ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

LE torrent de solidarité envers les victimes de la tornade me remplit de fierté pour mon pays et mes concitoyens. Il y a non seulement la volonté du gouvernement de faire en sorte que personne ne soit abandonné, comme elle l'a toujours été face aux catastrophes naturelles, aux ouragans, aux incendies et aux inondations durant lesquels les pompiers, les policiers, les soldats et des citoyens ordinaires font preuve d'héroïsme en toute humilité, mais il y a aussi des centaines et des milliers de personnes venues spontanément, sans attendre un quelconque appel pour prêter main forte et apporter de leurs biens, qu’ils n’ont pas en trop, alors que d’autres répondent à l’appel d’organisations comme la Fédération des étudiants universitaires (FEU), l’Union des jeunes communistes (UJC), l’Association Hermanos Saiz (AHS) – la jeunesse et encore la jeunesse –, des églises et même des propriétaires de restaurant privés.

Malheureusement, en même temps que ce dévouement plein d'amour de la part de tant de gens, je vois avec douleur comment des personnes insensibles – y compris certaines que j'ai aimées et dont j’ignorais et qui me cachaient qu'elles pensent de cette manière – répandent la haine et la désunion parmi les Cubains, à la recherche de failles par où verser leurs offenses et leurs insultes aux autorités et à ceux qui ne sont pas comme eux.

Certains s’arrogent le droit de parler au nom de tous les jeunes, comme si les jeunes n’étaient pas les plus présents en première ligne, apportant un démenti à ceux qui proclament que « la jeunesse est perdue » ou que «ces choses n’intéressent pas les jeunes ». Que ceux qui continuent à penser ainsi regardent à la télévision les expressions sincères et douloureuses de ces jeunes, lorsqu’ils sont interviewés près des décombres et des arbres abattus.

Mais oui, ces mêmes jeunes qui ont sans doute défilé lors de la Marche aux flambeaux, critiqués par certains, comme s'il n'était pas possible d’apporter son aide et de participer en même temps à la commémoration d'un moment glorieux de notre histoire. Je le sais parce que j'étais présent, à la première marche.

D'autres s'érigent en défenseurs du peuple et vomissent leur aversion pour la nouvelle Constitution avec un triste langage grossier qui montre qu’ils n’ont pas mis à profit l’opportunité que la Révolution leur a donnée de s’éduquer et ont oublié ce qu'ils ont reçu.

Ils ne savent pas exprimer leur désaccord, qui est un acte légitime, parce que le pays donne la possibilité de voter ou non, de voter oui ou de voter non, mais avec respect, en connaissance de cause, non parce qu'un article ne leur plaît pas, ou parce que depuis l’étranger, ils sont pollués par la propagande. Ils ne comprennent pas ce qui est en jeu, ou c’est peut-être parce qu'ils se sentent comme des ennemis et considèrent que tout ce qui vient de la Révolution doit être ignoré.

Malgré tout, malgré la douleur avec laquelle je devrai vivre le fait que des gens que j'aime adoptent ces positions, la fierté que je ressens pour mon peuple et mon amour pour lui ne seront pas affaiblis.

Je ferai ce que je peux, qui n'est pas grand-chose, parce que je n’ai plus la force pour aller débarrasser les décombres des rues ou de parcourir les zones détruites, mais je donnerai ce que je peux, j'encouragerai les autres, je ferai face à ceux qui haïssent, même si ce sont ceux que j'aime, sans cesser de les aimer. Et le 24 février, je voterai oui pour la Patrie.