ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

CUBA aspire à créer avec les pays de la Caraïbe des associations susceptibles d’impulser un développement d’ensemble, dans le respect de la culture et de l’histoire, et en mettant à profit les

facteurs communs.

Lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre du Segment des Hauts fonctionnaires de l’Association des États de la Caraïbe (AEC), qui s’est déroulée à La Havane, des spécialistes cubains se sont prononcés pour la conclusion d’alliances stratégiques pour le progrès de la région.

« Cet événement prouve au monde que nous sommes une zone vitale et importante », a déclaré José Chaple Hernandez, directeur chargé de la politique commerciale pour l’Amérique latine et la Caraïbe du ministère cubain du Commerce extérieur et des Investissements étrangers (Mincex).

Les Segment des Hauts fonctionnaires de l’AEC, qui a tenu séance à l’hôtel Tryp Habana Libre, a préparé les documents à soumettre à la 22e Réunion ordinaire du Conseil des ministres de ce bloc régional.

Chaple a précisé que l’AEC est un mécanisme essentiel pour les membres et constitue un point de contact important de la zone Caraïbe.

Le fonctionnaire a rappelé que l’Accord constitutif de l’organisation, créée en 1994, a pour vocation la promotion de la consultation, de la coopération et de l’action conjointe entre les pays de la région.

Chaple Hernandez a souligné que la coopération a précisément été retenue comme sujet central des débats de la région, le jeudi 9 mars, où plusieurs projets relatifs au changement climatique et au transport intercaraïbe ont été présentés.

Concernant le commerce, les pays membres de l’AEC sont les principaux partenaires de Cuba dans la région latino-américaine.

Il a précisé que plusieurs pays comme le Venezuela et le Mexique figurent parmi les dix principaux partenaires commerciaux de Cuba, et il a souligné le rôle particulièrement actif de Trinité-et-Tobago en 2016.

Pour le responsable de la politique commerciale pour l’Amérique latine et la Caraïbe au Mincex, cet échange commercial a pu être canalisé grâce aux accords signés avec des pays de la région.

Par ailleurs, il a souligné l’intérêt porté à l’AEC en tant que principal destinataire de la coopération, notamment dans les sphères de l’éducation et de la santé.

« Dans le domaine de la construction, l’exemple le plus récent que je puisse mentionner est l’inauguration de l’Aéroport international d’Argyle, à Saint-Vincent-et-le-Grenadines, une cérémonie à laquelle a assisté le vice-président du Conseil d’État Salvador Valdés Mesa » , a-t-il affirmé.

Concernant Haïti, Chaple a précisé que Cuba accorde une attention particulière à ce pays en raison de ses particularités historiques et des catastrophes naturelles qui l’ont frappée ces dernières années. Plus de 700 coopérants cubains prêtent actuellement leurs services en Haïti et les premiers pas sont franchis avec le nouveau gouvernement du président Jovenel Moïse en vue d’une coopération future.

« DU PARTAGE, PAS DE LA CONCURRENCE »

« Nous appartenons tous à la même zone géographique, qui représente un espace d’une grande importance économique, ces États étant répartis sur un axe nord-sud par où transitent les marchandises, les biens, les personnes et les services. C’est donc une région stratégique », a signalé pour sa part Deborah Rivas Saavedra, directrice générale pour les Investissements étrangers au Mincex.

Elle a indiqué que l’économie de ce territoire ne doit pas être perçue dans une approche concurrentielle, mais dans une approche de coopération. « Il s’agit de tirer profit des avantages communs et de créer des alliances économiques », a-t-elle dit, avant d’ajouter : « Le tourisme, un secteur d’une haute valeur stratégique pour notre région, doit être regardé comme un bien commun, partagé par tous, loin de toute notion de concurrence », avant de rappeler que Cuba a

attiré 4 millions de visiteurs en un an.

Faisant référence à la croissance conjointe, Rivas a affirmé que « la création de zones spéciales de développement dans la région permettra aux 25 pays membres de faire un bond en avant ».

Et d’enchaîner : « Cuba en particulier s’est dotée d’un cadre régulateur qui permet aux partenaires de la Grande Caraïbe de rechercher des accords qui se traduiront par des bénéfices mutuels ».

Elle a rappelé plus loin que son pays a signé des accords avec le pays du Bassin de la Caraïbe et que les investisseurs peuvent bénéficier des avantages fiscaux accordés aux investisseurs étrangers.

Elle a réaffirmé la volonté de son pays d’augmenter la coopération avec l’AEC et elle a appelé à nouer des alliances stratégiques.

Par ailleurs, Rivas a souligné que La Havane sait clairement quels sont ses objectifs de développement à moyen et long termes. « Nous travaillons avec les investisseurs étrangers à la mise en œuvre de programmes de développement très bien identifiés », a-t-elle ajouté.

La fonctionnaire a souligné que nous sommes un pays soumis à un blocus par les États-Unis et que les effets extraterritoriaux de cette politique nuisent à nos relations sur la scène internationale. « Ces facteurs objectifs sont bel et bien présents et empêchent notre pays d’attirer davantage d’investissements étrangers », a-t-elle dit.

Elle a aussi mentionné plusieurs problèmes internes, comme le manque de préparation et de formation de certains de nos chefs d’entreprises, avant de souligner que « nous sommes conscients que nos problèmes ne seront pas réglés d’un simple trait de plume, avec l’entrée en vigueur d’une loi sur les investissements étrangers. Nous devons créer et améliorer les compétences de nos hommes d’affaires ».

LA ZONE DE MARIEL POUR LA PROMOTION DE LA COOPÉRATION

Oscar Pérez Oliva Fraga, directeur pour l’évaluation des affaires de la Zone spéciale de développement de Mariel (ZSDM) a déclaré quant à lui que ces rencontres dans le cadre de l’AEC revêtent une importance majeure pour l’intégration régionale, car elles favorisent les échanges et le dialogue.

Il a signalé que la ZSDM a été créée en 2013 comme un plan visionnaire à long terme où des activités et des projets industriels, logistiques, portuaires et commerciaux sont mis en place dans le but de faire de la Caraïbe un pôle commercial stratégique visant aussi à favoriser l’intégration régionale et avec le reste du monde.

Pérez Oliva a considéré la Zone comme un moyen intéressant de permettre aux territoires caribéens d’accéder aux accords conclus par Cuba avec les pays d’Amérique latine et du monde.

« La Zone spéciale de développement de Mariel a pour vocation de resserrer les liens inter-régionaux et avec le reste des pays du monde », a-t-il dit.

Il a précisé que le terminal a conteneurs de la ZSDM est une grande opportunité pour favoriser les échanges de marchandises et la connectivité maritime.

Il a annoncé que la ZSDM a accueilli de nouveaux projets en partenariat : avec une entreprise portugaise spécialisée dans le design, l’ingénierie et la construction de matériaux ; avec une compagnie panaméenne de services logistiques ; une société espagnole spécialisée dans la peinture automobile ; la création d’une entreprise mixte de services logistiques avec A.T. Comercial et Ibérostar, et une entreprise brésilienne qui se consacre également aux services logistiques. (Rédaction internationale)

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De gauche à droite, Oscar Pérez, directeur chargé de l’évaluation des affaires de la ZSDM ; Déborah Rivas Saavedra, directrice générale pour les investissements étrangers du Mincex ; José Chaple Hernandez, directeur chargé de la politique commerciale pour l’Amérique latine et la Caraïbe au Mincex, et la journaliste Arleen Rodriguez, lors de la conférence de presse.