ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a dirigé la réunion du Conseil des ministres qui a examiné le comportement de notre économie. Photo: Estudio Revolución

LE président cubain Miguel Diaz-Canel Bermudez, a présidé la réunion du Conseil des ministres du 29 mai, consacrée à l’examen du comportement de l’économie jusqu’au mois d’avril, ainsi que les instructions pour l’élaboration du Plan de l’économie et du budget de l'État de l'année prochaine.

D'autres points liés à la corruption administrative et au potentiel de l'Union de l'industrie militaire au sein de l’économie nationale étaient également à l'ordre du jour de la réunion.

LE COMPORTEMENT DE L'ÉCONOMIE À LA FIN DU MOIS D'AVRIL

Durant le Conseil, le Premier vice-ministre de l'Économie et de la Planification, Alejandro Gil Fernandez, a donné des informations sur la performance de l'économie cubaine à la fin du mois d’avril.

Entre autres questions, il a signalé la bonne performance des produits exportables, tels que le rhum, le tabac, la langouste, les crevettes, le nickel et l'acier.

Au cours de la période considérée, plusieurs investissements prioritaires ont été contrôlés, notamment ceux du programme de l'industrie du meuble, de la modernisation et de l'expansion de la production textile à Holguin, le relèvement des capacités de combustible et le nouvel Hôtel International Varadero.

Ces investissements vont bon train, a-t-il signalé, malgré quelques contretemps qui mettent en évidence dans certains cas la formation insuffisante des cadres impliqués dans les processus d'investissement. « Il est essentiel de surmonter les déficiences et de s'assurer que les investissements soient amortis par leur rendement, sans soustraire de liquidités de l'économie », a signalé le Premier vice-ministre.

En général, l'industrie manufacturière a souffert d'une pénurie de matières premières. Toutefois, à la fin du cuadrimestre, les principaux produits étaient garantis, tels que le savon, la pâte dentifrice, la parfumerie, les emballages en fer-blanc, les systèmes d'irrigation et les bouteilles de gaz liquéfié, entre autres.

À propos du tourisme, bien que les dommages causés aux installations touristiques par l'ouragan Irma aient été réparés avant le début de la haute saison, la commercialisation a été affectée dans les principaux marchés émetteurs de touristes, a-t-il été dit, ce à quoi s’est ajouté le renforcement des mesures du gouvernement des États-Unis. Cependant, cela ne nous a pas empêché de dépasser le chiffre de deux millions de visiteurs au mois de mai.

Et Gil Fernandez de conclure : « Pour le second semestre, nous devons placer les ressources là où elles sont indispensables et chercher des solutions en utilisant les stocks disponibles et les productions locales. Il n'est pas possible de penser que face au non-respect de la production nationale, l'alternative soit l'importation. »

À cet égard, Diaz-Canel a souligné qu' « au milieu des complications que nous imposent aujourd'hui les dégâts causés par les fortes pluies, il nous faut nous respecter le plus possible le Plan 2018 ».

MODÈLE GLOBAL ET LIGNES DIRECTRICES POUR LE PLAN DE L’ÉCONOMIE ET DU BUDGET DE L'ÉTAT DE 2019

Le Premier vice-ministre de l’Économie et de la Planification (MEP) a donné des détails sur les prémisses qui guident l’élaboration du Modèle global pour la planification de l’année 2019, qui vise à consolider la durabilité des objectifs adoptés en 2018. Il a évoqué notamment la réparation des dommages causés par les ouragans Irma et Matthew, ainsi que le soutien des niveaux d'activité, en tirant le meilleur parti des capacités productives et en réorientant les possibilités financières vers l'importation d'intrants et de matières premières destinées à la production nationale afin de remplacer les importations de produits finis.

Il s’agit également de garantir les investissements prioritaires, à savoir dans le tourisme, la Zone spéciale de développement de Mariel, le transport ferroviaire, les sources d'énergie renouvelables, le soutien du système électrique national, l'expansion des capacités de stockage, les programmes de transvasement et le renforcement et la modernisation de l'industrie du ciment. Tous ces investissements, a-t-il dit, respectent les objectifs de faire en sorte que le Plan soit centré sur le développement du pays.

Il a souligné que les lignes directrices visent à obtenir « un Plan objectif, réaliste, durable et réalisable. C’est pourquoi il est nécessaire de s'adapter aux possibilités réelles, de ne pas contracter de dettes qui ne pourraient pas être honorées avec ponctualité, de réaliser des économies en ressources financières et matérielles, en réduisant les dépenses inutiles, sans renoncer, dans la mesure du possible, aux programmes de développement prioritaires qui sont en cours ».

Le Plan 2019 devra se distinguer par la recherche de solutions cohérentes et durables aux tensions existantes.

Durant le débat sur les lignes directrices qui guideront l’élaboration du Plan, Alfredo Lopez Valdés, ministre de l'Énergie et des Mines, a souligné l'importance d'être strict dans l'économie d'électricité.

Il a également indiqué que d'ici 2019, une plus grande quantité d'énergie sera générée par des sources photovoltaïques. Trois centrales bioélectriques et deux parcs éoliens sont également en construction qui devraient fournir de l'électricité d'ici 2020. « Cela démontre la priorité que le pays accorde aux sources d'énergie renouvelables », a-t-il signalé.

Le ministre des Industries, Salvador Pardo Cruz, a évoqué les lignes directrices de son secteur. Elles définissent l'urgence d’assurer une utilisation maximale des capacités industrielles du pays afin de garantir les exportations, la diminution des importations de produits finis, les services à la population, le tourisme et le marché intérieur, ainsi qu'un meilleur cycle de rotation des stocks.

Quant à la ministre des Finances et des Prix, Lina Pedraza Rodriguez, elle a déclaré que « nous ne pouvons pas continuer à limiter notre capacité de contribuer au budget de l'État l'année prochaine ».

Elba Rosa Pérez Montoya, ministre de la Science, de la Technologie et de l'Environnement, a demandé de soutenir dans le Plan la nécessité d'utiliser la science et la technologie. Elle a fait valoir que ne pas le faire pourrait sembler un contresens alors que nous nous proposons de faire des économies, parce qu’à travers la science, nous résoudrons un grand nombre des actuels problèmes du pays.

La ministre a souligné que le plan doit également inclure des mesures de lutte contre les changements climatiques, qui sont désormais une réalité pour Cuba.

Le président cubain a souligné que « nous parvenons à établir des lignes directrices précises, qui impliquent un exercice de planification, organisme par organisme, entité par entité. Nous devons être conscients et faire en sorte que le Plan que nous approuverons ne présente pas de déficit et ne génère pas de dettes, ce qui exige la compréhension et l'appui de tous ».

Ces questions économiques, a-t-il ajouté, exigent des discussions approfondies et non formelles au sein des conseils de direction des organismes de l’administration centrale de l’État et de toutes les entités du pays.

LA CORRUPTION ADMINISTRATIVE

À cette occasion, le Conseil des ministres s'est penché entre autres sur la corruption administrative dans le pays, un phénomène nuisible qui affecte l'économie nationale, avec le préjudice moral qui en découle.

La contrôleuse générale de la République, Gladys Bejerano Portela, a indiqué que dans les cas examinés, il a été confirmé que leur origine réside dans les comportements fautifs des personnes et les failles dans les systèmes de contrôle.

Elle a souligné notamment le manque de rigueur dans la sélection des cadres et dans la surveillance stricte de la conduite politique et sociale des directeurs, des cadres et des fonctionnaires, ainsi que l'absence d'analyse opportune des états d’opinion et des préoccupations des travailleurs à cet égard.

Diaz-Canel a rappelé la question soulevée à de nombreuses reprises par le Premier secrétaire du Parti communiste, le général d'armée Raul Castro Ruz, à savoir que le principal ennemi de la Révolution est précisément la corruption. « Nous ne pouvons pas cohabiter avec ce phénomène, car c'est l'expression de la dégradation des valeurs, de la tolérance et de l'impunité », a-t-il souligné.

POTENTIALITÉS DE L’UNION DE L'INDUSTRIE MILITAIRE

Le dernier point de la réunion du Conseil des ministres a été consacré au potentiel de l'Union de l'industrie militaire – créée en 1988 –, et à évaluer la réponse que celle-ci peut apporter à de nombreux besoins de l'économie nationale.

Son directeur, le général de brigade Israel Cervantes Tablada, a donné des informations sur le développement de ce complexe industriel, dont la mission essentielle est d’apporter une réponse aux problèmes de réparation, de fabrication, de modernisation et de développement de la technologie militaire, ainsi que de contribuer à l'économie du pays. Grâce à l’utilisation de tous leurs moyens technologiques, ces entreprises produisent actuellement des pièces et des composants pour le transport automobile, la réparation et la modernisation de machines-outils, la production de différents types et assortiments de récipients et d'emballages en plastique, de luminaires avec technologie LED et de toitures métalliques.

Très bien accueillies par la population cubaine, ces entreprises fabriquent également des produits d'hygiène, des ustensiles de cuisine, des meubles, des portes en plastique et en bois, ainsi que des réservoirs d'eau.

Diaz-Canel a commenté que cette question a été portée à la réunion du Conseil des ministres pour faire connaître tout le potentiel de l'Union de l'industrie militaire, car souvent par manque d’informations, des produits sont importés, alors qu’ils sont fabriqués avec la même qualité ou meilleure dans le pays, dans ces entreprises, où la capacité d'innovation, l’intelligence et la formation des Cubains sont mise en évidence tous les jours.