Conclusion de l’identification de toutes les victimes de la catastrophe aérienne › Cuba › Granma - Official voice of the PCC
ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

LES spécialistes de l'Institut médico-légal n’ont pas connu de trêve depuis le 18 mai dernier, lorsqu'un Boeing 737-200 s’est écrasé dans les environs de l'aéroport international José Marti, semant la douleur dans le cœur de 11 millions de Cubains.

Dévouement, expertise et sens élevé de l'éthique ont été les dénominateurs communs dans l'effort d'identifier tous les corps des victimes de l’accident, ce qui a été réalisé en seulement huit journées de travail ininterrompu, tandis que le peuple de Cuba accompagnait la douleur des parents, et exprime aujourd’hui sa reconnaissance pour le difficile labeur accompli.

L'information a été donnée à la presse le 27 mai par Sergio Rabell Piera, directeur de l’Institut, qui a affirmé que tous les corps ont été remis à leur famille et à leurs amis, afin qu'ils leur donnent une sépulture et que le deuil puisse s’accomplir.

Ce fut un travail ardu, auquel ont participé des experts légistes de l'Institut médico-légal, du ministère de la Santé publique, de la Direction de la criminalistique et d'autres forces du ministère de l'intérieur, car il s'agissait d'une « tâche complexe, en raison des blessures causées par la chute de l'avion, auxquelles se sont ajoutés les effets de la chaleur et des flammes ».

Des experts en anthropologie, stomatologie, dactyloscopie, tracéologie, et de biologie médico-légale ont participé à l'identification des victimes, ce qui a inclus la recherche de l'ADN, ainsi que l'analyse collective des experts, a ajouté Rabell.

Pa ailleurs, la participation des proches a été décisive. Ils ont fourni des données d'identité essentielles, ainsi que des photos et des documents qui, associés à la reconnaissance des vêtements et d’éléments de vêtements, entre autres facteurs, ont permis d'orienter correctement les travaux d’identification, a-t-il souligné.

L'analyse détaillée de la vidéo existant sur le moment de l'embarquement et d'autres images récupérées à partir des téléphones portables de certains passagers a été très utile, ainsi que les descriptions des personnes qui étaient en contact avec les passagers avant le départ, a-t-il assuré, tout en reconnaissant le soutien de toutes les institutions, organismes et organisations qui ont participé à ce processus, ainsi que les provinces de résidence et les représentations diplomatiques de leur pays d’origine.

Selon le spécialiste, les 11 millions de Cubains qui ont offert leur solidarité ont également tenu un rôle spécial. « Tous ceux qui sont concernés par la médecine légale ont appelé notre Institut », et « certaines personnes qui ne sont venues qu'une seule fois, nous ont été d’une grande aide », a-t-il affirmé.

Cependant, « l’enquête se poursuit, ce n’est qu’un premier pas. Nous continuons de communiquer avec toutes les forces, en fournissant et en recevant des informations.

« Bien que les estimations initiales aient prévu un mois de travail, comme cela est prévu dans les événements de ce type, l'Institut médico-légal et ses professionnels ont travaillé avec une rigueur scientifique et un dévouement absolus, si bien qu’en seulement huit jours ils ont été en mesure d'identifier toutes les victimes.

« Tous les corps étaient physiquement là, nous avions autant de corps que de personnes à identifier. Parfois, dans des catastrophes semblables, ce n'est pas le cas », a déclaré Rabell.

En outre, il convient de mentionner l'expérience et la formation de Cuba pour faire face à des événements de cette nature. « Le chapitre sur la gestion des victimes mortelles de catastrophes dans le manuel de l'Organisation panaméricaine de la santé a été rédigé par des Cubains. C'est la règle à suivre. Ce que nous avons fait, c'est mettre en pratique ce qui est établi. (......) Nous avons travaillé sans relâche en tours de 24 heures, dans lesquels nos médecins, techniciens, professionnels et collègues de l'assurance ont fonctionné comme une horloge. »

Les corps identifiés correspondent à 67 victimes originaires d’Holguin, 21 de La Havane, trois de Granma et le même nombre de Santiago de Cuba, deux de Matanzas et deux de l'Ile de la Jeunesse, un de Las Tunas, sept de nationalité mexicaine, deux d'Argentine et deux du Sahara occidental.

JALONS HISTORIQUES

– Parmi les succès de la médecine légale à Cuba, nous devons distinguer le travail du groupe multidisciplinaire qui effectua, en 1995 et pendant plus de cinq ans, la recherche et l'identification de 31 membres du groupe de la guérilla du commandant

Ernesto Che Guevara en Bolivie.

– Un an avant le début de l'enseignement de la médecine légale en Espagne et six ans après sa création officielle au Brésil, en 1838, le Dr. José de Lletor y Castroverde ouvrit un cours au Collège Royal du Séminaire de San Carlos et San Ambrosio de La Havane

– La Chaire de médecine légale fut créée à La Havane en 1839 au Collège royal de San Carlos.

– Parmi ses personnalités importantes figurent Oscar Amoedo, père de la stomatologie médico-légale, Francisco Lancis Sanchez, Ignacio Fournier Ruiz et Francisco Ponce Zerquera.