ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L’ouvrière Felicia Ramos Martinez, qui accumule 34 ans d’expérience dans la ligne de production de conserves de fruits au sirop et de légumes, est fière d'avoir réussi à produire plus d'un millier de boÎtes en une seule journée. Photo: Nuria Barbosa Leon

PARMI les produits les plus connus et les plus appréciés des Cubains figurent les jus de fruits et les confitures, les sauces, les assaisonnements et autres conserves fabriquées à l’Unité d’entreprise de base (UEB) La Conchita, située dans la province occidentale de Pinar del Rio et conçue pour obtenir des niveaux de production dépassant les 12 000 tonnes par an.

Fondée en 1937 à l’emplacement de plusieurs maisons situées à l’angle des rues 20 de Mayo et Antonio Rubio, dans le chef-lieu de cette province, la fabrique tient son nom de la mère de ses propriétaires, Concepcion Martinez y Corona, dont le diminutif était Conchita. À l’origine, elle produisait de la pâte de goyave destinée aux goûters des écoliers.

En 1942 elle comptait 150 ouvriers, avec des roulements de jusqu’à 12 heures. La suite sera marquée par l’introduction d’une technologie étrangère plus moderne et l’agrandissement des entrepôts.

Plus tard, la conserverie s’étendra sur plusieurs hectares, sur des terrains situés à environ 7 kilomètres de la ville, le long de la route centrale (situation actuelle) et sera dotée de deux hangars supplémentaires, d’un réservoir de pétrole d’une capacité de 65 000 gallons, d’un réservoir d’essence de 1 400 gallons, d’espaces de bureaux et de services sanitaires.

Les conditions changent radicalement après le triomphe de la Révolution, en 1959. Le 14 octobre 1960, elle cesse d’être une propriété privée et fait l’objet de transformations technologiques, dont l’installation, dans les années 1980, d’un évaporateur thermique pour pâtes de fruits, d’une ligne de production de jus et de nectars en l’an 2000, et, l’année suivante d’une ligne aseptisée de remplissage.

Aujourd’hui, la fabrique propose une vaste gamme de produits destinés à l’industrie touristique, à l’exportation et à la consommation nationale.

Son personnel est composé de 500 travailleurs, dont 325 directement liés à la production. On distingue quatre sites : maintenance et entretien, stockage, bâtiment administratif et atelier automobile. Cette entité possède le statut d’Unité d’entreprise de base, placée sous la juridiction de l’Entreprise national des conserves végétales, appartenant au Groupe d’entreprises de l’industrie alimentaire (GEIA), créé dans le cadre de la réorganisation de l’économie cubaine amorcé il y a quelques années.

La Conchita est spécialisée dans la production de jus de fruit, confitures naturelles et concentrées, conserves de fruits et de légumes, mayonnaises et sauces, conserves de fruits au sirop, purées et concentrés de tomate, et bien d’autres produits. Photo: Nuria Barbosa Leon

Sa directrice, Fara Maria Pérez Hernandez, a expliqué à Granma international que La Conchita est également spécialisée dans la production de confitures, de morceaux de papaye, d’écorces d’orange, de pamplemousse ou de goyave au sirop, de barres de goyave, de tranches de mangue, de nectars et de crèmes de fruits. Parmi d’autres produits elle a mentionné les crèmes et les sauces tomate et les mayonnaises.

Concernant la stratégie de production pour 2017, Fara Maria Pérez, qui est ingénieure de profession, a signalé : « Nous avons entamé le premier semestre avec de bons résultats, et le plan de production de conserves de produits végétaux a été dépassé. Nous avons conçu un plan visant à traiter 14 000 tonnes de tomates, et aujourd’hui nous avons atteint les 50 000 tonnes, ce qui représente une importante proportion du volume de production annuel. Par ailleurs nous disposons de la matière première pour travailler jusqu’à janvier 2018 ».

Pour cette année, ils exécutent des travaux pour l’installation d’une nouvelle station de traitement des eaux résiduelles. Par ailleurs, des travaux de maintenance et d’entretien sont prévus dans les différentes aires. En 2016, deux d’entre elles ont été entièrement remises à neuf, et les deux autres sont en cours de rénovation afin d’améliorer les conditions de travail du personnel.

À noter que La Conchita, qui figure dans le portefeuille d’affaires du ministère cubain du Commerce extérieur, a confectionné une liste de produits issus d’une étude de préfaisabilité et appelés à satisfaire aux besoins ponctuels de clients étrangers.

Par ailleurs, ils souhaitent entrer en négociation avec des investisseurs étrangers pour améliorer les conditions technologiques et la production de l’usine.

Pérez Hernandez a souligné que la principale force de La Conchita réside dans son collectif de travailleurs qui a un sentiment d’appartenance élevé, l’usine ayant su assurer la stabilité d’un personnel compétent et motivé, de nombreux travailleurs ayant plus de dix ans d’ancienneté.

C’est aussi l’avis de l’ouvrière Felicia Ramos Martinez, qui accumule 34 ans d’expérience dans la ligne de production de conserves de fruits au sirop et de légumes.

Elle raconte qu’elle a commencé à travailler à la conserverie dans les années 1980, son mari ayant obtenu un logement dans la commune environnante.

La Conchita est spécialisée dans la production de jus de fruit, confitures naturelles et concentrées, conserves de fruits et de légumes, mayonnaises et sauces, conserves de fruits au sirop, purées et concentrés de tomate, et bien d’autres produits. Photo: Nuria Barbosa Leon

Fela, comme l’appellent ses collègues, ajoute : « J’arrive à l’usine avant six heures du matin pour préparer les conditions de travail et accueillir le personnel. Ensuite, avec l’aide du chef du service, je distribue à chacun les tâches de la journée. Je suis également chargée de distribuer les outils de travail et le matériel de protection. Lorsqu’un travailleur doit s’absenter, c’est à moi de le remplacer afin d’éviter que le rendement ne soit compromis. Le travail s’achève par le nettoyage du lieu de travail et la passation du service à la prochaine équipe », a-t-elle dit.

Fela a acquis une grande dextérité dans l’emballage et l’étiquetage des produits.

« Les ouvriers me suivent parce que je m’investis dans mon travail avec beaucoup d’énergie et de rigueur. Je suis la dirigeante syndicale de mon service, qui compte 170 affiliés, dont 66 retraités. Je suis habituée à mener de pair ces deux activités », a-t-elle indiqué.

Elle dit avoir suivi plusieurs cours de formation qui lui ont permis de renforcer ses compétences, et elle est fière d’être parvenue à produire plus d’un millier de boîtes en une seule journée. Cet exploit lui a valu la médaille Pedro Marrero, décernée par le syndicat du secteur, et elle a même participé à des congrès et des événements nationaux.

Nous nous sommes également entretenus avec la jeune licenciée Yudith Montes Evora, qui au terme de ses études de technicienne fut affectée à La Conchita. Par la suite ses collègues l’ont incitée à suivre une licence en Droit à travers les cours du soir pour travailleurs. Après avoir décroché son diplôme en 2013, elle s’est vue octroyer un poste de spécialiste au service des ressources humaines de l’entreprise.

Elle a expliqué qu’il existe deux formes de recrutement de main-d’œuvre, l’une à travers des avis publics destinés à la communauté et l’autre à travers l’admission de diplômés de niveau moyen et supérieur dans des spécialités afférentes à ce domaine de l’industrie.

Ce personnel devra suivre une période d’entraînement de deux ans dans le cadre d’un programme de formation dans différentes activités productives de l’usine, avant de se voir confier un poste spécifique.

« Il est très important pour tous d’avoir une possibilité de formation professionnelle, notre rémunération étant liée aux résultats productifs. Plus nous produisons, plus nous gagnons. Par ailleurs, des activités et des rencontres sont organisées pour généraliser les expériences techniques, comme les Forums de science et de technique et les rencontres des Brigades techniques juvéniles », a-t-elle affirmé.

Et d’enchaîner : « Ces deux mouvements contribuent à la promotion des savoirs pour apporter des solutions aux différentes situations de travail. Ces propositions sont présentées aux différentes entités qui les partagent avec d’autres établissements similaires ».

L’ouvrier retraité German Rodriguez Lopez, se dit fier d’avoir travaillé pendant plus de 30 ans dans cette conserverie. Il est invité à toutes les activités festives de l’entreprise, il est toujours membre du syndicat et participe à des rencontres scientifiques et aux assemblées, ses opinions étant d’un grand poids en raison de sa longue expérience.

German a expliqué que sa maison a été construite par les ouvriers de La Conchita dans une communauté proche de l’usine, et qu’il est profondément reconnaissant à la direction de la conserverie et à la Révolution. « Nous nous sentons comme une vraie famille », a-t-il conclu.