SANTIAGO DE CUBA. — Considéré comme le lancement de la modernisation progressive du port Guillermon Moncada, le Projet de coopération entre la Chine et Cuba, qui prévoit la construction de la plateforme multiservices Yarayo entre dans une étape décisive de terrassement, à partir de procédés novateurs.
Même si la rade de Santiago est considérée comme la deuxième la plus importante du pays, elle présente plusieurs inconvénients : sa profondeur qui ne lui permet d’accueillir dans ses trois zones de mouillage que des navires de 5 000 à 15 000 tonnes, associée à une technologie désuète importante, notamment le manque de grues-portiques pour le déchargement, sans compter une capacité de stockage insuffisante.
Selon le jeune ingénieur Walter Niuvo Medina, directeur de l’unité de base chargée des investissements, les travaux répondent à l’Orientation 275 de la Politique économique et sociale du Parti et de la Révolution, adoptée par le 7e Congrès du Parti, qui trace la voie à suivre en matière de développement progressif de l’infrastructure portuaire, visant la réduction de la facture de fret, ainsi que les taxes de séjour au port.
En ce sens, il est prévu de doter le port d’une installation moderne qui pourrait recevoir des navires de 20 000 tonnes à 40 000 tonnes, opérés grâce à un équipement technologique portuaire de dernière génération, aussi bien pour le déchargement que durant l’extraction des marchandises.
Pour des bateaux de ce type, le projet présente un débarcadère de 231 mètres de long et un poste à quai de 13,60 mètres de profondeur, deux entrepôts d’une capacité de 2 040 tonnes de cargaison générale et 10 080 de cargaison sèche, deux grues multifonction de 30 et 50 tonnes respectivement, et 8 tours d’éclairage qui permettront des journées de 24 heures.
Réparti sur une aire de 59 878 mètres carrés, un processus de traitement du sol est en cours actuellement. Programmé jusqu’au mois de juin de l’année prochaine, le procédé renforcera la résistance du terrain et améliorera considérablement le drainage dans une zone menacée par les inondations en cas de pluies intenses ou de fortes vagues.
Pour faire face au coût qu’impliquerait un grand volume de mouvement de terre et par conséquent le nouveau remblaiement, l’ingénieur chinois Hu Xiao Yuan, chef de la production à la tête des travaux, a expliqué qu’à cette occasion des solutions alternatives très utilisées, avec d’excellents résultats dans son pays et d’autres dans le monde, sont appliquées pour la première fois à Cuba.
Ainsi, après le nettoyage de la zone, il faudra plus de 170 mètres cubes de matériaux précontraints, incluant une épaisseur de 80 centimètres de sable, soit 50 000 mètres cubes, et une couche de gravier, à savoir près de 32 000 mètres cubes de ce matériau.
Par ailleurs, pour assurer la durabilité du sol, 444 000 mètres linéaires de mèches plastiques de drainage seront installés, ainsi que 56 000 mètres carrés de géotextile. 142 pylônes de béton seront installés, et une fois les travaux achevés, des tests de haute tension seront effectués dans la partie qui sera occupée par le quai.
Dans le cadre d’un organigramme qui avance conformément aux prévisions, face à ce dernier ouvrage, le dragage constructif du lit côtier a commencé, dans lequel une fois la vase évacuée, pour augmenter la sécurité, un enrochement sera installé de chaque côté du quai, nécessitant 160 000 mètres cubes de pierres.
À l’occasion de ces travaux, selon Huang Jin Long, ingénieur principal de l’Entreprise chinoise CCCC (China Communications Construction Company LTD), chargée du crédit pour les investissements de ce pays, « on remarque la qualité du travail des constructeurs de Santiago, signe de leur grande compétence professionnelle et des étroites relations établies ».
Une fois ce processus achevé, les travaux s’accélèreront avec des technologies modernes qui seront utilisées dans la construction des entrepôts, des voies de communication et des 25 autres ouvrages, notamment le quai, pour lequel il faut plus de 8 000 mètres cubes de béton en trois mois, ce qui a demandé l’installation d’une centrale à béton.
Des installations temporaires ont été aménagées : bureaux, hébergements, réseaux hydro-sanitaires et électriques, des dalles pour la fabrication d’éléments en acier, la centrale de béton avec ses silos pour le ciment, des machines, des équipements lourds, ainsi que l’organisation et la viabilisation de tous les extérieurs.
Selon le directeur adjoint du port de Santiago, Mario Serria Orosio, après sa mise en marche la nouvelle plateforme pourrait permettre une diminution de 50% du temps utilisé actuellement dans le déchargement d’un navire, ce qui représenterait pour Cuba une économie de 1,4 million de dollars tous les quatre ans.
Avec la nouvelle plateforme, conçue pour une capacité annuelle d’opérations de 565 000 tonnes métriques, entre les marchandises générales, les containeurs et les produits en vrac, le port de Santiago pourra sans le moindre doute accueillir beaucoup plus que les 412 navires qui sont rapportés cette année, et qui dépassent le million de tonnes métriques.
D’un point de vue intégral, la modernisation du port de Santiago sera suivie plus tard par la transformation de toute l’infrastructure de communication ferroviaire et routière vers l’est de Cuba, ainsi que des installations associées au tourisme, qui au-delà de l’impact économique auront des répercussions sociales.








