ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L'aide pour commencer la reconstruction n'a pas tardé à arriver. Photo: Juvenal Balán

La puissante tornade qui a frappé plusieurs quartiers de La Havane le 28 janvier a laissé dans son sillage des scènes de désolation. À Luyano, dans la municipalité de Diez de Octubre, de nombreux débris jonchent les rues : poteaux électriques arrachés par le vent, voitures ensevelies sous les décombres, bâtiments et maisons endommagés ou détruits. Cependant, dès le petit jour, et même avant, les familles de la communauté se sont engagées dans la reconstruction ce quartier de la capitale, l'un des plus durement touchés par la perturbation atmosphérique qui a ravagé la zone dans la soirée du dimanche.

Aidés des voisins du quartier, le Contingent Blas Rocas, du ministère de la Construction, a prêté main forte aux travaux de déblaiement, qui ont commencé dans la Calzada de Luyano et se sont étendus aux autres rues de cette municipalité dans le cours de la journée.

« Dix-huit camions et trois chargeuses retirent les débris depuis très tôt ce matin. Plusieurs douzaines de travailleurs participent à ces actions et nous serons ici aussi longtemps que nécessaire », a déclaré Granma international Damian Cardonet, vice-président du gouvernement de la municipalité de Diez de Octubre.

« Ce dimanche, j'ai entendu le bruit le plus assourdissant que je n'aie jamais entendu. C’était comme la turbine d'un avion sur le point de s'écraser au sol. J’ai eu très peur comme tous ceux qui ont vécu la tornade, pour la stabilité de ma maison, et pour ma

vie », a déclaré Anairis Borges.

Les vitres de son salon ont été soufflées par les vents. La porte, qui donne sur le trottoir, présente les traces d’impacts violents d'objets propulsés dans les airs comme des projectiles. Une voiture américaine des années 1950 a été entraînée par le vent violent jusqu’au seuil de sa maison et a été arrêtée dans sa course par le tronc d’un palmier déraciné, couché en travers de la route.

« L’heure n’est pas aux lamentations, mais à la reconstruction », a déclaré Anairis, accompagnée de son mari et tenant chacun un balai à la main.

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Yosvani Diaz a été enseveli sous les décombres de sa maison alors qu'il regardait la télévision en compagnie de sa famille. Le toit s'est  affaissé quelques secondes après qu'ils eurent ressenti comme le bruit d’une turbine d'avion et aperçu des lumières rouges par la fenêtre. C’est à ce moment-là, probablement, que l’électricité a été coupée. En moins d'une minute, la tornade qui s’est abattue sur la capitale dimanche a causé « des dégâts comme je n’en avais jamais vus », a signalé Diaz.

« Mon premier réflexe a été de sortir ma femme et mes enfants de la poussière, et quand nous avons tous été à l'abri des décombres, on nous a aidés et évacués immédiatement. Quand j'ai pu me remettre de l'impact, j'ai réalisé les ravages causés par la tornade dans les rues. C'est la scène la plus triste à laquelle j'aie jamais assisté », a-t-il ajouté.

Les histoires se répètent au fur et à mesure que nous avançons dans les rues de Luyano.

« C'était pire qu'un cyclone », s’exclame un homme en casquette à un jeune qui parle sur son téléphone portable. Deux femmes s'embrassent au milieu de la rue et l'une d'elles pleure.

L'autre, sans un seul tremblement dans la voix, lui sèche les larmes, en lui disant qu'au moins elles sont vivantes. « Nous sommes des survivantes », lui souffle-t-elle.

Lorsque Felix Diaz, 71 ans, a vu sa maison s’effondrer sur lui, il a réussi à se dégager par un coin de sa chambre. De là, il a pu s’aider de sa canne. Debout devant ce qui fut sa maison, il veille jalousement aux « rares objets qui ont été épargnés » : un lit nu, une chaise en fer... « Des temps meilleurs viendront », se dit-il.

Malgré toutes ces scènes de ruine et de désolation, « nous ne sommes pas laissés à l’abandon », a souligné Anairis Borges, qui vit juste en face de l'hôpital universitaire Diez de Octubre.

« Avant même que les vents violents ne commencent à souffler, les forces de sécurité ont évacué les femmes enceintes et opérées de l'hôpital en un temps record. Ils s'inquiétaient aussi de la sécurité des habitants du quartier. Nous nous sommes sentis protégés, même au milieu du désastre. Nous savions que nous n'étions pas seuls », a-t-il ajouté.

La ville commence à se relever. Un jeune homme perché sur le toit d'un immeuble où il retire les décombres qu’il jette dans la rue, tout en mettant en garde les passants. Deux hommes portent une plaque tôle de zinc projeté devant le seul de la porte d'un voisin. Une dame vêtue de rouge traîne avec elle.

Une femme vêtue de rouge traîne un morceau de ce qui fut son toit dans une brouette.

« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et attendre que la situation s'améliore d'elle-même, ou que quelqu'un vienne nettoyer à notre place. Il faut se bouger », s’est-elle exclamée.