ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Fidel trouva en Ernesto Che Guevara un compagnon de lutte et d’idées. Photo: Archives

PLUSIEURS générations de Cubains ont grandi marqués par une phrase qui les invite à suivre le modèle d’un homme nouveau pour la nouvelle société : « Pionniers pour le communisme : nous serons comme le Che ».

Sous ce serment se sont formées à ce jour des milliers de médecins internationalistes et d’autres professionnels et ouvriers qui, souvent dans l’anonymat de la routine quotidienne, ou dans les contextes les plus adverses, sur des terres lointaines, sont demeurés fidèles à l’exemple de cette figure mythique de la Révolution cubaine.

De nos jours, être comme le Che est probablement plus difficile que dans les années qui ont suivi sa mort, les circonstances qui génèrent l’exclusion, la pauvreté et le sous-développement étant plus complexes. C’est pourquoi ceux qui comme lui ont ajouté l’altruisme et l’internationalisme à leur condition de combattant révolutionnaire sont les plus précieux.

Le désir de prendre l’exemple du Guérillero héroïque comme paradigme est né quelques jours après sa mort en Bolivie. À cette époque fut organisée à La Havane une veillée solennelle sur la Place de la Révolution José Marti, où Fidel énuméra les principales vertus d’Ernesto Guevara de la Serna : « chef compétent et courageux », « combattant brillant », « médecin brillant », « l’un des plus connus, des plus admirés, des plus aimés, et, sans aucun doute, le plus extraordinaire de nos camarades de la Révolution ».

Vint ensuite la phrase qui deviendrait le slogan des « pionniers », les écoliers cubains : « Si nous devons dire comment nous voulons que soient nos combattants révolutionnaires, nos militants, nos hommes, nous dirons sans aucune hésitation , qu’ils soient comme le Che »

À Cuba, les écoliers commencent leur journée en prêtant le serment : « Pionniers, pour le communisme, nous serons comme le Che ». Photo: Juvenal Balán

Au moment de la mort au combat du guérillero argentin – la nationalité cubaine lui fut accordée le 8 octobre 1967 –, l’Union des pionniers de Cuba (UPC) existait déjà, avant de devenir l’actuelle Organisation des pionniers José Marti.

À partir de 1966, l’UPC revêtit un caractère massif et en 1968 elle adopta le slogan que nous avons maintes fois répété dans les écoles au terme de chaque cérémonie patriotique et d’engagement.

Plus tard, l’organisation non seulement multiplia le nombre de ses membres mais consolida ses structures, créa le Mouvement des pionniers explorateurs, organisa des assemblées de pionniers, des rencontres nationales de chefs de collectifs, ainsi que des congrès des pionniers. Sans se rendre compte qu’ils devenaient comme le Che.

En hommage au souvenir du Guérillero héroïque, des cérémonies sont organisées le 8 octobre où les enfants de la première année scolaire reçoivent le foulard bleu de pionnier des mains de leurs parents.

C’est une cérémonie très émouvante pour les familles et les professeurs, mais elle l’est surtout pour les enfants, qui à partir des 6 ans commencent à suivre l’exemple d’un des hommes les plus admirés et aimés d’Amérique latine.

Pour ceux qui comme nous avons depuis longtemps cessé d’être pionniers, le chemin est tracé depuis le moment même où cet homme intelligent, courageux, engagé et extraordinaire, embrassa la cause des peuples, pour laquelle il donna la vie.