ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

DEPUIS 2014, Cuba a consacré des efforts importants à améliorer le taux de croissance de son produit intérieur brut (PIB) qui, ces dernières années, a avoisiné les 2%, soit près de moitié de la moyenne de l’Amérique latine durant cette période.

Selon les analyses internationales, le développement économique exige un taux de croissance soutenu d’au moins 7%.

Faute de ressources financières suffisantes, l’Île a dû miser, entre autres, sur l’attraction de capitaux étrangers.

Consciente de l’importance de la mise à jour du modèle économique pour un développement durable, la Chambre de commerce de la République de Cuba (CCRC) estime à entre 2 et 2,5 milliards de dollars par an les flux d’investissements étrangers pour assurer la prospérité et la durabilité du modèle social et économique socialiste de notre pays.

En dépit du bilan positif de l’année 2016, la Chambre de commerce, considérée comme le fer de lance des entreprises cubaines en matière de relations économiques internationales, mise sur une dynamisation accrue du commerce extérieur et des investissements étrangers dont le pays a besoin pour relancer son économie.

À cet égard, rappelons qu’à la clôture de la 8e période ordinaire de sessions de la 8e législature de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire (Parlement), le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, avait appelé à se débarrasser des fausses craintes envers le capital externe. « Nous n’allons pas et nous n’irons pas vers le capitalisme. Cela est totalement écarté. Notre Constitution est claire en ce sens, mais nous ne devons pas avoir peur des investissements et mettre des entraves à ce que nous pouvons faire dans le cadre des lois en vigueur ».

POUR LA CROISSANCE PERFORMANTE DES AFFAIRES

L’intérêt pour les affaires avec Cuba a continué d’augmenter, notamment après l’entrée en vigueur de la Loi No 18 sur les investissements étrangers.

L’année dernière, les principales attractions du marché cubain ont été le développement des énergies renouvelables, la construction, le transport, la production d’aliments, le tourisme, la relance de l’industrie et la préservation de l’environnement.

Dans le contexte d’un panorama mondial difficile, marqué par les restrictions imposées par le blocus économique des États-Unis et la contraction des marchés des principaux partenaires commerciaux de Cuba, Rodrigo Malmierca Diaz, ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers (Mincex) a évoqué la situation délicate et complexe que traverse l’économie nationale, aggravée par les problèmes conjoncturels dus au manque de disponibilités en devises.

Pour sa part, le président de la CCRC, Orlando Hernandez Guillen, a souligné que l’essentiel aujourd’hui pour cet organisme, qui réunit actuellement 709 entreprises cubaines (six de plus qu’en 2016) est de changer les vieilles mentalités par rapport aux investissements étrangers et de favoriser l’internationalisation des entreprises cubaines.

Selon Malmierca Diaz, il est indispensable d’améliorer la la formation du capital humain et d’avoir une implication encore plus active dans la recherche de nouveaux investisseurs, fournisseurs et destinations d’importations.

Il a appelé à optimiser les ressources disponibles et à étudier chaque opportunité d’affaires, et à tirer un maximum de profit du Portefeuille d’affaires qui compte aujourd’hui 399 projets dont le montant total s’élève à plus de 9 milliards de dollars.

Par ailleurs, il a signalé que « le pays réalise un effort important pour éviter que les retards dans l’exécution des obligations financières associées aux relations commerciales nuisent à la récupération progressive de notre crédibilité à l’étranger ».

Après avoir souligné la nécessité pour Cuba de diversifier ses relations économiques et commerciales, afin de varier ses sources de revenus et ne plus dépendre d’un seul produit ou d’un seul marché, Malmierca Diaz a rappelé le poids qui correspond aux entreprises exportatrices de biens et de services dans cet effort, notamment ceux à haute valeur ajoutée et à contenu technologique.

Précisément, dans le cadre de la mise à jour des Orientations de la politique économique et sociale pour la période 2016-2021, adoptée par le 7e Congrès du Parti communiste cubain au mois d’avril, il a été convenu de la nécessité de prêter la plus grande attention à la sélection et au contrôle des fonctionnaires qui interviennent dans les relations économiques avec l’extérieur et renforcer un comportement éthique en accord avec les principes de la Révolution, ainsi que la formation technique, économique, financière et juridique.

Ce document stratégique souligne également que le processus de planification dans la production de biens et de services se doit de garantir une dynamique de croissance du PIB, et en conséquence de la richesse du pays, qui contribuera à l’amélioration du bien-être de la population, avec équité et justice sociale.

LA DIVERSIFICATION DES RELATIONS COMMERCIALES

L’un des principaux axes de la politique commerciale cubaine est d’encourager, « à condition que cela soit économiquement justifié et que cela s’avère opportun, la création d’entreprises et d’alliances à l’étranger, qui contribuent à un meilleur positionnement des intérêts de Cuba sur les marchés externes », tout en donnant une priorité et une attention spéciale à nos partenaires dans l’Île, afin d’assurer une plus grande stabilité dans l’obtention des revenus.

À cet égard, la directrice générale pour les Investissements étrangers du Mincex, Deborah Rivas Saavedra, a souligné l’importance de créer une vraie vocation exportatrice à tous les échelons, d’appuyer sur des études de marché les décisions les plus importantes et stratégiques, d’harmoniser les méthodes des entreprises consultantes cubaines et de poursuivre l’assouplissement de la participation des entreprises nationales dans le commerce extérieur.

Les données les plus récentes émises par la CCRC indiquent qu’en 2016 des agendas de travail ont été élaborés pour 1 536 entreprises, avec environ 250

visites d’hommes d’affaires en provenance de 67 pays, dont le Japon, la Chine, l’Espagne et le Mexique, certains des pays qui viennent le plus souvent à Cuba.

De même une cinquantaine de forums d’entreprises (le double de 2015) ont été organisés, et de nombreuses missions gouvernementales et institutionnelles ont été accueillies dans l’Île. Parmi ces espaces, soulignons les visites réalisées par les Premiers ministres de la République populaire de Chine et de la province canadienne de Québec ; des présidents du Portugal, du Honduras et d’Autriche, du vice-chancelier allemand et du chef de la diplomatie

iranienne, ainsi que des ministres du Commerce et de l’Industrie d’Antigua-et-Barbuda, de la Barbade, de Curaçao, d’Équateur, d’Italie et de Singapour, et du ministre vietnamien de la Planification et des Investissements.

Plusieurs accords ont également été conclus qui permettront de renforcer la connaissance mutuelle. 24 en tout (14 de plus qu’en 2016), dont 9 avec la Chine, et un Comité d’entreprises a été constitué avec la Corée du Sud. Treize de ces comités ont ainsi été créés à ce jour avec ceux mis en place avec le Mexique, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Italie, la Russie, la Suisse, la Hongrie, le Vietnam, le Panama, l’Ukraine, le Chili et la Chine.

Selon le rapport sur la résolution 70/5 de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulé Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier exercé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba, présentée au mois d’octobre dernier, les pertes infligées par cette politique injuste au commerce extérieur cubain se sont élevées à 4 106 878 558 dollars, soit 255 962 129 dollars de plus que l’année précédente ».

Le document précise que le manque à gagner découlant de l’impossibilité d’exporter des biens et services aux États-Unis ou à des pays tiers constitue le plus gros préjudice dans ce secteur, à savoir 3 149 284 420 dollars.

Cependant, dans le contexte du rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis, tout en reconnaissant le caractère limité des mesures adoptées par l’administration de Barack Obama, Malmierca Diaz a rappelé que Cuba ne discrimine pas les entreprises de ce pays en raison de leur origine et se prononcer pour l’établissement d’affaires mutuellement avantageuses.

UNE NOUVELLE ÈRE AVEC L’UNION EUROPÉENNE

20t ans après l’adoption de la dénommée Position commune de l’Union européenne (UE) vis-à-vis de Cuba, le 12 décembre dernier, La Havane et Bruxelles ont conclu un Accord de dialogue politique et de coopération, auquel les deux parties avaient travaillé pendant près de dix ans. Même si le document devra être ratifié par le Conseil des ministres de l’UE et devra bénéficier de l’accord du Parlement européen, selon le président cubain, cet engagement a prouvé que Cuba est ouverte à la construction d’une nouvelle étape dans ces relations avec l’UE, sur les bases du respect et de la réciprocité.

La Position commune adoptée par ce bloc en 1996 et marquée par l’imposition de sanctions a toujours été considérée par l’Île comme une politique unilatérale d’ingérence et de discrimination. De fait, Cuba était le seul pays d’Amérique latine avec lequel l’UE n’avait pas conclu d’accord bilatéral d’association ou de coopération.

De l’avis du ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez Parrilla, ce nouvel accord avec la Commission européenne est venu jeter les bases d’une coexistence pacifique, civilisée et avantageuse, indépendamment de leurs modèles socio-politiques ou de leurs niveaux de développement.

Selon la vice-ministre du Mincex, Ileana Nuñez Mordoche, l’un des trois points essentiels de ce document figure au chapitre Économique et commercial et vise à faciliter les échanges et la coopération en ce qui concerne le commerce et les investissements entre Cuba et les partenaires de l’UE.

La fonctionnaire a affirmé que cet accord, ainsi que la restructuration de la dette cubaine avec le Club de Paris et l’octroi de facilités financières, contribuent à créer de meilleures conditions pour augmenter la participation de l’Europe aux programmes de développement de Cuba à moyen et long terme.

Rappelons que l’Union européenne est le deuxième partenaire commercial de Cuba, derrière le Venezuela, et le plus important investisseur étranger et la région d’origine d’un tiers des touristes qui fréquentent l’Île. Autrement dit, parmi les dix principaux partenaires de l’Île, trois sont membres de l’Union européenne : l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne.

De 2008 à ce jour, de nombreux projets ont été conclus (20 d’entre eux en cours d’exécution) dans le cadre de la promotion de l’intégration de Cuba à l’économie mondiale pour un montant de 90 milliards d’euros, associés notamment à la culture, à la sécurité alimentaire, au bien-être animal, aux énergies renouvelables, au transport et à la protection patrimoniale et environnementale.