ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
La Secrétaire exécutive de la Cepal, Alicia Barcena, lors de son discours le 8 mai 2018. Photo: Studios Revolution

(Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

PAR où commencer ? J’ai le cœur qui bat. J'ai été profondément émue par la prestation du groupe La Colmenita ; en fait, ce bel hommage qu'ils ont rendu à la CEPAL est quelque chose d'historique.

Votre Excellence Miguel Diaz-Canel, président du Conseil d'État et du Conseil des ministres de la République de Cuba ;

Cher Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres ;

Cher Francisco Guzman Ortiz, chef du Bureau du Président des États-Unis du Mexique ;

Je tiens à saluer avec beaucoup de plaisir et d'affection les membres du Conseil des ministres de Cuba, et tout particulièrement Ricardo Cabrisas, Bruno Rodriguez et Rodrigo Malmierca, sans qui cet événement n'aurait pas pu avoir lieu à Cuba, ainsi que toutes vos équipes, bien entendu,

Chères autorités nationales,

Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique,

Chère Consuelo Vidal, Coordinatrice résidente des Nations Unies à Cuba,

Chère ambassadrice Anayansi Rodriguez,

Représentants des organismes internationaux,

Chers collègues du système des Nations Unies et de la Cepal,

Chers collègues de la société civile,

Et je tiens à saluer avec une affection particulière nos chers anciens secrétaires exécutifs de la Cepal qui sont parmi nous aujourd'hui : Enrique Iglesias, Gert Rosenthal, José Antonio Ocampo et José Luis Machinea (applaudissements). Merci beaucoup d'être ici.

Chers amies et amis,

Tout d'abord, je voudrais vous exprimer, Monsieur le Président Miguel Diaz-Canel, ma profonde gratitude, car nous avons été reçus avec une hospitalité si touchante, et la vérité est que la coopération avec laquelle Cuba, son gouvernement et son peuple ont accueilli cette 37e Période de sessions de la Cepal, et la commémoration du 70e anniversaire de notre institution est une expérience historique.

Nous sommes honorés d'être à Cuba, avec ce peuple noble qui a façonné un destin propre et original, et je voudrais dire, en paraphrasant le poète : « Un long lézard vert, aux yeux de pierre et d'eau » nous a ouvert son cœur – cela, le poète ne l’a pas dit –. Cela nous le disons, nous les gens de la Cepal, il nous a ouvert son cœur, il nous a transmis son enthousiasme, et nous avons pu voir avec étonnement et affection et avec quelle fierté « Cuba navigue sur sa carte » (Applaudissements).

Votre présence est un engagement pour nous, monsieur le Président, dans la mesure où nous sommes conscients des énormes responsabilités qui vous ont été confiées tout récemment par l'Assemblée du Pouvoir populaire en tant que nouveau Président du Conseil d'État et du Conseil des ministres.

Et j’aimerais dire à notre cher Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, que sa présence nous touche profondément, qu'elle signifie beaucoup pour notre région d'Amérique latine et des Caraïbes, et qu'elle témoigne de l'engagement de notre organisation, la grande, les Nations Unies, envers la Cepal et ses États membres.

Merci beaucoup, monsieur le Secrétaire, car je sais que vous avez fait un énorme effort pour nous accompagner en cette journée (Applaudissements).

Je tiens à rendre hommage et à remercier le gouvernement mexicain, qui a assuré la présidence de la Cepal pendant deux ans. Par votre intermédiaire, Frank Guzman – comme nous vous appelons affectueusement – veuillez dire au président Enrique Peña Nieto : Merci ! Car, en outre, votre mandat a été marqué par la création du Forum des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, un grand mécanisme régional qui nous unit, qui nous convoque, et qui nous engage.

Chers amis,

Aujourd'hui, nous assisterons au passage de témoin du Mexique à Cuba à la présidence de la Cepal, ce qui nous rappelle d'autres moments importants vécus par Cuba et le Mexique. L'un d'entre eux, dans lequel nous avons été protagonistes, heureusement, car le Mexique a été le premier pays de notre Amérique latine qui, en 1875, a connu le regard curieux et l'intelligence inhabituelle de José Marti, alors âgé de 22 ans, et c’est là-bas, au Mexique, qu’il puisa son inspiration, qu'il a trouva sa vocation journalistique et montra ses qualités littéraires.

Cette expérience mexicaine allait également nourrir la voix tout à fait actuelle de celui que Fidel Castro appela l'auteur intellectuel de l’attaque de la Moncada.

Aujourd'hui, il convient de nous rappeler l'une de ses principales réflexions et je cite : « L’homme véritable – ou la femme – ne regarde pas de quel côté on vit le mieux, mais de quel côté est le devoir », et c'est pourquoi nous sommes ici, parce que la Cepal est une voix authentiquement latino-américaine et caribéenne, son histoire institutionnelle s'entremêle avec les aléas de l'histoire de notre continent. Notre travail a été et sera de fournir aux gouvernements et aux peuples de la région, dans le respect de leur autonomie souveraine, un appui pertinent, opportun, rigoureux et engagé afin de construire un projet de développement avec un horizon clair : rendre égal pour grandir et grandir pour rendre égal.

Le cas de la coopération avec Cuba, monsieur le président, est singulier. Hier, nous l'avons analysé en détail, à l'occasion de la Fête nationale. En particulier, je voudrais remercier la Cepal pour la confiance qu'elle a placée en nous pour accompagner et soutenir la mise en œuvre des Orientations pour la mise à jour du modèle économique et social lancé par le président Raul Castro en 2011.

Ce pays qui nous accueille aujourd'hui, et il est juste de le souligner, teste ses propres chemins face aux coûts humains brutaux qu'entraîne depuis plus de 50 ans l'imposition d'un blocus injuste. Nous l'évaluons chaque année, en tant que Commission économique, et nous savons que ce blocus coûte déjà au peuple cubain plus de 130 milliards de dollars, aux prix courants, et qu'il a laissé une marque indélébile sur sa structure économique.

Monsieur le Président,

Il s'agit de la réunion la plus importante de la Cepal, car nous sommes ici pour rendre des comptes devant vous. Nous sommes ici pour présenter le travail accompli, pour recevoir vos conseils et vos critiques. Nous venons des pays qui président nos organes subsidiaires – et j'apprécie la présence de nombreux présidents des organes subsidiaires – pour présenter les rapports sur les Statistiques, les Femmes, la Population, la Science et la Technologie, le Développement social, la Planification, la Coopération Sud-Sud et le Comité de coopération des Caraïbes.

Nous partagerons les résultats du 2e Forum des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, qui s'est tenu il y a à peine deux semaines à Santiago, et avec nos secrétaires exécutifs, nous visiterons les moments de la riche histoire de ces sept décennies de l'organisation au service du développement des pays de la région.

Nous réviserons les nouveaux scénarios posés par la coopération Sud-Sud dans le contexte de la nécessité de redéfinir la coopération internationale, en particulier dans une région en transition comme la nôtre, qui est aujourd'hui considérée et qualifiée de région à revenu intermédiaire.

Depuis 2010, la Cepal a inscrit l'égalité comme une valeur fondamentale du développement et comme un principe éthique irréductible et en synchronie avec l’importance croissante de cette question dans les demandes des citoyens.

Nous avons affirmé que l'égalité est au cœur du développement, parce qu'elle fournit aux politiques un fondement ultime centré sur une approche basée sur les droits, avec une vocation humaniste qui reflète l'héritage le plus précieux de la modernité. C'est aussi une condition propice pour avancer vers un modèle de développement axé sur la réduction des écarts structurels et la convergence technologique qui nous permet d'avancer vers des niveaux de productivité plus élevés, avec une durabilité économique et environnementale, en pensant aux générations futures.

Aujourd'hui, nous franchissons un pas de plus et nous vous apportons une proposition et un pari, avec des propositions politiques que nous avons exprimées dans le document intitulé : L'inefficience de l'inégalité.

Nous affirmons que l'inégalité n'est pas seulement injuste, mais qu’elle est aussi inefficiente et insoutenable. Nous avons apporté des preuves empiriques pour étayer cette affirmation, pour montrer pourquoi elle est inefficiente. Elle n'est pas seulement socialement inacceptable, mais aussi économiquement non viable pour l'avenir.

Pourquoi disons-nous cela ? Parce qu'elle génère et supporte des institutions qui ne favorisent pas la productivité ou l'innovation, parce qu'elles récompensent ou punissent l'appartenance de classe, d’ethnie ou de sexe, et parce qu'elle génère une culture du privilège qui renforce ces inégalités, qui intègre l'inégalité dans les relations sociales comme quelque chose de naturel, comme si c'était quelque chose d'acceptable, et la reproduit dans le temps.

La discrimination est un obstacle aux opportunités et représente également la perte de parcours d'apprentissage et d'innovation favorables à la productivité, en particulier dans le cas de la discrimination à l'égard des femmes. Le plafond de verre qui limite la promotion des femmes dans leurs carrières est aussi un plafond à la productivité.

Aujourd'hui, sur notre continent, la pauvreté a un visage de femme. Un tiers des femmes d'Amérique latine et des Caraïbes ne parviennent pas à générer des revenus et sont économiquement dépendantes, et lorsqu'elles y parviennent, leur salaire est nettement inférieur à celui des hommes ayant la même scolarité et les mêmes compétences.

Les coûts des institutions qui pratiquent l’exclusion sont nombreux, comme en attestent les grandes pertes de productivité potentielle qui résultent de l'inégalité d'accès à l'éducation et qui se produisent dans une génération et parfois dans notre région sont transmises à d'autres générations, d’une génération à l’autre, et ceci est particulièrement grave dans le contexte de la révolution technologique, où les capacités – comme l'a dit Prebisch – d'absorber le progrès technique endogène sont indispensables pour être compétitif et générer de l'emploi.

Notre hétérogénéité structurelle endémique est porteuse de l'inégalité, enracinée dans la culture du privilège, et elle émerge précisément dans cette conjonction de structures non diversifiées, de faible intensité de savoirs, avec des institutions peu efficientes.

C'est pourquoi nous proposons une voie, pour passer de la culture des privilèges à la culture de l'égalité, pour accomplir ces tâches, qui sont sans aucun doute associées à la croissance et à la diversification productive par le biais de l'innovation. Mais nous devons et nous sommes tenus d’élargir notre marge de manœuvre budgétaire pour maintenir notre capacité de financement et protéger les citoyens qui seront marginalisés dans le contexte de ces profondes transformations, surtout dans le monde du travail.

Nous misons sur un nouveau régime social basé sur des finances publiques qui passent du rôle actuel de gestion de crise à un régime orienté vers le développement, des régimes fiscaux progressifs et suffisants, une augmentation de l'investissement public, qui constitue la variable la plus pénalisée lorsqu'il y a un problème de consolidation fiscale, et une augmentation des investissements publics et des dépenses sociales, afin de combler ces écarts structurels.

Il nous faut une macroéconomie au service du développement, qui vise à protéger. Oui, la stabilité réelle est très importante – et mes collègues en parleront certainement – dans ces décennies où il était si urgent de protéger et d'atteindre la stabilité réelle et la stabilité financière par le biais de politiques anticycliques – comme mes prédécesseurs l'ont également proposé – qui protègent le rôle dynamisant de l'investissement public.

Il faut une lutte déterminée contre la corruption dans les sphères publique et privée. Il est triste de voir comment 57 % des Latino-américains, dans une étude que nous venons tout juste de terminer avec l'OCDE et le CAF, qui révèle que 57 % des citoyens latino-américains ne font pas confiance à leurs institutions. Nous devons changer cela. C'est pourquoi il est urgent de mettre en place un mécanisme, des institutions renouvelées qui permettent un plus grand contrôle de la part des citoyens : si le paiement des impôts est un devoir, la surveillance des dépenses publiques est un droit.

Et, bien sûr, il est nécessaire de reprendre les débats de la 3e Conférence internationale sur le financement du développement, car les pays auront beau tenter d’assurer une discipline fiscale, une politique fiscale nationale, il faudra établir des règles fiscales mondiales pour éradiquer la transnationalisation de l'évasion et de l'illusion fiscale et mettre fin au régime des privilèges fiscaux mondialisés.

Chers amis,

L'augmentation des taux d'investissement en Amérique latine reste un défi. Vous remarquerez que les niveaux de formation brute de capital fixe ont été inférieurs aux niveaux enregistrés dans d'autres régions, tandis que l'Amérique latine avoisinait les 20 %, l'Asie de l'Est a enregistré des niveaux très élevés, supérieurs à 30 %, atteignant parfois 40 %. Nous ne pouvons plus l'ignorer, l'écart croissant entre ces deux régions est étroitement lié à l'investissement et à l'innovation.

Au début de cette nouvelle décennie, monsieur le Président, qui commence précisément par la présidence de Cuba, la Cepal est très consciente, pleinement consciente des transformations complexes qui continueront d'affecter la région et le monde. Pour y remédier par la voie du multilatéralisme, le Secrétaire général a proposé trois processus de réforme en cours : la réforme administrative, la réforme du pilier du développement et la réforme du système de paix et de sécurité.

Ces trois réformes sont vitales, car il est urgent que le système des Nations Unies soit plus solide, plus efficace, plus décentralisé et qu'il travaille de manière coordonnée pour soutenir les pays. Il s'agit d'être mieux préparé pour vous soutenir dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030, pour faire face aux défis de l'ampleur du changement climatique.

C'est pourquoi nous voulons aujourd'hui renforcer notre conviction et notre engagement pour proposer, afin de construire avec les États membres, précisément ce chemin que nous devons parcourir ensemble, tout en faisant une lecture précise de ce qui se passe dans le présent. Car il est vrai que nous avons de meilleures perspectives de croissance mondiale, qu'il y a une meilleure synchronisation, que plus de 140 pays grandissent simultanément, mais il y a des contingences et des incertitudes inquiétantes.

Nous sommes également attentifs aux affrontements commerciaux entre les facteurs économiques mondiaux, ainsi qu'au retour de politiques encore plus protectionnistes.

Nous assistons avec inquiétude au déploiement d'une révolution technologique accélérée, dont il nous est difficile de suivre le pas et le rythme, tandis que des menaces potentielles pèsent sur l'avenir du travail.

La Cepal dans notre région a prévu une croissance de 2,2 % cette année. Nous renouons avec la croissance après quelques années de récession, et le commerce s'améliore légèrement avec de meilleurs prix des matières premières, mais il nous reste une mission incontournable à accomplir : l'intégration régionale.

Nous devons poursuivre nos efforts en vue d'une plus grande intégration régionale, non seulement sur le plan commercial, mais aussi sur le plan de la production, comme dirait Noyola, avec des industries intégrées, avec des industries dans notre région. Ceci est aujourd’hui plus nécessaire que jamais, car notre région, il est douloureux de le dire, est toujours la région la plus pauvre et la plus inégale du monde, même si elle a fait des progrès au cours de la dernière décennie. Toute la grande richesse de nos ressources naturelles et de nos capacités humaines ne se traduit toujours pas par une vie plus digne pour tous les habitants de notre région.

L'année dernière, plus de 187 millions de personnes vivaient encore dans la pauvreté, dont 62 millions dans l'extrême pauvreté. C'est un signal d'alarme, car nous nous sommes engagés à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes d'ici 2030. Nous devons donc accélérer le rythme et nous proposons une forte impulsion environnementale en faveur de politiques industrielles et technologiques permettant de déployer toute la gamme des activités productives à faible émission de carbone, telles que les énergies renouvelables.

Ainsi, nous proposons une plus grande intégration des industries novatrices, innovantes, numériques et technologiques qui nous connectent, qui nous relient, qui nous mettent en relation au moyen de chaînes productives, de chaînes humaines et qui stimulent la croissance.

Une nouvelle génération de politique fiscale avec des institutions renouvelées, pour pouvoir agir dans le domaine social et s'assurer que personne ne soit oublié.

La région doit surmonter un modèle de développement qui traduit les inefficacités environnementales et est fortement exposée à l'impact croissant du changement climatique. Et la vérité est que nous ne devrions pas chercher trop loin les preuves, les récents événements catastrophiques le montrent clairement.

La partie la plus touchée de notre région, où nous devons tous faire preuve d'une forte solidarité, est la Caraïbe, et c'est précisément la raison pour laquelle, à la Cepal, nous avons décidé que dans toutes les sessions de la Cepal, il y aura toujours une session de La Caraïbe d'abord Caraïbe, First Caribbean. Ceci est essentiel, car l'ampleur historique des ouragans Irma et Maria renforce l'urgence d'agir et d'agir de manière collective.

Les coûts économiques du changement climatique dans la région, que nous, la Cepal, avons calculés, se situent entre 1,5 % et 5 % du PIB régional d'ici 2050. Dans certains pays des Caraïbes, lors de la récente catastrophe, cette estimation est même supérieure à 100 % du PIB. C'est ce qui nous arrive dans la région et les impacts sont non linéaires, hétérogènes dans différentes régions, périodes et de différentes manières pour les groupes sociaux, en particulier les plus marginalisés.

Pour toutes ces raisons, il est urgent que l'agenda civilisateur qu'implique l'Agenda 2030 soit axé sur l'égalité, avec une identité et un domicile en Amérique latine et dans les Caraïbes, et qu’en puisant dans notre histoire, dans notre riche diversité, dans nos espoirs communs et dans nos défis communs, nous lui donnions notre propre visage, nos propres institutions et lui conférions l'urgence qu’exige notre réalité.

L'Agenda 2030 ouvre la voie à une nouvelle génération de politiques et d'institutions, à un nouveau style de développement et à un cercle vertueux de croissance, d'égalité et de durabilité. C'est notre devoir envers les générations actuelles et futures, envers les enfants de La Colmenita qui nous ont fait pleurer et danser aujourd'hui, et je crois que c'est notre responsabilité.

Nous sommes probablement la première génération à avoir plus de preuves que quiconque des risques qui pèsent sur le monde aujourd'hui, mais nous sommes peut-être la dernière génération à pouvoir les affronter.

Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, je voudrais vous remercier pour toutes vos expressions d'affection et de reconnaissance institutionnelle pour nos 70 ans, que je reçois en compagnie des quatre Secrétaires exécutifs précédents : Enrique Iglesias, Gert Rosenthal, José Antonio et José Luis Machinea.

Je tiens à reconnaître qu'avec eux, il a été possible d'avoir une Cepal dotée d’un leadership dans la région. Chacun d'entre nous a vécu un moment différent, mais il n'y a aucun doute que nous serons tous d'accord, je suis persuadée que nous sommes tous les cinq d'accord aujourd'hui sur le fait que diriger la Cepal a été le plus grand honneur de notre vie. Je puis vous l’assurer, Monsieur le Président.

Pour finir, j’aimerais juste signaler qu'avec des points de vue différents, mais avec le même engagement, je pense que nous pouvons évoquer le souvenir d’un Cubain qui nous est cher, Nicolas Guillén, qui nous laissé ces vers pleins de sagesse et de simplicité : J’ai, voyons un peu, /que j’ai enfin appris à lire, / et à compter, / j’ai que j’ai enfin appris à écrire et à penser / et à rire. J’ai que j’ai enfin / où travailler / et gagner / ce qu’il me faut pour manger. / J’ai, voyons un peu, / ce que je devais avoir. (Applaudissements)