ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Estudio Revolución

Le président du Conseil de Défense nationale, le général d’armée Raul Castro Ruz, a conduit, dans la soirée du 13 septembre, une réunion de dirigeants du Parti, de l’État et du gouvernement pour évaluer les dommages provoqués par l’ouragan Irma et définir les actions à mettre en place pendant la phase de relèvement.

Raul a reconnu le travail ardu déployé dans les endroits touchés par le redoutable phénomène météorologique, qui a frappé pratiquement toute l’Île. « On a travaillé très dur et, s’il y a quelque chose de bon à tirer de cette difficile conjoncture, c’est l’expérience pour mieux nous préparer », a-t-il dit.

Il a mis en garde contre l’actuelle saison cyclonique, qui s’étendra jusqu’au 30 novembre, « qui a été qualifiée d’intense et apparaît comme une conséquence évidente du changement climatique, auquel nous devons nous adapter ».

Le général d’armée a appelé à continuer à travailler sans relâche, à affronter les problèmes avec sérénité et à maintenir le peuple informé par tous les moyens possibles de la situation du pays.

Il est ressorti de la réunion que la trajectoire de cet ouragan sur plusieurs provinces a obligé à évacuer 1 738 000 personnes, dont 86% ayant été hébergées chez des proches et des amis. Le chef de l’État-major de la Défense civile, le général de division (r) Ramon Pardo Guerra, a signalé que plus de 26 000 d’entre elles se trouvent encore dans des centres d’évacuation.  

Il a précisé l’Office national des statistiques et de l’information procède à une évaluation des dommages et que les chiffres préliminaires seront annoncés dans les prochains jours.

Alfredo Lopez Valdés, ministre de l’Énergie et des Mines, a déclaré quant à lui que l’impact le plus fort et le plus difficile à maîtriser s’est produit à la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, de Matanzas, dont l’unité de pompage d’eau de mer, essentielle pour le système de refroidissement, a été détruite par les vagues.

Un personnel hautement qualifié a été dépêché sur place pour réparer les dommages afin que cette unité soit opérationnelle dans les prochains jours.

En outre, 15 lignes de transmission ont subi des avaries et plus de 3 600 poteaux électriques et 2 039 kilomètres de lignes ont été endommagés. Le personnel travaille jour et nuit afin de rétablir le service, a assuré le ministre, qui a précisé que c’est la première fois que le système électro-énergétique cesse de fonctionner dans l’ensemble du pays.

Environ 90 puits de pétrole situés dans le littoral nord de l’ouest et du centre de l’Île ont également été endommagés par les fortes vagues créées par l’ouragan.

Lopez Valdés a fait l’éloge du travail déployé par les brigades mixtes qui, sur les instructions du général d’armée, ont été constituées dans les territoires affectés et participent aux opérations de déblaiement, d’élagage et de dégagement des axes de communication.

Il a indiqué que les plus gros efforts pour rétablir le service d’électricité sont entrepris dans les provinces de Villa Clara et Ciego de Avila, en raison de la complexité des dommages.

Pour sa part, le ministère de la Construction s’est joint aux efforts de relèvement avec plus de 20 400 constructeurs et 855 engins lourds et véhicules qui participent aux activités de réhabilitation et de reconstruction : réparation des routes et des ponts, des logements et des ouvrages sociaux endommagés, ramassage des gravats, nettoyage des bouches d’égout obstruées, etc.

Le ministre, René Mesa Villafaña, a fait état de dégâts particulièrement importants aux logements, notamment au niveau des toitures.

Bien que le point de l’ampleur exacte des dommages reste encore incomplet, les efforts sont concentrées sur les activités d’aide aux sinistrés. Pour ce faire, les cimenteries et la fabrique de tuiles en asbeste ciment tournent actuellement à pleine capacité. La tuilerie de Camagüey devrait se joindre prochainement à cet effort.

Dans l’agriculture, les principales pertes ont été essuyées dans le secteur avicole, où des dizaines hangars destinés à la production d’œufs ont eu leurs toitures arrachées. Julio A. Garcia Pérez, Premier vice-ministre de l’Agriculture, a expliqué que les usines d’aliments pour animaux, les bananeraies, les cultures de maïs et les cultures fruitières ont également souffert des effets du cyclone.

On assiste à l’heure actuelle à une intensification de la relance des cultures variées, pour lesquelles il existe une disponibilité de graines, de semences, d’engrais et de pesticides.

À cet égard, José Ramon Machado Ventura, vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, a estimé qu’en dépit des dommages et des pertes enregistrés, l’agriculture est plus à même d’encaisser ce coup dur que par le passé.

Le ministre de la Santé publique, Roberto Morales Ojeda, a affirmé quant à lui que le système de santé a gardé sa vitalité durant le passage de l’ouragan, et qu’à ce jour aucune flambée de maladies transmissibles n’a été signalée dans les centres d’évacuation, ni dans aucune province.

Pour ce qui est des coopérants en mission dans les pays de la Caraïbe frappés par le cyclone, le ministre a signalé qu’ils sont tous en bonne santé et participent aux activités de relèvement de ces îles.

Il a annoncé que 516 unités de santé ont été endommagées et que tout est mis en œuvre pour rétablir leurs services au plus vite. Morales Ojeda a ajouté qu’à l’heure actuelle, la priorité est donnée à l’assainissement et au contrôle des vecteurs, et que les autorités disposent de toutes les ressources pour accomplir cette mission.

Concernant les dommages infligés au tourisme, le ministre Manuel Marrero Cruz a précisé qu’au moment où Irma a frappé l’Île, le pays comptait plus de 51 000 vacanciers, dont 45 000 hébergés dans des installations du littoral nord, et qu’environ 10 000 ont dû être évacués, rien que dans les îlots Santa Maria, Cayo Coco et Cayo Guillermo.

Le ministre a indiqué qu’il est actuellement procédé à la réparation des infrastructures endommagées, qui seront prêtes pour la saison haute, qui démarre dans la première quinzaine de novembre.

Au terme de la réunion, le président du Conseil de Défense nationale a réaffirmé la nécessité d’affronter les problèmes avec intelligence et en puisant dans les meilleures expériences mises en pratique dans des situations similaires, surtout au niveau local. À cet égard, il a rappelé le travail réalisé à Santiago de Cuba et Guantanamo à la suite des ouragans Sandy en 2012, et Matthew 2016.

« À présent, le coup a été très rude et s’est étendu à presque tout le pays. Mais grâce au travail ardu déployé actuellement, nous nous en sortirons une nouvelle fois  », a-t-il conclu.