ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L'État cubain garantit à tous les Cubains la responsabilité consacrée dans notre Constitution sur la protection de la Sécurité sociale, affirme Haydée Franco Leal, sous-directrice générale de l'Institut national de la Sécurité sociale. Photo: Yaimí Ravelo

IL n'avait jamais pensé qu'une maladie soudaine le priverait de sa femme et mère de ses enfants. Après presque 45 ans de mariage, le veuvage fut le choc le plus dur de sa vie, après qu'un accident de travail l'ait rendu invalide.

Elle avait prévu quelque chose, mais en fait, à la retraite ce fut différent. Elle ne s’habituait pas à passer autant de temps « à ne rien faire » et elle avait encore besoin d’effectuer des réparations importantes chez elle, si bien qu’elle décida de recommencer à travailler.

Les institutions chargées de s'occuper des enfants sans protection familiale mettent tout en œuvre pour leur offrir une enfance heureuse. Cela aurait pu être pire, car il fut le seul survivant de la tragédie dans laquelle ses parents trouvèrent la mort. Aujourd'hui, il est majeur et veut aller à l'université.

Jusqu'à il y a neuf ans, ces histoires, au-delà du drame humain, avaient une fin qui, bien qu'elle ne soit pas celle de l'abandon et du désespoir, n’avaient pas toute l'étendue de la protection que l'État cubain offre à l’heure actuelle à ceux qui sont confrontés à de telles situations.

La Loi N°105 sur la Sécurité sociale, en vigueur depuis janvier 2009, reconnaît le droit du veuf, âgé de 65 ans ou plus ou frappé d'incapacité de travailler et qui était à la charge de sa conjointe, de cumuler sa pension avec celle de la défunte.

La législation permet également aux retraités de recommencer à travailler et de cumuler leur pension et leur salaire, à condition qu'ils occupent un poste différent de celui qu'ils occupaient au moment de la retraite

Par ailleurs, elle étend le droit à la protection à travers une pension aux orphelins de deux parents, âgés de 17 ans ou plus, qui font des études supérieures ou techniques professionnelles, dans le cadre des cours de jour jusqu'à la fin de leurs études.

Haydee Franco Leal, sous-directrice générale de l'Institut national de la Sécurité sociale, nous livre ses impressions sur ce sujet : Le système de Sécurité sociale a été harmonisé de telle sorte qu’il permet de protéger l'ensemble de la population à travers ses différents régimes.

« Conformément à la Loi 105, et toutes les lois qui la complètent, l'État cubain garantit cette responsabilité, inscrite dans notre Constitution, sur la protection de la Sécurité sociale pour tous les Cubains. »

UNE LOI EN CONSTANTE AMÉLIORATION

Peu avant la fin de la première décennie du 21e siècle, le pays a été contraint de modifier la Loi sur la Sécurité sociale. La précédente, datant de 1980, avait apporté des contributions notables visant à assurer la protection de l'ensemble de la population, mais elle ne couvrait pas les complexités d'une société au vieillissement accéléré.

Lorsque le projet de Loi a été présenté à l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire (décembre 2008), le ministre du Travail et de la Sécurité sociale de l'époque, Alfredo Morales Cartaya, avait déclaré : « Aujourd'hui, les femmes cubaines qui ont 60 ans vivent en moyenne 23,4 ans de plus et les hommes 20,8 ans, ce qui fait de Cuba l'un des pays où l'espérance de vie gériatrique est la plus élevée pour les deux sexes et, par conséquent, l'un des pays où les retraités bénéficient le plus longtemps de leur pension. »

À ce critère s'ajoutent les évaluations de l'actuelle sous-directrice générale de l'Institut national de la Sécurité sociale : « Les personnes qui atteignent l'âge de travailler sont moins nombreuses, alors qu’un plus grand nombre rejoignent les rangs des retraités, ce qui, nécessairement, a déterminé la modification de la Loi. »

Et d’ajouter : « Dans ce nouveau scénario, il était nécessaire de perfectionner le système de Sécurité sociale et d'introduire certains changements : relèvement de l'âge de la retraite, extension des cotisations de Sécurité sociale pour les travailleurs et création de nouveaux régimes spéciaux de Sécurité sociale. »

La législation actuelle fixe l'âge de la retraite à 60 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes. Elle établit également d'autres prestations telles que le droit à une pension d'invalidité totale ou partielle pour les travailleurs, la possibilité de recevoir plus d'une pension à laquelle on a droit et, dans le cas des retraités qui auraient repris le travail, le droit de percevoir l'allocation correspondante lorsqu'ils tombent malades ou sont blessés.

UN SYSTÈME ÉQUITABLE ET DURABLE

Le système cubain de Sécurité sociale offre, gratuitement, des prestations en services et en nature aux personnes qui sont dans l'incapacité de travailler, qui n'ont pas de parents pour les aider ou qui sont sans ressources.

Les prestations en services comprennent les soins médicaux et dentaires, la réadaptation physique, psychologique et professionnelle, mais aussi les médicaments et la nourriture pendant l'hospitalisation du patient, les médicaments pour les femmes enceintes, les appareils orthopédiques et les prothèses.

Ce système prévoit également des prestations en espèces : pension selon l’âge et l'invalidité (totale ou partielle), allocation de maladie ou d'accident, pension pour décès du travailleur, allocation de maternité et pension d'assistance sociale.

De même que le modèle économique, le système de Sécurité sociale cubain est en cours d'amélioration.

« Toutes les mesures prises dans cette direction viseront toujours la durabilité de notre système. La volonté politique de notre État et de notre gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver notre système de Sécurité sociale prévaudra toujours », conclut Franco Leal.

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Autres données

Le Système de Sécurité sociale à Cuba

Jusqu’en 1959

-         52 institutions de Sécurité sociale (caisses de retraite)

-         Couverture incomplète

-         Prestations insuffisantes

-         Inégalité entre les différents régimes

Après le triomphe de la Révolution

-         L'État assume la responsabilité de la Sécurité sociale.

-         Création du premier système global de Sécurité sociale selon les principes :

Solidarité : La contribution qui provient du travail de ceux qui génèrent de la richesse est la source de financement pour ceux qui prennent leur retraite.

Universalité : La couverture de la Sécurité sociale concerne la protection de tous les citoyens du pays.

Intégralité : la protection du travailleur couvre tous les risques (maladie ou accident d'origine professionnelle, invalidité, vieillesse, maternité et décès).

Intégralité : Le montant de la pension dépend des revenus durant le temps de service des travailleurs.

Antécédents de la Sécurité sociale à Cuba

1913 : Loi sur la retraite des militaires.

1915 : Régime de protection des employés des communications.

1916 : Loi sur les accidents du travail.

1917 : Régime de protection des employés de la justice.

1919 : Régime de protection des fonctionnaires et des enseignants.

1920 : Régime de protection de la police nationale.

Les lois sur la Sécurité sociale adoptées par la Révolution

-         Loi N° 1 100 (mai 1963) : couverture de tous les salariés et plus de 250 000 ouvriers agricoles.        

-         Loi N° 24 sur la Sécurité sociale (janvier 1980) : intégration dans une seule entité juridique les dispositions relatives au régime général de Sécurité sociale et au régime d'assistance sociale.

-         Loi N° 105 (janvier 2009) : Protection de tous les travailleurs du secteur public (régime général), y compris les régimes spéciaux de Sécurité sociale et d'assistance sociale (protection des personnes âgées et des personnes dans l’incapacité de travailler).