvernementale Pain pour le monde et vise à contribuer au développement de l’agriculture durable à travers la systématisation d’expériences et de pratiques agro-écologiques.

Le deuxième projet est financé par le Programme de petits dons du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et est axé sur le renforcement de la durabilité agraire et la sécurité alimentaire, tandis que le troisième, qui opère avec des fonds en provenance de l’Agence suisse pour le développement et la coopération (DDC) a pour but d’appuyer la création de capacités et de conditions pour la mise en place de modèles efficaces de gestion coopérative.

Par ailleurs, la filiale locale de l’Association cubaine des techniciens agricoles et forestiers (ACTAF) exécute deux projets, l’un pour le « soutien au développement agricole dans la commune de Colombia, Cuba », une extension du programme éponyme qui s’est achevé en juillet 2015.

L’ingénieure Dania Freyre Gonzalez, présidente de la filiale de l’ACTAF à Las Tunas, a expliqué que ce programme est coordonné par la Fondation Mundbat, d’Espagne grâce à un budget d’environ 73 000 CUC versé par l’ambassade du Japon à Cuba. L’entité bénéficiaire est l’Unité de base de production coopérative (UBPC) Ramiro Nuñez Gonzalez, de la municipalité de Colombie.

« Ce projet prévoit notamment la réhabilitation d’une exploitation laitière afin de porter la production à près de 70 000 litres de lait par an, l’agrandissement d’un module d’élevage de lapins et l’installation d’un système d’irrigation sur 13,42 hectares pour la production de graines (maïs et haricots secs) », a précisé l’ingénieure Freyre Gonzalez.

Le Programme Mas alimentos (Davantage d’aliments) coordonné par le ministère de l’Industrie alimentaire et appuyé par un crédit brésilien adopté sous la présidence de Dilma Rousseff devrait lui aussi engendrer des bénéfices importants.

Destiné essentiellement à la production de haricots secs et de maïs, ce programme a comporté l’acquisition de 22 tracteurs, 11 machines à semer et à fertiliser, dix moissonneuses, 24 arroseuses et 86 systèmes d’irrigation, entre autres engins agricoles. Cette nouvelle technologie a permis une amélioration considérable des rendements, notamment en ce qui concerne la mise en valeur des terres.

BILANS POSITIFS

Indépendamment de la provenance des financements ou des objectifs et des lignes stratégiques, ces projets ont tous une influence directe sur la dynamique familiale et contribuent à dépasser les différences de genre grâce à la promotion d’une égalité d’opportunités en matière d’accès à l’emploi et de formation dans ces localités rurales.

L’objectif final est le développement agricole pourvu qu’il implique l’amélioration des conditions de vie des populations, un principe prépondérant dans le modèle socialiste cubain.