ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

Les annonces de Washington ont suscité une vague de rejet dans de vastes secteurs de la société étasunienne qui, selon tous les sondages, est favorable à un rapprochement entre les deux pays.

Le Conseil national du Commerce extérieur des États-Unis (NFTC, pour son sigle en anglais) a qualifié de contre-productives les restrictions de l'administration Trump.

Le vice-président du NFTC, Jake Colvin, a déclaré dans un communiqué que le fait d’interdire aux entreprises de son pays de s’installer dans la zone de développement spécial de Mariel empêche les Étasuniens de prendre part à une activité économique potentiellement avantageuse pour les travailleurs et le peuple cubain.

« Quiconque connaît le fonctionnement de l'économie cubaine sait que ces réglementations supplémentaires pour les entreprises étasuniennes ne feront qu'aggraver la difficulté de faire des affaires avec Cuba », a déclaré James Williams, président de la coalition Engage Cuba, qui fait pression à Washington en faveur de la levée du blocus.

« Les nouvelles sanctions pourraient coûter des milliards de dollars à l'économie étasunienne et compromettre des milliers d'emplois », a ajouté Williams.

Des législateurs étasuniens des deux partis se sont pour leur part prononcés contre ces mesures.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a écrit sur son compte twitter qu’ « isoler le peuple cubain ne servait pas les intérêts des États-Unis auparavant, et que cela ne le fera certainement pas aujourd’hui ».

« L'hypocrisie des idéologues de la Maison-Blanche est évidente », a déclaré dans un communiqué le sénateur pour le Vermont, Patrick Leahy.

Et d’ajouter que Cuba ne représente pas la moindre menace pour les États-Unis et il a utilisé les adjectifs « onéreuses » et « mesquines » pour qualifier les réglementations, selon l’agence Prensa Latina.

« Ces nouvelles réglementations, qui découragent les Étasuniens de voyager à Cuba, vont nuire aux jeunes entrepreneurs et au peuple cubain », a-t-il conclu.

Quant au député républicain Mark Sanford (Caroline du Sud), il a estimé que l'interdiction de voyager à Cuba, datant du plus fort de la Guerre froide, est obsolète et constitue une restriction injuste de la liberté des Étasuniens.

Le New York Times a cité Daniel P. Erikson, conseiller de la Maison-Blanche durant le mandat de Barack Obama, qui a souligné la confusion qui résultera de la mise en œuvre de ces changements pour les voyageurs étasuniens, en raison de la difficulté de savoir quel type de transactions sont interdites.

« Trump ne limitera pas le type d'armes d'assaut que les Étasuniens peuvent acheter, mais il leur dira le genre de soda qu'ils peuvent acheter à Cuba », a écrit sur son compte twitter Ben Rhodes, un conseiller d'Obama et l'un des architectes du changement de sa politique à l’égard de Cuba.

Certains avaient des raisons très différentes de critiquer les annonces de l'administration Trump : les législateurs d’origine cubaine qui ont construit toute leur carrière politique en s’opposant à tout rapprochement entre les deux pays.

Ileana Ros-Lehtinen a déclaré que les mesures étaient « un pas en avant », mais qu’elles laissaient « beaucoup à désirer ».

Quant à Marco Rubio, qui fait pression sur le gouvernement actuel pour qu'il modifie sa politique à l'égard de Cuba, il a critiqué les fonctionnaires du Département d'État pour avoir refusé de mettre en œuvre complètement la volonté exprimée par le président dans la directive de juin.

La position des législateurs anticubains est en contradiction avec la tendance croissante, y compris au sein de l'électorat de Floride, à soutenir le rapprochement entre les deux pays.

Par ailleurs, les mesures de Washington interviennent une semaine seulement après que 191 des 193 pays de l'ONU ont condamné le blocus exercé par les États-Unis contre notre pays depuis plus d'un demi-siècle.

(Écrit avec la collaboration de José Manuel Lapeira et Carlos Caparros, étudiants de journalisme)