ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Tous les morceaux et les pièces de l'avion sont conservés dans un entrepôt où les différents systèmes et éléments sont assemblés et reconstitués. Photo: Granma

Dans le processus d’analyse des boîtes noires du Boeing 737-200 qui s’était écrasé à La Havane en mai dernier, 100% des paramètres techniques ont pu être identifiés, a révélé à Granma international Armando Daniel Lopez, président de l'Institut d'aéronautique civile de Cuba (IACC).

Dans la boîte qui contient les enregistrements des voix et des bruits dans le cockpit, il a été possible d'identifier l'enregistrement dans son intégralité, mais pas de comprendre toutes les phrases ou les mots.

L’enquête s'est déroulée dans des laboratoires aux États-Unis, en présence de trois spécialistes cubains, ainsi que d'un groupe d'inspecteurs aéronautiques nord-américains et mexicains, qui ont travaillé en étroite coopération.

Jusqu'à ce jour, des commissions de l'IACC continuent de travailler à l'interprétation des phrases des enregistrements vocaux, un processus qui se situe entre 90 et 95% de déchiffrage, et « le volume d'informations obtenues nous permet de savoir quel était le comportement dans le cockpit », a souligné le responsable.

Dans une deuxième étape de cette enquête, la commission travaillera avec les paramètres de vol et d'exploitation de l’avion fournis par le système d’enregistrement (vitesse, hauteur, rotation, puissance du moteur, entre autres), pour les amener à un profil et une modélisation graphique à partir du moment du décollage jusqu'à l’issue fatale.

Par ailleurs, tous les morceaux et les pièces de l'avion sont conservés dans un entrepôt où les différents systèmes et éléments sont assemblés et reconstitués.

« Cela permet, tout d'abord, de savoir si l'un de ces composants avait été endommagé ou défectueux avant l’impact de l’avion au sol », a expliqué Daniel Lopez.

Une autre méthode utilisée par la Commission consiste à procéder à une analyse des causes de chaque accident survenu avec ce type d’appareil dans d'autres parties du monde et comparer les informations avec le crash de La Havane, afin de trouver d’éventuels points communs.  

Pour mener à bien cette enquête, la Résolution du ministre des Transports pour la création de la Commission est établie comme document réglementaire et normatif. En outre, l'annexe 13 de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) définit la méthodologie d'enquête sur les accidents et prévoit au total 66 activités décisionnelles à suivre étape par étape pour parvenir au résumé de l'accident.

Les plus hautes autorités du pays, dirigées par le président cubain Miguel Diaz-Canel Bermudez, le ministère des Transports et d'autres organismes, suivent de près toutes les phases de l’enquête en cours, a souligné Daniel Lopez.

« C’est une enquête où nous ne devons pas nous précipiter, car nous devons notre plus grand professionnalisme aux familles des victimes et à notre peuple », a conclu le directeur de l’IACC.