ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le peuple de Camagüey a fait honneur à la fermeté d’Ignacio Agramonte et à la combativité de Camilo Cienfuegos. Photo : Tireé du journal Adelante

CAMAGÜEY.— Il y a belle lurette que personne ne parvient à prendre les devants sur le vieux Armando quand il s'agit d'être parmi les premiers à arriver sur la place pour célébrer, comme n'importe quel autre Cubain, la Journée internationale des travailleurs.

C'est ce qu’il s’est proposé, il y a tout juste 59 ans, lorsqu’il a assisté à la première célébration de la fête du prolétariat sur le sol de Camagüey, après le triomphe de la Révolution, qui fut présidée par nul autre que le légendaire commandant Camilo Cienfuegos.

Ce jour-là, Armando accompagna ses parents à l’occasion d’une marche imposante à travers les principales artères de la ville, jusqu'au Casino Campestre, où quelque 50 000 personnes s’étaient rassemblées pour écouter le Seigneur de l'Avant-garde.

Quatre mois à peine s'étaient écoulés depuis la victoire populaire, et le fait d'avoir à quelques mètres de lui l'un de ses héros les plus emblématiques et les plus charismatiques constitua un moment d'émotion très intense pour le jeune homme de moins de 17 ans qu’il était à l’époque.

La personnalité du chef rebelle l'impressionna autant que son discours clair et direct : « Nous devons employer tout notre temps à nous unir, à soutenir la Révolution, à soutenir les mesures révolutionnaires que notre gouvernement adopte chaque jour.... »

Depuis lors, la veille au soir de chaque 1er Mai, il règle sa montre de poche, la même qui l'accompagnait toujours dans ses voyages ferroviaires, pour attendre le lever du soleil près de la place et être l'un des premiers à défiler.

Ensuite, comme si par enchantement ses maux d’octogénaires avaient disparu, il reste à regarder le reste de la marche « en continu et en direct », un moment dont il profite pour admirer les blocs colorés et saluer ses amis.

Parmi eux, Remigio, un vacher expérimenté d'une coopérative agricole, qui se voit confier chaque année la mission convoitée, avec d'autres fermiers, de fermer le défilé sur leurs chevaux fougueux, tels des émules de la célèbre cavalerie d’Ignacio Agramonte.