ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le président cubain Miguel Diaz-Canel et son homologue vénézuélien Nicolas Maduro ont confirmé les liens de fraternité entre les deux pays à Riverside Church. Photo: Studios Revolution

LA soirée du 26 septembre à l'église Riverside a été une soirée magique. Son enceinte aux dentelles gothiques, à la veille de neuf heures du soir, était bondée de paroissiens, d’amis de la Révolution cubaine, de journalistes avides. Le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez, était attendu.

Lorsque le président a fait son entrée, l'assistance s’est levée pour applaudir et scander : « Cuba oui, blocus non ». Le chef d'État de l'île était visiblement ému de se trouver dans cette enceinte, entouré de personnes qui ont tant œuvré au rapprochement des peuples de Cuba et des États-Unis et qui continuent la lutte pour la levée du blocus.

Après les applaudissements et les vivats, quelqu’un a pris la parole pour annoncer la présence d'amis de longue date comme Gloria Estela La Riva, du Parti Socialisme et Libération, des États-Unis, combattante infatigable contre le blocus impérial et coordinatrice, dans du Comité national pour la libération des Cinq. On a également annoncé la présence de membres de la Brigade de solidarité de Venceremos.

Lorsque le nom de Fidel a été prononcé depuis le podium, lorsqu’on a évoqué la présence du leader historique de la Révolution cubaine dans cette église, cette évocation a été saluée par des salves d’applaudissements et une ovation debout.

Les applaudissements ont également été nombreux pour rendre hommage au Révérend Lucius Walker, leader des Pasteurs pour la Paix, combattant infatigable contre le blocus et ami fidèle du Commandant en chef et du peuple cubain.

Lors d'une cérémonie impressionnante, accompagnée de tambours, une jeune métisse a évoqué les ossements des ancêtres tombés dans l'océan Atlantique, lors d'une des traversées les plus cruelles de l'humanité, un voyage qui a arraché des millions de ses enfants d'Afrique pour les réduire en esclavage sous d'autres latitudes.

L’assistance a également formulé des vœux pour la protection de Diaz-Canel dans l’exercice de ses importantes responsabilités, et lui a souhaitait pleins succès dans sa visite aux Nations Unies. « Aché ! », se sont exclamées les nombreuses personnes présentes.

À un moment donné, le président cubain s'est mis à jouer du tambour avec la jeune métisse. La joie et l'esprit de célébration étaient contagieux dans toute l’enceinte.

Les chants nostalgiques et émouvants et sentimentaux des descendants des esclaves d'Amérique du Nord ont retenti. Cette même musique qui puise ses racines dans les chantsdesesclaves venus d'Afrique qui travaillaient dans les plantationsdecoton du Mississipi

Une fois de plus, il a été fait mention de Fidel qui, il y a 18 ans, dans ce même endroit, annonça la création du programme de bourses universitaires à Cuba pour étudiants nord-américains. Grâce à cette initiative, près de 200 jeunes ont obtenu leur diplôme de l'Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane.

Le commandant en chef leur avait demandé qu’une fois leur diplôme de professionnels en poche, de faire de leur mieux dans les lieux défavorisés auxquels ils appartenaient. Deux d'entre eux sont monté sur la chaire en cette soirée historique pour témoigner leur gratitude à Cuba.

Plus tard dans la soirée, à 21h26, toute la salle s’est encore une fois mise debout pour saluer l’arrivée à l’église Riverside du président bolivarien Nicolas Maduro, qui est monté sur la chère pour prononcer quelques paroles brèves et émouvantes.

Il a parlé de fraternité et il a adressé ses salutations du « cœur du peuple noble du Venezuela ».

Maduro a avoué qu'il était impatient de venir aux États-Unis pour exprimer des vérités et visiter un endroit aussi spécial que l'église Riverside à New York.

Il voulait être là pour partager ses impressions avec le frère président de Cuba : « Nous avons tous deux été victimes d'une grande agression impérialiste », a-t-il dit, avant d’ajouter avec son aplomb habituel : « La révolution bolivarienne du Venezuela tient bon, elle est vivante et est victorieuse ».

Il était près de 21h40 lorsque le président, Diaz-Canel est monté sur la chaire. « Aujourd'hui, aux Nations Unies, deux nations sœurs ont fait entendre leur voix », a-t-il déclaré.

Et puis, sachant qu'il se trouvait dans un lieu très spécial de rencontres historiques, il a signalé que des miracles comme la confluence des frères ne peuvent se produire que dans des lieux comme l'église de Riverside, « cathédrale de foi et de solidarité ».

C'était beau d'entendre Diaz-Canel dire que « nous sommes tous frères et sœurs », parce que cela nous a rappelé que l'âme humaine ne connaît ni domaines ni exclusions.

Son évocation des nombreux amis hospitaliers de Harlem, qui accueillit chaleureusement Fidel en 1960, lorsque d'autres tentèrent de l'isoler, fut particulièrement touchante. Le Commandant en chef, a rappelé le président, avait annoncé en ces heures de combat : « Je vais à Harlem où se trouvent mes meilleurs amis ».

L'exemple de combattants tels que Fidel, Chavez ou Mandela a été évoqué avec une émotion particulière. La musique, l'art coloré, la chaleur humaine qui régnaient à l’église Riverside suggéraient cette soirée-là, que pour les vrais révolutionnaires, le glas sonnera toujours pour ceux qui en ont le plus besoin.