ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Au sous-sol de l’hôpital Hermanos Ameijeiras la zone des ascenseurs a été inondée par la pénétration de la mer. Photo: Nuria Barbosa Leon

IL est plus de 18h en ce 11 septembre et à l'hôpital Hermanos Ameijeiras le calme est différent, le va-et-vient quotidien ne ressemble en rien à celui que connaît d'ordinaire un hôpital. Ici, à quelques mètres du Malecon (front de mer) de La Havane, il n'y a aucun patient en ce moment. L'hôpital, qui a été durement frappé par les vents d'Irma, a été entièrement évacué.

N'allez pas imaginer qu’il n’y a personne à l’accueil. Là, à son poste, une femme répond aimablement à chaque appel téléphonique : elle explique les raisons de la fermeture et demande à ses interlocuteurs de rappeler plus tard, qu’on leur donnera plus d’informations.

Elle sait que j'attends, que nous sommes venus constater comment l'une des principales institutions du système sanitaire du pays fait face aux assauts d'Irma, Elle lève les yeux et, entre deux appels, elle nous confie que depuis 19 ans qu'elle travaille ici elle n'a jamais rien vu de semblable, et encore moins que l’hôpital soit obligé de fermer ses portes. Une chose pareille n’était jamais arrivée…

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Les rapports qui nous parviennent sur les dommages depuis le ministère de la Santé signalent des dégâts dans les services de médecine nucléaire, de radiothérapie, le laboratoire clinique, les services d’imagerie médicale et de chirurgie ambulatoire, car le sous-sol est immergé sous 1,20 mètre d'eau, ce qui empêche le pombage, La pollution a également été vérifiée, dit-on dans les rapports.

« Depuis la création de cet hôpital, l'eau, par pénétration de la mer – qui a provoqué le plus de dégâts, bien plus que les vents – n'avait jamais dépassé 1,2 m. Or, Irma a battu tous les records, Cette fois, nous avons calculé que les inondations ont atteint 1,50m. Il y a encore de l'eau dans le sous-sol et les polycliniques, qui sont pratiquement inaccessibles », signale à Granma le Dr Rigoberto Garcia Gomez, sous-directeur de l'enseignement et de la recherche de l'hôpital.

Dès l'annonce de la phase d'alerte – nous dit-il –  l'hôpital a mis en place son plan de prévention contre les catastrophes pour tenter de sauvegarder en premier lieu la vie  des patients et du personnel de l’établissement, mais aussi de nos ressources matérielles. « Nous avons d'abord rassemblés tous les équipements puis nous les avons surélevés en lieu sûr. Quant aux équipements électriques, du matériel qui ne peut être déplacé à cause de sa taille ou qui est encastré dans le mur, nous l’avons retiré pour éviter qu'ils ne soit endommagé ».

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Les consignes du système national de santé ont été précises : garantir la sécurité pour que les services de santé continuent de fonctionner dans tout le pays, et en même temps préserver les ressources matérielles dans les hôpitaux et les centres de santé.

Les consignes ont été respectées à la lettre, bien qu'Irma ne se soit pas éloignée sans laisser de dommages. Selon une information fournie à notre journal par le ministère de la Santé publique, jusqu'à lundi on rapportait des dégâts dans des centres de santé aux trois niveaux de prise en charge, ainsi que dans des institutions de formation, principalement sur les toitures légères, les faux plafonds, les vitres et les fenêtres, des barrières détruites par des chutes d’arbres, des citernes polluées dans certains centres qui ont été inondés, des coupures électriques et des pertes de toitures imperméabilisées. Évidemment, les travaux de réparation ont commencé immédiatement, de sorte que les services soient interrompus le moins de temps possible.

16 brigades de soutien intégral, comprenant des maçons, des couvreurs, des plombiers, des électriciens, entre autres, ont été constituées dans chaque province pour apporter de l’aide aux institutions du système national de santé. Car, a déclaré le ministre de la Santé et membre du Bureau politique, le Dr Roberto Morales Ojeda, « la prise en charge de qualité et efficace de notre peuple ne saurait s’arrêter ».

il a appelé la population à respecter strictement toutes les mesures hygiéniques et sanitaires.

Dans chaque territoire, les actions à caractère épidémiologique ont été mises en place afin d’éviter l’apparition de maladies infectieuses, ce qui se passe généralement après ce type de phénomènes.

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« Nous avons dû évacuer tous les patients de l’hôpital et les mettre en sécurité », a signalé le Dr Garcia Gomez, car en dépit de toutes les mesures prises, les eaux de la citerne ont été polluées par les eaux saumâtres.

« Nous avons garanti la continuité absolue des soins médicaux de ces personnes. La citerne est en processus de désinfection, et nous devrions disposer d’eau potable très rapidement », a-t-il ajouté.

 « Nous sommes en phase de récupérer la vitalité de l’institution. Nous nous sommes engagés à faire en sorte que le plus tôt possible l’hôpital Hermanos Ameijeiras soit de nouveau à disposition de tous les Cubains, pas avec les conditions qu’il avait auparavant, mais avec de bien meilleures qu’avant d’avoir subi les assauts de l’ouragan », a affirmé le sous-directeur.

Il sait que la tâche ne sera pas facile. Tous les travailleurs le savent, mais ce mardi ils seront présents dans cet hôpital, dont ils prennent soin et qui leur tient à cœur, afin de démarrer le processus d’hygiénisation, de nettoyage et de récupération de la vitalité de l’institution, dès que les conditions de sécurité seront garanties.

Il ne saurait y avoir de repos, jusqu’à que l’hôpital Ameijeiras retrouve sa santé.