ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Les nombreux questionnements formulés reflètent une étude sérieuse du projet par la population. Photo: Endrys Correa Vaillant

LE 15 novembre dernier s'est achevé l'un des processus de participation citoyenne les plus authentiques et les plus importants que Cuba ait connus ces dernières années. Il s'agit de la consultation populaire sur le projet de Constitution qui a débuté le 13 août et qui a mobilisé tout le pays.

Au cours de cette période, selon les données publiées jusqu'au 2 novembre durant l'émission de télévision Nous faisons Cuba, plus de sept millions de Cubains ont participé à cet effort collectif pour construire, ensemble et en toute liberté, une Constitution qui représente un état d'équité et de justice sociale plus intégral, plus contemporain, plus révolutionnaire.

Dans les quartiers, sur les lieux de travail et d'études, dans les missions diplomatiques ou de coopération, le contenu du projet a été analysé paragraphe par paragraphe. La version finale, comme cela a été indiqué tout au long du processus, sera le fruit de la volonté d'un pays, toujours prêt à compter « sur tous », y compris sur les opinions des Cubains résidant à l'étranger, un aspect qui sans aucun doute a caractérisé la consultation.

Dès le début, il a été signalé l'importance de participer à la discussion, pas seulement d'y assister ; d'assumer, avec responsabilité et sans préjugés, le privilège d'en faire partie. On a parlé de l'intérêt de venir à ces réunions avec des relectures intelligentes et exhaustives. La réalité a peut-être dépassé toutes les attentes et, plus encore, elle a apporté un démenti à toute insinuation d'apathie, à de démobilisation, de découragement.

La consultation, sans vouloir nous aventurer dans des évaluations concluantes, a également été un excellent exercice de culture juridique, de consolidation de la vie démocratique. Ce n'est pas dans raison, du moins jusqu'à la date à laquelle les statistiques ont été communiquées, que 1 445 289 interventions avaient été comptabilisées, dont 659 527 propositions, c'est-à-dire contenant des modifications, des ajouts, des suppressions et des doutes.

Le fait que chacune d'entre elles a été analysée est une conviction défendue avec véhémence par toux ceux qui se sont impliqués dans le processus. La manière dont les propositions ont été traitées, largement expliquée par les médias, l'a confirmé. Cependant, aspirer à ce que chaque proposition ait une véritable expression dans le texte final est un souhait illusoire, que ce soit du fait de la portée de la Constitution ou de la proposition elle-même.

Mais l’essentiel, au-delà des revendications individuelles, se trouve dans tout ce qui prendra en compte le bien-être général, qui synthétisera le sentiment de la majorité, qui rendra possible le consensus sur des critères divers, discordants, tous valables, qui permettra l'adoption d'une Constitution moderne et actualisée, à partir des profondes transformations que connaît le tissu social, économique et politique du pays.

Et même si la consultation populaire, cet acte participatif à vocation conciliatoire, arrive à son terme, la réforme constitutionnelle se poursuit. Une étape vient de s’achever.

Il appartient maintenant à la Commission de rédaction, sur la base de toutes les propositions reçues, d’élaborer un nouveau texte qui sera soumis à nouveau à l'approbation de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, après un débat qui devrait être nourri, à en juger les discussions qui ont eu lieu.

Par la suite, le Conseil d'État convoquera un référendum afin que le peuple, par vote direct et secret, adopte la nouvelle Constitution, dont la proclamation marquera son entrée en vigueur en tant que Loi suprême de l'ensemble du système juridique du pays.