
UN simple lieu de la municipalité de Centro Habana, dans la capitale, est associé à la jeunesse de José Marti : les carrières de San Lazaro, où l’Apôtre de Cuba (comme il est également appelé), à peine âgé de 16 ans, fut condamné aux travaux forcés par les autorités coloniales pour avoir écrit une lettre de reproche à un étudiant qui s’était engagé dans l’armée espagnole.
C’est dans ce lieu qu’a été installé le musée de la Forge de José Marti, une institution qui retrace la vie et l’œuvre du Héros national (La Havane, 28 janvier 1853-Dos Rios, 19 mai 1895). Inauguré officiellement le 28 janvier 1952, il fut placé sous la juridiction de l’Université de La Havane au triomphe de la Révolution, sur décret signé par Armando Hart Davalos, alors ministre de l’Éducation.
Riche d’un travail de 65 ans, la Forge de José Marti a comme objectif fondamental la formation des nouvelles générations depuis la culture, l’éducation, à travers la pensée de José Marti et la douloureuse histoire de son vécu dans cette prison.
« Le travail du Musée s’adresse à tous les groupes d’âge. La Forge martinienne mène des projets avec la communauté et s’attache à renforcer l’image de ce lieu, classé Monument national en 1996 », affirme Yusuam Palacios Ortega, directeur de l’Institution.
LE MUSÉE
Effectuer des recherches sur chacun des condamnés qui souffrirent les atrocités des travaux forcés dans cette prison est l’une des lignes de travail de la Forge martinienne
« Le plus important à l’heure actuelle du point de vue des recherches concerne l’histoire des carrières et de cette prison politique à Cuba », ajoute Palacios Ortega.
Dans ce lieu furent emprisonnés aux temps de la colonie les étudiants en médecine qui furent fusillés en 1871 après avoir été injustement condamnés pour avoir profané la tombe d’un soldat espagnol. Huit d’entre eux furent exécutés et 35 autres emprisonnés.
Comme tout musée, la Forge martinienne conserve des pièces de grande valeur patrimoniale ayant appartenu à des figures importantes de l’histoire de la Patrie et qui sont l’objet d’études par les spécialistes.
« Des recherches sont effectuées sur chacun de ces objets, comme le révolver de José Marti, non pas celui avec lequel il partit pour la guerre, mais celui qui lui appartenait avant de débarquer à Playitas de Cajobabo. C’est le seul à avoir été conservé.
« Nous possédons aussi le coussin parfumé que la jeune Maria de Garcia Granados, connue sous le nom de "la jeune fille du Guatemala", offrit à Marti, et les dames de nage en bronze du bateau avec lequel les indépendantistes débarquèrent à Cuba. »

Dans les salles d’exposition de ce complexe historique et culturel est exposée l’écharpe que portait Antonio Maceo lorsqu’il tomba au combat le 7 décembre 1896, ainsi que des pièces liées à des événements historiques du 20e siècle.
« Nous possédons par ailleurs l’un des principaux objets patrimoniaux : le drapeau porté par le général d’armée Raul Castro le jour où fut enterrée symboliquement en ce lieu la Constitution cubaine de 1940. Il s’agit de l’un des biens les plus précieux que nous conservons », affirme Palicio Ortega, qui est également président du Mouvement juvénile martinien.
L’ANNIVERSAIRE
L’une des motivations essentielles de ce 65e anniversaire de la Forge martinienne est étroitement liée au mouvement étudiant cubain. C’est ici qu’arriva la première Marche aux flambeaux organisée par la Fédération des étudiants universitaires, à la tête de laquelle se trouvait Fidel, dans la nuit du 27 janvier 1953, à l’occasion du centenaire de la naissance de José Marti.
« Le 65e anniversaire sera dédié au commandant en chef, à José Marti, à cette relation si importante entre les deux hommes politiques, artisans fondamentaux de l’œuvre révolutionnaire et à leurs liens avec les étudiants cubains », précise Yusuam Palacios.
À partir du mois de janvier et durant toute l’année 2017, l’institution réalisera des activités pour célébrer sa fondation, notamment des conférences, des colloques et la présentation du livre Entre espinas flores. Anecdatorios, de Carlos Manuel Marchante.
Au mois d’octobre, sera présentée la 4e édition du Colloque El preso 113 (Le prisonnier 113). Cette année sera remise pour la première fois la distinction homonyme à d’importantes personnalités de la culture et à des personnes qui ont travaillé avec l’institution.
LE SÉMINAIRE
Fidèle à son objectif de diffuser la pensée de José Marti, à partir de septembre, le Musée met à disposition des intéressés le Séminaire martinien. Un projet qui comptera deux cours : un de base et un supérieur.
« Il ne sera pas seulement destiné aux étudiants universitaires, mais à toutes les personnes qui souhaitent étudier la vie et l’œuvre de José Marti. Les cours auront lieu à La Forge. Ce séminaire utilisera les codes d’aujourd’hui pour faciliter l’accès de la population à l’œuvre de José Marti. »
POUR LES AMIS HORS DE CUBA
Même si aucune activité n’a de portée internationale, les convocations sont diffusées à travers le réseau des chaires martiniennes, par la Société culturelle José Marti et par les clubs consacrés au Héros national dans de nombreux pays du monde.
Tout au long des six décennies, la Forge martinienne a entretenu des relations privilégiées avec le Mexique, avec les amis de José Marti de ce pays et ses différentes organisations et mouvements de solidarité avec Cuba et avec le Centre culturel José Marti au Mexique.
Yusuam Palacios a donné un renseignement peu connu : le premier gardien de la Forge martinienne fut le fils de Manuel Mercado, l’ami mexicain de José Marti. « Vous êtes tous invités aux activités que nous avons prévues, notamment pour fêter ce 65e anniversaire », a-t-il conclu.








