ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Ismael Batista

DES vivats ont été scandés dans une ambiance enthousiaste à Fidel, à la Révolution cubaine, à Porto Rico libre et indépendant, à la solidarité et à l’amitié au siège de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP), à La Havane, qui a accueilli avec joie le combattant indépendantiste portoricain Oscar Lopez Rivera, pour sa première visite à Cuba.

Dans son allocution, le Héros de la République de Cuba et vice-président de l’ICAP, Fernando Gonzalez Llort, a signalé que parler d’Oscar, c’est parler d’un ami et d’un patriote, d’un homme intègre qui a purgé injustement près de 36 ans dans des prisons des États-Unis, douze d’entre eux dans des conditions d’isolement.

Son œuvre et son exemple l’ont hissé aux plus hauts sommets de l’histoire de Porto Rico et de la résistance de nos peuples à la domination impériale, a-t-il ajouté.

Pour sa part, visiblement ému, le patriote portoricain a signalé que le fait d’être à Cuba est un rêve qui s’est réalisé, un rêve d’amour pour ce pays, pour ce peuple, pour une Révolution, pour un homme (Fidel) qui fut un exemple de ce qu’est la résistance et la lutte, un homme dont tout être humain épris de juste doit se souvenir.

« Je me sens plein d’amour et de gratitude pour tout ce que peuple cubain a fait pour notre patrie et pour tous les êtres du monde qui méritent le meilleur, qui méritent la justice, l’amour et la dignité », a-t-il ajouté.

Lors de la cérémonie, Lopez Rivera s’est vu attribuer la reconnaissance de l’Utilité de la Vertu, la plus haute distinction décernée par la Société culturelle José Marti aux personnalités et institutions s’étant illustrées dans la lutte pour la défense de Notre Amérique.

Il a également reçu un uniforme de l’équipe cubaine de baseball au nom du Comité olympique cubain, ainsi qu’une collection de livres des mains de Fernando Gonzalez.

La cérémonie s’est déroulée en présence de Teresa Amarelle Boué, membre du Bureau politique et Secrétaire générale du Comité national de la Fédération des femmes cubaines, et de José Ramon Balaguer Cabrera, membre du Secrétariat du Comité central et chef du Département des relations internationales du Comité central du Parti.

Ana Maria Mari Machado, vice-présidente de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, Edwin Gonzalez, délégué de la mission de Porto Rico à Cuba, des représentants d’organismes et institutions cubaines, des Portoricains résidant et en visite à Cuba, ainsi que des représentants du Comité international Paix, Justice et Dignité des peuples, entre autres étaient également présents.

LE PEUPLE CUBAIN NOUS A DONNÉ UN EXEMPLE DE DIGNITÉ, DE LUTTE ET DE RÉSISTANCE

Oscar Lopez Rivera a l’air si heureux ! C’est un homme simple, de petite taille. Mais ne dit-on pas que la grandeur se mesure de la tête au ciel ? Lopez Rivera est définitivement un grand homme.

Il parle lentement, comme pour dissimuler l’émotion. Mais il ne peut pas. Celle-ci est trop forte. Oscar est heureux à La Havane. Il parle d’amour, de solidarité, d’indépendance, de lutte, de justice.

Le siège de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP) lui a ouvert ses portes. Il y a longtemps qu’on l’y attendait, dans une institution qui a aussi beaucoup fait pour sa libération.

« Jamais je n’aurais pensé que ce jour pourrait finalement arriver. Aujourd’hui nous vivons un moment qui prouve que ce que l’on peut faire dans ce monde lorsqu’il y a de l’amour, lorsque l’on respecte l’autre, lorsque nous voyons vraiment qu’il faut pousser vers la création d’un monde meilleur et plus juste », indique-t-il avec fermeté et des paroles reconnaissantes.

Il parle de Cuba et de l’exemple de la Révolution, de l’exemple d’un peuple qui se lève, qui se refuse à accepter l’ingérence du puissant, qui se sent peut-être tout-puissant. Il parle de l’espoir que ce peuple représente pour tous, de l’espoir qu’un monde plus juste est possible, « où tout être humain puisse jouir de sa Patrie ».

Nous sommes Portoricains, jamais nous n’avons goûté à la liberté en tant que peuple, en tant que nation. Cependant, nous avons lutté pour nous débarrasser de la colonisation, parce que nous nous sentons partie intégrante de cette communauté de nations, nous croyons possible qu’une petite nation puisse se transformer en une nation forte, respectée par le plus puissant, par un gouvernement qui ne veut rien avoir à faire avec la justice, avec la liberté ou l’indépendance, et qui veut tout contrôler, ajoute-t-il.

« Si nous regardons bien Donald Trump et son gouvernement aujourd’hui, nous voyons un gouvernement raciste attiré uniquement par le contrôle et la concentration du capital. Jamais nous ne pourrons nous soumettre à ce type de gouvernement », a-t-il affirmé.

Il parle de sa belle Île avec tristesse. « Nous, à Porto Rico, nous souffrons du colonialisme. Il n’y a pas plus déshumanisant pour l’être humain que le colonialisme, qu’on l’empêche d’exercer sa libre autodétermination, qu’on l’empêche d’être libre et souverain.

 

« Aujourd’hui plus que jamais, Porto Rico a besoin du soutien du monde entier. Nous avons besoin de doter notre pays de son potentiel d’exister, et nous avons besoin du soutien de toutes les personnes éprises de justice et de liberté », a-t-il ajouté.

Le peuple cubain nous a donné un exemple de dignité, de lutte et de résistance, et Porto Rico a grandement bénéficié de tout ce qu’a fait le peuple cubain, qui s’est érigé comme le plus grand défenseur de l’indépendance de Porto Rico.

Et de parler de l’unité, de la nécessité de nous unir et de parler d’une seule voix, dans un seul objectif.

« Je ne m’attendais pas à autant d’amour et de solidarité, je ne m’attendais pas à voir les beaux visages et les cœurs forts que j’ai rencontrés à Cuba. J’aimerais que vous puissiez ressentir tout la gratitude que le Portoricain que je suis porte dans son cœur », a-t-il dit sous une salve d’applaudissements.

Pour sa part, Fernando, l’ami, le compagnon des moments difficiles d’incarcération, rappelle ce qu’il ne faut pas oublier : Oscar a été incarcéré pendant une durée plus longue que n’importe quel autre prisonnier politique de l’histoire de Porto Rico. La campagne en faveur de sa libération a débordé les frontières de Porto Rico et des États-Unis et a mobilisé les gens de bonne volonté de toute la planète.

« Notre gouvernement révolutionnaire, sous la conduite clairvoyante de Fidel et de Raul, a donné à cette bataille la priorité qu’elle méritait, conscients que lutter pour sa liberté, c’était aussi lutter pour l’indépendance de sa patrie et pour la liberté des opprimés du monde », a signalé le Héros de la République de Cuba.

Il a évoqué tous ceux qui se sont mobilisés pour cette cause, ainsi que la joie immense qu’il a éprouvée avec le retour d’Oscar Lopez à Porto Rico, sa terre bien-aimée.

« Nous avons parmi nous un homme modeste, un exemple de résistance et de dignité, et ce n’est pas un simple compliment », a souligné Fernando.

Il a également évoqué la lettre envoyée par les Cinq pour les 31 ans de son incarcération, où ils lui disaient que son esprit irréductible était la vraie raison de son châtiment.

« Nous livrons nous aussi un combat constant dans cette Île », lui a signalé Fernando, avant de parler de la réalité que nous vivons aujourd’hui, marquée par le durcissement des mesures exercées contre Cuba décrété par l’actuel président des États-Unis, et qui impliquent de nouveaux défis pour les Cubains.

Le président de l’ICAP a ensuite lancé un appel à l’unité, à l’intégration et à la solidarité entre nos peuples, réitérant l’engagement des Cuba à poursuivre le projet révolutionnaire et social de son choix. Il a également condamné le blocus injuste imposé à notre peuple, et exigé la restitution du territoire illégalement occupé par les États-Unis à Guantanamo.

Il a ratifié le soutien de Cuba à la cause de Porto Rico et la disposition de notre pays à envoyer de l’aide solidaire à cette Île sœur récemment frappée par deux événements climatologiques qui ont provoqué de graves pertes humaines et matérielles.

« Les États-Unis ont fait la sourde oreille à cette lamentable tragédie, organisant une visite ridicule et irrespectueuse, en minimisant les faits et leur responsabilité et leur obligation officielles d’assister cette Île en sa qualité d’État de la mal nommée Union des États américains », a affirmé Fernando Gonzalez Llort.

« Nous sommes heureux de t’accueillir à Cuba. Tu es dans un pays d’hommes et de femmes révolutionnaires qui aiment et défendent les causes justes. Ton exemple transforme en réalité les rêves des éternels patriotes indépendantistes portoricain, qui comme toi ont consacrés leur vie à la liberté de ta terre », a conclu Fernando.

L’ORDRE DE LA SOLIDARITÉ

L’Ordre de la Solidarité a été décerné à Oscar Lopez Rivera par Mercedes Lopez Acea, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste de Cuba et vice-présidente du Conseil d’État, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Mémorial José Marti, sur la Place de la Révolution de La Havane.

Dans ses paroles de remerciements, l’indépendantiste portoricain a tenu à exprimer sa profonde reconnaissance au leader de la Révolution cubaine Fidel Castro, au président Raul Castro et au peuple cubain.

« La solidarité de tant d’être humains épris de justice et de liberté m’ont été d’un grand réconfort pendant toutes mes années d’incarcération. Le peuple cubain se distingue par sa solidarité, une solidarité exceptionnelle, d’amour qui plus que toute autre chose naît d’un processus révolutionnaire qui commence par la lutte pour l’indépendance et a son point culminant dans le triomphe de la Révolution », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les gouvernements prônent les guerres, sans arriver à comprendre qu’il vaut mieux vivre en paix que piller les plus vulnérables », a indiqué le patriote portoricain.

Faisant référence aux États-Unis, il a rappelé que ce pays s’est approprié Porto Rico et depuis 1898 il n’a fait qu’apporter des souffrances, des persécutions et des destructions dans son Île.

« La haine et la peur demeurent encore aujourd’hui les principales armes du gouvernement étasunien. J’espère que nous pourrons obtenir un monde meilleur et plus juste, que nous pourrons surmonter la haine et la peur de vivre sur cette planète par l’amour. J’espère que l’exemple que nous a donné Cuba se poursuivra », a-t-il ajouté.

Dans ses paroles d’hommage, Fernando Gonzalez Llort, Héros de la République de Cuba et président de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples a parlé de l’ami, du patriote portoricain comme d’un homme courageux, simple, cultivé et doté d’une grande sensibilité artistique, d’un père et d’un grand-père très aimant et d’un homme intègre et dévoué à son pays et à son peuple.

Cuba a reçu le soutien généreux et l’amitié désintéressée de centaines de milliers de personnes de bonne volonté du monde. Il nous incombe en cette matinée de reconnaître l’intégrité, le courage implicite dans la résistance prouvée pendant toutes les années d’incarcération de notre ami Oscar Lopez Rivera.

Il a rappelé que Lopez Rivera fut arrêté le 29 mai 1981, accusé de conspiration séditieuse, un crime imputé aux militants indépendantistes portoricains ayant combattu le colonialisme. Ceci pour tenter de criminaliser la défense du droit à l’autodétermination du peuple de Porto Rico, a-t-il indiqué.

Il existe des raisons solides pour lui attribuer l’Ordre de la Solidarité – institué par le Conseil d’État – comme une juste reconnaissance de sa lutte et de sa conduite observée pendant près de 36 ans pour le seul crime d’avoir lutté pour l’indépendance de son pays, a affirmé Gonzalez Llort.

José Ramon Balaguer, membre du Secrétariat du Comité central du PCC et chef du Département des Relations internationales, et Gerardo Hernandez Nordelo, Héros de la République de Cuba, étaient également présents.

Quelques instants avant la cérémonie, Lopez Rivera a déposé une gerbe au pied du monument au Héros national José Marti.

Photo: Ismael Batista