ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Tony Hernández

LES présidents des Assemblées provinciales du Pouvoir populaire et de la municipalité spéciale de l’Île de la Jeunesse se sont réunis récemment à La Havane, où ils se sont penchés sur un vaste programme qui comportait, le premier jour, des informations sur l'organisation et le déroulement du 4e processus de reddition de comptes des délégués à leurs électeurs. Une rencontre qui avait pour thème : Consolider le dialogue et le fonctionnement des commissions permanentes du Parlement dans toutes les municipalités du pays, afin de vérifier la mise en œuvre de ces accords adoptés par ce dernier, principalement ceux liés au plan de l'économie et au budget pour l'année en cours.

La réunion, qui s’est tenue dans une salle récemment restaurée du Capitole, était présidée par Esteban Lazo, président de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire (ANPP), en présence de Gladys Bejerano, contrôleuse générale et vice-présidente du Conseil d'État ; Ricardo Cabrisas et Ulises Rosales del Toro, vice-présidents du Conseil des ministres ; Lina Pedraza, ministre des Finances et des Prix, et Ana Maria Mari et Miriam Brito, vice-président et secrétaire de l'ANPP, respectivement.

Comme il a été annoncé, les réunions de reddition de comptes avec les délégués auront lieu aux mois d'avril et de mai, sauf à Guantanamo, où elles ont été organisées ce mois-ci. L’accent a été mis sur l'importance de la bonne préparation de ces réunions, au cours desquelles sera mis en évidence tout ce qui est fait au bénéfice de la population. Par ailleurs, il est nécessaire de répondre aux sujets d’inquiétudes des électeurs et d’en analyser les causes.

« Il ne s’agit pas d’attendre six mois pour apporter une solution aux problèmes qui auraient pu être évités si les autorités compétentes avaient assuré l'efficacité dans la production et les services, ce qui est leur principale mission », a déclaré Miriam Brito.

Le président de l'Assemblée nationale Esteban Lazo a rappelé quant à lui que les conseils populaires doivent s’intéresser davantage à l'analyse de ces problèmes et les examiner en profondeur.

À ce propos, un débat profond a eu lieu concernant les préoccupations des électeurs, dont les solutions avaient été proposées dans le plan de l'économie de 2016 et qui, pour diverses raisons, ne l’ont pas été au plan 2017. À ce sujet, les présidents ont donné des informations à Esteban Lazo sur la situation actuelle de ces demandes de la population, lequel a fixé une date pour qu’une proposition de solution pour chacune d’elles lui soit remise, si cela s’avérait possible, ou une explication convaincante si les problèmes soulevés n’avaient pas de solution à court terme.

« Il faut expliquer aux électeurs les raisons pour lesquelles il n'a pas été possible d’apporter une solution à certains de leurs problèmes, car nous ne pouvons tolérer que les gens ignorent les difficultés auxquelles nous sommes confrontés », a déclaré Lazo.

Quant à la député Ana Maria Mari Machado, vice-présidente de l'ANPP, elle a évoqué les audiences publiques qui se déroulent dans le pays afin d’avoir des échanges sur le système politique cubain, un espace promu par l'Union des jeunesses communistes, auxquels participent des députés.

Mari Machado a expliqué que ces réunions qui, dans un premier temps, étaient axées davantage vers les jeunes, seront également organisées dans d'autres contextes. Elle a annoncé qu’à ce jour 131 audiences ont eu lieu, auxquelles ont participé plus de 18 000 personnes. Dans le cadre de cet effort, elle a fait référence à l'application de téléphonie mobile

« X Cuba », disponible en téléchargement sur le site internet de l'Assemblée nationale, qui est un outil efficace pour en savoir davantage sur notre système politique et électoral.

La réunion a mis un accent particulier sur les problèmes économiques et financiers. Le deuxième jour, la contrôleuse générale de la République a présenté un guide de contrôle et de suivi des budgets locaux, qui a été qualifié de très utile et opportun. Destiné aux présidents des assemblées provinciales et municipales, il permet non seulement de détecter le manque de clarté de certains procédés, mais surtout d’assurer leur rôle de prévention et de dialogue avec les personnes sous leur contrôle chargées d’accomplir ces tâches.

L'objectif, a-t-elle signalé, est de mettre à la disposition des présidents des organes locaux du Pouvoir populaire, à titre de recommandation, un outil méthodologique pour le contrôle et la surveillance des budgets locaux : une sorte de guide élémentaire pour l'organisation et la planification de leur travail, proposant une séries d'idées susceptibles d’être enrichies en cours d’application, lesquelles auront pour objectif de promouvoir une pratique préventive et formatrice d'une culture de la discipline, la responsabilité, la transparence, la reddition de comptes et la probité dans le travail administratif.

« Pour modifier la situation existante, en termes de contrôle du budget, il est impératif d’accorder une attention particulière, en premier lieu, à la sélection, à la formation et à l’encadrement des dirigeants, fonctionnaires et spécialistes, afin d’obtenir leur participation active, dans un environnement de contrôle approprié, en accord avec cette vision éclairée de notre Héros national José Marti : “Les budgets sont la vie des peuples et l'axe autour duquel s’articulent et se soumettent toutes les autres actions du pays” », a souligné Gladys Bejera

« Je suis parfaitement d’accord avec cette idée, parce que je suis de ceux qui pensent que l'une des lacunes de notre travail est que nous donnons beaucoup d’indications et de procédures, sans apporter la formation suffisante à ceux qui doivent mettre en œuvre leur contenu. Cela se voit quotidiennement, lorsque l’on détecte des défaillances, et que l’on découvre que tout avait été prévu dans les documents et les règlementations, sans que cela n’ait été pris en compte », a signalé Esteban Lazo.

Selon le président de l'Assemblée nationale, ce guide devrait parvenir à tous les organismes locaux, y compris aux conseils populaires et aux commissions de travail. « Les assemblées municipales qui adopteront leurs budgets se doivent de bien les connaître et de les contrôler », a-t-il conclu.

Les participants ont également examiné et débattu, point par point, sous différents angles et avec la détermination de les respecter, des questions sur lesquelles les présidents provinciaux doivent agir avec vigueur et systématicité, et changer de méthode de contrôle, dans le cas où celle utilisée s’avérerait inefficace.

Cela concerne des questions telles que l'utilisation de vecteurs d'énergie ; le rechappement des pneus et la récupération des matières premières ; la production locale de matériaux de construction ; le programme hydraulique et la lutte contre les violations dans l'utilisation de l'eau ; la construction, la réparation des logements et la production de toitures, la suppression des sols en terre battue et des conditions de logement précaire, la construction de maisons de retraite et l'éradication de illégalités liées à la planification territoriale et la construction illégale de maisons, aussi bien en tant que logement que pour l’élevage d’animaux, qui polluent les eaux souterraines et ont d'autres conséquences négatives sur la santé.

Pour conclure ces journées, Lina Pedraza a fait un rapport sur l'évasion dans le paiement des contraventions et des impôts, qui sont des sources de revenus pour les budgets locaux, ainsi que sur la lutte contre l'impunité, dans laquelle la police nationale révolutionnaire a joué un rôle important.

Elle a signalé qu’à la fin de 2016, 142 500 amendes ont été encaissées pour un montant de 22,8 millions de pesos. Cependant, le suivi de la perception par les des organismes des amendes imposées s’avère insuffisant.

La ministre a également indiqué que les actions mises en place pour lutter contre les sous-déclarations de revenus et le travail à son compte illégal sont insuffisantes. Et de citer à titre d'exemple que dans une période de six mois, le fisc a encaissé un montant de 17 millions de pesos de 10 171 débiteurs.

Pour conclure, Esteban Lazo a déclaré : « Après deux jours de discussions, d'analyse, d'explications, d’accords et de travaux, nous avons rempli notre programme. Rentrez dans vos provinces avec beaucoup d’énergie et la volonté de travailler avec davantage d’arguments et d’assumer les tâches qui vous reviennent, et que chaque citoyen soit informé des discussions qui ont eu lieu ici. »