ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Studios Revolution

LE président Miguel Diaz-Canel Bermudez a procédé à l’ouverture de la séance du Conseil des ministres en saluant le résultat obtenu par notre peuple, et par conséquent la Révolution, lors du référendum constitutionnel, qui a donné « un Oui retentissant et massif en faveur de la nouvelle Loi fondamentale ».

La réunion a abordé plusieurs questions vitales pour le développement du pays, telles que l'utilisation efficiente et rationnelle de l'eau, la performance des exportations et des investissements étrangers, le perfectionnement du système national des droits d’auteur et le comportement du plan économique à la fin janvier.

Comme à l'accoutumée, la réunion s’est déroulée avec la participation, par vidéoconférence, des principaux cadres du gouvernement et du Parti de toutes les provinces et municipalités.

POUR UNE UTILISATION EFFICIENTE ET RATIONNELLE DE L'EAU

Le Conseil des ministres a approuvé un nouveau système tarifaire pour la perception du service d’eau potable et d'assainissement, qui entrera en vigueur progressivement à partir de 2020.

Selon le président de l'Institut national des ressources hydrauliques, Antonio Rodriguez Rodriguez, ces mesures commenceront par le secteur productif et des services, avant de s’étendre au secteur public subventionné et finalement à la population.

« Le nouveau système vise à combler les vides en matière de réglementation liés aux modes de distribution et de service à la population, tels que le l’entretien et la vidange des fosses septiques, la distribution par camions-citernes, l'eau désalinisée et la désobstruction des canalisations intérieures ». Le plus importante est de promouvoir des pratiques efficientes de consommation d'eau dans le pays, a souligné le responsable.

Pour le secteur domestique qui ne dispose pas de compteurs d’eau, le tarif fixe actuellement appliqué pour le paiement de la distribution d’eau reste le même. Les tarifs actuels pour le secteur domestique avec compteur sont maintenus jusqu'à une consommation mensuelle de 4,5 mètres cubes par habitant, un chiffre supérieur à la norme internationale.

Concernant le secteur public subventionné – marqué par une tendance à la surconsommation – la proposition est de maintenir le prix actuel lorsque la consommation se situe dans la norme approuvée et d’appliquer des pénalités en cas de dépassement.

Pour ce qui est du secteur productif, le tarif ne fait pas de distinction entre les personnes morales et les personnes physiques qui fournissent des services ou produisent des biens, car il est fondé sur le principe de la norme établie en fonction de chaque utilisation. Il a été classé en plusieurs groupes : installations hôtelières, commerciales, de services et de bureaux ; usines ou autres sites de production ; irrigation des espaces verts, vergers ou parcelles agricoles et terrains de golf, ainsi que les embarcations. Ici aussi, la pénalisation pour une consommation au-dessus de la norme augmente, les mesures appliquées jusqu'à présent s’étant avérées insuffisantes en tant que mécanisme indirect d’économie d’eau.

« Le nouveau système a pour priorité l'approbation des tarifs pour les services encore non tarifés, ainsi que tous ceux du secteur productif. »

À partir du second semestre de cette année, des tarifs préventifs seront mis en place en tant que méthode éducative, afin qu’aussi bien les entités que la population aient une idée du montant de la facture une fois que la réglementation sera mise en vigueur.

L'arrivée de 1 235 véhicules automoteurs dans le cadre des investissements prévus pour 2018 permettra d’améliorer la situation du transport.

Le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres a précisé que l'objectif est d'ordonner le système de distribution d'eau et sa facturation, ce qui permettra d'économiser cette ressource vitale. Il est important de concevoir une stratégie de communication détaillée pour une bonne compréhension de cette question.

Diaz-Canel a attiré l'attention sur l'habitude qui s’est installée de gaspiller de l’eau, sans penser aux coûts. L'application du nouveau système de mesures, a-t-il signalé, doit s'accompagner d'une amélioration du service, ce qui inclut une distribution supérieure, la mesure de la consommation, l'élimination des fuites et le manque de fournitures.

COMPTES CRÉDITEURS ET DÉBITEURS

La ministre des Finances et des Prix, Meisi Bolaños Weiss, a fait le point sur la situation des comptes créditeurs et débiteurs arrivés à échéances à la fin de décembre 2018, y compris ceux en litige et soumis à décisions des tribunaux. Les chiffres de ces soldes sont supérieurs à ceux de la même période en 2017.

C’est dans les entreprises du secteur du commerce et de la gastronomie que se trouvent le plus grand nombre de montants dus. Parmi les principales causes, elle a mentionné le manque de liquidité, provoqué par les indisciplines liées notamment au manque de contrôle et de rigueur dans l'exécution des contrats économiques entre les entreprises.

Elle a souligné que, ces dernières années, des mesures ont été prises pour briser les chaînes d’impayés, auxquelles il faut ajouter l'adoption immédiate de systèmes de travail qui contribuent à améliorer la situation. À cet égard, des représentants du gouvernement de plusieurs provinces sont intervenus pour aborder la situation de certaines des entités où les impayés sont les plus élevés du pays.

Il s'agit d'une bataille, a souligné la ministre, à laquelle nous devons faire face avec systématicité et objectivité depuis la base, là où se produisent les phénomènes économiques, afin de prendre des mesures et mener des actions permettant d’apporter une solution définitive, en utilisant comme instruments les indicateurs comptables et financiers.

Elle a rappelé que, pour des raisons de principe, le budget de l'État ne financera pas la décapitalisation et le manque de liquidité du secteur des entreprises, résultant de l'inefficacité, du manque de contrôle et du vol.

Le président Diaz-Canel a signalé quant à lui que l'analyse systématique montre qu'il ne faut pas aller chercher la solution aux problèmes générés par les impayés dans le budget ou dans l'obtention de crédits.

En tant qu'éléments essentiels à prendre en compte pour enrayer ce comportement, il a insisté sur l’importance qui doit être accordée au contrôle interne et à la comptabilité dans les entités, ainsi qu’au respect de l’ordre et de la discipline dans la gestion quotidienne des ventes et des dépôts en banque.

L’EXPORTATION DE BIENS ET DE SERVICES

Le ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Rodrigo

Malmierca Diaz, a présenté la Stratégie intégrale pour les exportations de biens et de services, qui découle de l'importance pour l'économie nationale d'accroître les revenus par cette voie.

Cette stratégie a été conçue comme un instrument de planification cohérent et réaliste. Son élaboration a été précédée d’un diagnostic des problèmes qui influent sur la situation actuelle des exportations, dont certaines sont peu compétitives, à faible intégration technologique et à forte concentration.

Le ministre a également souligné des forces et des opportunités telles que le capital humain, les produits cubains hautement reconnus sur le marché mondial et les potentialités dans les services.

Les objectifs de la Stratégie comprennent la croissance annuelle et durable des exportations, la modernisation de l'industrie nationale par l'innovation et la promotion des enchaînements productifs et la création de fonds exportables dans chaque province.

En outre, la promotion de la spécialisation sectorielle par le biais des pôles d'exportation, des parcs industriels et scientifiques et technologiques, des zones spéciales et des entreprises de haute technologie ; la diversification et l’élargissement du portefeuille d'exportation ; l'articulation des entités étatiques avec des formes de gestion non étatiques et la mise en place de normes de qualité et d’innocuité.

Le ministre a précisé que plusieurs éléments ont été retenus pour concentrer les efforts et les ressources au cours de la période 2019-2021, et parmi ces ressources figurent le nickel, le sucre, le tabac, le miel, le charbon, le rhum, les produits biopharmaceutiques et marins, les services médicaux, touristiques, de télécommunications, éducatifs, culturels et sportifs.

Il a insisté sur la nécessité de consolider ou de récupérer les capacités de commercialisation des biens traditionnels et d'en introduire de nouveaux, en privilégiant ceux à plus forte valeur ajoutée, mais sans négliger aucune opportunité, y compris pour de faibles montants.

Le président a insisté sur le fait que tous les organismes ont la possibilité d'exporter, que chacun doit identifier ses potentialités et les concrétiser. « Le principale fondamental sur lequel nous devons travailler dans le cadre de la stratégie d'exportation est de supprimer le bureaucratisme, les obstacles et tout ce qui nous encombre en matière de réflexion, d'ouvrir nos esprits et d'être plus proactifs », a-t-il dit.

LES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS, LES CRÉDITS ET LES EXPORTATIONS

Les investissements étrangers ont été considérés comme essentiels au développement dans divers scénarios. En conséquence, à cette occasion le Conseil des ministres a fait le point sur la question, ainsi que sur le comportement des exportations et l'utilisation des crédits extérieurs dans le secteur du tourisme, prioritaire pour l'économie nationale.

Malmierca Diaz a expliqué que le secteur touristique a gagné en organisation, ainsi que dans la mise en place de solutions aux vieux problèmes des entreprises mixtes et que l’on observe une hausse dans la performance des contrats de gestion et de marketing hôtelier avec des gestionnaires étrangers de prestige international. Dans le même temps, il a reconnu qu'à l'heure actuelle, la diversité des modalités et la répartition géographique des projets sont bien représentées dans le portefeuille d’opportunités.

En ce qui concerne l'obtention de financements extérieurs dans le secteur, il a souligné l'impact négatif du durcissement du blocus économique, commercial et financier exercé par le gouvernement des États-Unis.

Se référant à la Stratégie intégrale des exportations de biens et de services, il a affirmé qu'elle définit les grandes lignes de travail de ce secteur entre 2019 et 2021, où la diversification des produits touristiques et des marchés de destination a un poids important, ainsi que la création de chaînes productives avec l'industrie nationale.

À cette réunion, un accent particulier a été mis sur la nécessité de continuer à travailler avec le secteur non étatique, lié au tourisme, pour qu'il puisse apporter un complément à cette activité, de coordonner une stratégie avec le ministère de la Santé publique pour promouvoir le tourisme de santé dans les stations balnéaires, et d'accroître l’offre extra-hôtelière avec des projets liés à la culture.

Pour sa part, le ministre du Tourisme, Manuel Marrero Cruz, a affirmé qu'il y a des réserves à exploiter dans la recherche de nouvelles options et pour atteindre une meilleure efficacité dans la promotion de nos destinations, ainsi que pour réduire les coûts afin de maximiser les résultats.

LE PERFECTIONNEMENT DU SYSTÈME D'AUDIT

Un an après la mise en œuvre de la politique de perfectionnement du Système national d'audit, le Conseil des ministres a débattu des principaux résultats et défis de cette décision gouvernementale qui a permis de réorganiser, clarifier, définir et améliorer l'activité d'audit, ainsi que le niveau de connaissance et de soutien des administrations dans leur travail.

La Contrôleuse générale de la République, Gladys Bejerano Portela, a signalé que des problèmes ont été constatés en ce qui concerne le personnel du Système national d’audit, qui reste à compléter. Afin de remédier à cette situation, la formation des contrôleurs par des cours de spécialisation et de qualification a été encouragée. Nous travaillons avec le ministère de l'Enseignement supérieur pour ouvrir le cycle court de la formation dans la spécialité de l'Audit, afin de continuer à élever le niveau professionnel.

Elle a souligné le rôle prophylactique et préventif joué par les contrôleurs internes de base – poste approuvé comme résultat de la politique – afin de contribuer à optimiser la gestion et l'efficacité administrative. Elle a également insisté sur la nécessité d'améliorer les conditions de travail et de vie des contrôleurs, dans le but de parvenir à une plus grande stabilité et à l’indépendance nécessaires à l'accomplissement de leur mission.

Plus loin, la Contrôleuse générale de la République a fait part au Conseil des ministres de deux actes de corruption détectés dans le cadre de l'enquête menée dans la chaîne des impayés du secteur du commerce de détail : l'un à l’Entreprise commerciale et gastronomique de la municipalité Jesus Menéndez, dans la province de Las Tunas, et l'autre à l'Unité commerciale de base de la Havane. Dans les deux cas, des déficits de liquidités ont été constatés en raison du non dépôt de l’argent des ventes de plusieurs produits.

Dans les deux cas également, des violations de la politique des cadres ont été constatées en ce qui concerne l’embauche, l'enquête préalable, la sélection et de la formation du personnel, ainsi qu’en raison de la dégradation de l’éthique des cadres, des spécialistes et des techniciens impliqués dans des agissements délictueux présumés et de corruption administrative, en raison de l'absence des mesures de contrôle élémentaires de la part des personnes chargées de l’application des procédures.

Les présidents des gouvernements des deux provinces où ces actes ont été commis ont expliqué les mesures adoptées à l’encontre des responsables et les actions mises en œuvre.

Diaz-Canel a donné l’instruction de discuter de ces deux cas au sein des conseils d'administration du ministère du Commerce intérieur et dans tout le système de commerce et de gastronomie du pays, afin de pouvoir tirer des leçons et éviter que des situations semblables ne se reproduisent.

LES ÉTABLISSEMENTS HUMAINS CONCENTRÉS

Samuel Rodiles Planas, président de l'Institut d'aménagement du territoire, a présenté un compte rendu de la situation des établissements humains concentrés à Cuba pendant la période 2012-2018. Comme il l'a expliqué, c'est ainsi que l'on considère le regroupement de 15 maisons ou plus habitées en permanence ou non habitées, séparées par une distance allant jusqu'à 50 mètres, avec un nom qui l'identifie et des limites déterminées qui le différencient des autres ; il peut ou non avoir dans sa structure des installations de service, de production ou autres.

Cette mise à jour vise, entre autres, à fournir des informations pour la prise de décision gouvernementale, l'enrichissement des plans généraux d'aménagement du territoire et de développement urbain, ainsi que disposer des données statistiques du pays à ce sujet.

Il a indiqué que, dans certains endroits, une réduction du nombre d'établissements humains est prévue, associée à la reconversion des installations en logements dans les zones de production agricole et à leur réinstallation pour répondre aux besoins des personnes touchées par des événements extrêmes.

Dans le même temps, la migration spontanée de la population vers les zones de services et de développement économique a également eu des répercussions. Les impacts les plus défavorables dus au dépeuplement des zones agricoles se situent dans les provinces de Villa Clara et Ciego de Avila.

Le président de l'Institut d'aménagement du territoire a recommandé de se pencher dans chaque territoire sur les dossiers à jour des établissements humains concentrés pour

examiner la question de la croissance incontrôlée et son incidence dans des domaines tels que l'emploi, l'occupation des terrains non aménagés et l'augmentation du transport et des infrastructures techniques.

Diaz-Canel a souligné que ce document, ainsi que le Plan d'aménagement du territoire et de l'urbanisme, sont appelés à devenir des outils pour le travail de planification et d'analyse des différents enjeux de l'économie et de la société.

L'ÉCONOMIE CUBAINE À LA FIN DU MOIS DE JANVIER

Finalement, le ministre de l'Économie et de la Planification, Alejandro Gil Fernandez, a présenté un rapport sur la situation de l'économie cubaine à la fin janvier.

Il a évoqué, entre autres, l'arrivée dans le pays de 1 235 véhicules automoteurs, dans le cadre des investissements prévus pour 2018. Il s'agit de 221 bus Yutong et de 504 minibus, dont 401 destinés à la flotte de taxis, qui s’inscrivent dans le cadre des efforts visant à améliorer la situation du transport. En outre,

290 modules ont été reçus destinés à l’assemblage d’autobus et de véhicules de transport de marchandises.

Au sujet de l'électricité, il a signalé qu'il n'y a eu aucun effet sur le service pour cause de déficit de production pendant les heures de pointe de la demande.

Dans l'activité touristique, à la fin de janvier le plan a été exécuté à 102%, avec l'arrivée de 489 629 visiteurs, ce qui représente une croissance de 9 % par rapport à la même période l'année dernière. On a assisté à une augmentation des principaux marchés, dont le Canada et la Russie.

La saison d’ensemencent pour les cultures diverses et le tabac va bon train. Par contre, la production de farine de blé a connu des tensions dues à des problèmes mécaniques et électriques de l'industrie meunière.

À cet égard, la ministre de l'Industrie alimentaire, Iris Quiñones Rojas, a déclaré que durant le mois de mars les niveaux de production de farine devraient augmenter, et que les retards seront rattrapés.

Pour sa part, le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres a rappelé à ce propos qu'il y a eu une pénurie de produits de la ligne économique tels que le pain, les œufs, l'huile végétale, la farine de blé et le poulet, qui a affecté la population.

Il a insisté sur l’intégration des cycles productifs liés à ces produits, en soulignant que des efforts sont réalisés pour que les financements ou les importations se fassent à temps et que malgré cela, des problèmes se posent avec les contrats de transport ou les retards de certains envois.

Nous avons besoin d'une dynamique économique plus vigoureuse cette année, afin d’obtenir un impact sur l'alimentation, le logement, les transports et l'informatisation, pour ne citer que quelques éléments importants dans le quotidien des gens.

Il a rappelé que le suivi des investissements sera permanent et que, mois après mois, chacun des investissements sera évalué, de même que l'impact prévu dans les études de faisabilité.

Il a souligné la nécessité de respecter les exportations, celles inscrites dans le plan et celles qui peuvent être ajoutées dans le courant de l'année. « Chacun doit chercher ce qu'il peut exporter et, bien sûr, se faire payer. »

D'autre part, il a attiré l'attention sur l’importance qui doit être accordée aux lignes économiques, tant industrielles qu'alimentaires, afin d’éviter tout désagrément à la population.

Rappelant les instructions du général d’armée Raul Castro Ruz, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, Diaz-Canel a souligné que les cultures à cycle court doivent être augmentées afin d'assurer une production d’aliments plus immédiate et de continuer à développer les autres cultures pour respecter le programme d'auto-approvisionnement municipal et les ventes de produits agricoles.