ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Sur le nombre total de membres des comités, 57,6 % sont des femmes. Photo: Juvenal Balán

LA modification de la Constitution d'un pays implique la révision ultérieure de l'ensemble de son système légal et constitue, en raison de sa portée et de sa complexité, l'un des processus les plus marquants pour son avenir.

D'où la signification de la journée vécue le 2 juin par les députés de la 9e Législature de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire (ANPP), qui, lors de leur première session extraordinaire, ont approuvé le début du processus de réforme constitutionnelle, ainsi que la Commission créée pour la rédaction de l’avant-projet de Constitution, qui est présidée par le général d’armée Raul Castro Ruz, Premier secrétaire du Parti.

Les députés ont également été informés sur les résultats de l'expérience menée dans les provinces d'Artemisa et de Mayabeque, et se sont accordés sur la composition des dix commissions permanentes de l'Assemblée et la composition de leurs groupes parlementaires d'amitié.

En présence du général d'armée Raul Castro et de Miguel Diaz-Canel Bermudez, président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, la journée a commencé par une minute de silence en hommage aux victimes du tragique accident d'avion qui s'est produit le 18 mai près de l'aéroport international José Marti.

Le président de l'Assemblée nationale, Esteban Lazo Hernandez, a également remercié les nombreux témoignages de solidarité reçus de différentes régions du monde, au nom de parlements, de groupes d'amitié et de législateurs.

ATTEINDRE LES CAUSES DES PROBLÈMES

Les dix commissions de travail permanentes, approuvées le samedi 2 juin, sont composées de 380 députés, et parmi leurs tâches prioritaires figurent le suivi du processus de réforme constitutionnelle, le contrôle des actions de prévention et de lutte contre la criminalité, la corruption et les indisciplines, ainsi que le perfectionnement permanent du Pouvoir populaire et l'attention portée aux remarques et propositions de la population.

Au cours de la session, des groupes parlementaires et d'amitié avec 93 pays, composés de 179 députés, ont également été approuvés. Photo: Jose M. Correa

Il a été rapporté que sur le nombre total de membres des commissions, 57,6 % sont des femmes, 82,8 % ont un niveau universitaire et 17,15 % un niveau moyen. Les Noirs et les métis représentent 42% de leur composition et 62 de leurs membres sont des jeunes âgés jusqu’à 35 ans.

En ce qui concerne le travail des commissions, Lazo Hernandez a souligné la nécessité, par le travail, d'atteindre les causes des problèmes, et que les solutions proposées nous permettent d'améliorer la qualité de vie de la population, et d’avoir la certitude que nous pouvons être un peuple de plus en plus travailleur, discipliné et révolutionnaire.

Durant la session, des groupes parlementaires et d'amitié avec 93 pays, composés de 179 députés, ont également été approuvés. Leur travail, a assuré le président de l'ANPP, nous permet de mieux faire connaître la réalité cubaine, de défendre les principes de notre politique étrangère et de démanteler les campagnes qui peuvent être orchestrées contre Cuba.

ARTEMISA ET MAYABEQUE : CONTINUER À PERFECTIONNER LE TRAVAIL

Bien que des difficultés persistent, liées notamment à la gestion des administrations, le bilan général de l'expérience vécue depuis 2011 par les provinces d'Artemisa et de Mayabeque a été jugé positif par Leonardo Andollo Valdés, membre de la Commission permanente pour la mise en œuvre et le développement.

Dans son exposé sur cette question aux députés, il a rappelé qu'en vertu d’un accord conclu avec l'ANPP, le 1er janvier, en août 2011 il a été décidé de mettre en œuvre dans ces provinces, dans un délai maximum de 18 mois, un modèle de fonctionnement des organes locaux du Pouvoir populaire basé sur la séparation, en différentes personnes, des directions des assemblées et de leurs organes administratifs.

Cet accord, a-t-il dit, donne continuité à un processus d'expérimentation amorcé avec la création des deux provinces et a mis en pratique un nouveau modèle de structure et de fonctionnement des administrations provinciales et municipales.

À trois reprises, l'expérience a été prolongée (2012, 2014 et 2016), principalement en raison des défaillances détectées, en particulier dans le travail des organes de l'administration.

Au cours de la dernière période de prolongation, jusqu'à la fin de la 8e Législature, un travail plus inclusif a été effectué, selon Andollo Valdés, ce qui a permis de réaliser « quelques progrès généraux ».

Au sujet des administrations, il a souligné la croissance soutenue de la production agricole, l'augmentation des ventes et des bénéfices du système des entreprises, ainsi que de meilleurs indicateurs dans la liquidation du budget. Il a également mentionné les résultats positifs dans les secteurs de la santé, de l'éducation, du sport et de la culture, ainsi que l'amélioration progressive des infrastructures.

Cependant, a-t-il dit, « les administrations provinciales et municipales, en particulier ces dernières, présentent un certain nombre de lacunes sur lesquelles nous devons continuer à agir. Il est donc envisagé de perfectionner le modèle mis en œuvre.

« Le Conseil des ministres sera chargé d'approuver, pour sa généralisation ultérieure, les variables de fonctionnement, de structure et de composition des administrations jugées les plus appropriées. »

Cependant, a indiqué Leonardo Andollo, l'expérience de la séparation des directions des assemblées et de leurs organes administratifs a permis d'obtenir de meilleurs résultats.

À cet égard, il a fait référence à la croissance, tant à Artemisa qu'à Mayabeque, du nombre de sessions des assemblées et de l'attention accordée aux délégués et aux remarques et propositions de la population. Il a également souligné la participation aux élections générales, où Mayabeque a enregistré un taux de 90,67% et Artemisa de 89,04%.

« Bien qu'il existe d'autres aspects sur lesquels ces provinces doivent encore travailler, le bilan final est positif », a-t-il affirmé. En outre, il a souligné l'importance du poste de vice-président de l'organe de l’administration, récemment créé dans toutes les provinces, une étape vitale vers la généralisation ultérieure de la séparation des fonctions, si elle est jugée appropriée.

SERVIR LE PEUPLE, LA MISSION ESSENTIELLE DU POUVOIR POPULAIRE

Bien que dans l'ordre structurel et opérationnel des organes administratifs d'Artemisa et Mayabeque des difficultés se soient présentées, les résultats dans la gestion des assemblées confirment la pertinence de séparer, en différentes personnes, les fonctions de celles-ci et de leurs administrations respectives, a souligné José Luis Toledo Santander, président de la Commission des affaires constitutionnelles et juridiques, en annonçant l'avis sur cette expérience.

Cette séparation, a-t-il dit, confère plus de stabilité et de professionnalisme aux administrations, désignées par les assemblées, et rend leur gestion publique plus efficace.

Elle permet aux présidents des assemblées d’exercer un contrôle plus efficace sur l'activité administrative, et aussi de consacrer davantage de temps aux fonctions de l'assemblée, de ses comités permanents et des conseils populaires, ainsi que la pratique d’une attention directe et opportune aux délégués et à la population.

Dans ces conditions, a-t-il souligné, nous renforçons l'administration locale et l'attention aux besoins des territoires, et nous augmentons l'efficacité dans la mission fondamentale des assemblées, qui est de servir le peuple.

Pour toutes ces raisons, a-t-il poursuivi, la séparation des fonctions est jugée pertinente et il convient de modifier l'article 117 de la Constitution, en vue de généraliser ce modèle au reste du pays. Les résultats, a-t-il ajouté, seront transmis à la Commission chargée de la rédaction du document constitutionnel.

Après l'adoption de l'avis par les députés, Tamara Valido, présidente de l'Assemblée provinciale Mayabeque, a estimé que malgré les difficultés, les transformations ont permis d'accorder une plus grande attention aux besoins et attentes dela population et d’accroître la capacité de réponse aux problèmes accumulés.

Entre-temps, Teresa Valentina Martinez, présidente du Conseil d'administration d'Artemisa, a considéré le programme pour le développement du pouvoir populaire comme « opportun », ce qui signifie renforcer les structures du gouvernement et la préparation des cadres.

Les députés ont également reçu une formation axée sur les procédures législatives de la réforme constitutionnelle, ainsi que sur les fonctions et les pouvoirs de l'Assemblée nationale, l'organe directeur suprême et le seul doté d'une capacité législative et constituante.