« LES questions que nous devons prendre en compte et auxquelles il nous faut répondre sont nombreuses, et une partie importante de ces réponses, il faudra les trouver depuis l'innovation et le savoir. Pour ce faire, nous devrons constamment faire appel à l'enseignement supérieur », a déclaré Miguel Diaz-Canel Bermudez, président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, à la clôture de la réunion de bilan de l'année 2018 du ministère de l'Enseignement supérieur (MES).
Le président s'est dit convaincu qu'avec l'engagement existant à ce niveau d'enseignement, des réponses à de nombreux problèmes seront trouvées, et dans le cas des plus difficiles, des efforts soutenus seront déployés pour les trouver. Des paroles qui ont été confirmées par les applaudissements prolongés de l’auditoire.
La réunion avait commencé deux heures auparavant, avec la présentation des aspects les plus importants relatifs aux résultats, aux forces et aux faiblesses du ministère, ainsi qu’aux objectifs, en particulier à court terme, par le Dr Jose Ramon Saborido, ministre du MES. Roberto Morales Ojeda, vice-président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, et Olga Lidia Tapia, membre du Secrétariat du Comité central du Parti, se trouvaient à la présidence, entre autres dirigeants.
Les 13 interventions, dont la plupart par des recteurs d'université, ont mis en évidence que l'apathie et l'inertie n'ont pas leur place dans leurs établissements et que les stratégies du gouvernement tracent la voie pour promouvoir les demandes du secteur des entreprises, principalement les secteurs agroalimentaire, industriel et d’exportation, à partir de l'identification et le développement de nouvelles lignes de produits.
Ainsi, les participants ont pris connaissance des rapprochements entre l'Université agraire de La Havane et le ministère de l'Agriculture et le Groupe d'entreprises Azcuba pour la formation de premier cycle et de troisième cycle universitaires pour des professionnels dans les spécialités agricoles et la médecine vétérinaire, ainsi que l'expérience de développement local menée à l'Université de Pinar del Rio.
Un consensus s'est dégagé sur la nécessité de travailler sur la formation professionnelle, mais aussi d’apporter des conseils aux organismes et aux entités dans l’identification de leurs besoins en spécialistes, l’amélioration de leur gestion, l’approfondissement des relations interinstitutionnelles et l’acquisition de compétences en langue anglaise.
Walter Baluja, recteur de l’Université des Sciences informatiques, a annoncé que très prochainement aura lieu la première remise de diplômes aux étudiants en Administration des réseaux et Sécurité informatique, lesquels sont prêts à satisfaire les étudiants intéressés par cette matière très demandée, dans la modalité des études de cycle court. Il a également souligné qu’un cours destinés aux cadres est en préparation dans la modalité enseignement à distance, et qu’un autre est en préparation pour les cadres.
UN TRAVAIL POLITIQUE IDÉOLOGIQUE INTÉGRAL
La formation intégrale des étudiants a été l'un des aspects abordés par la Dr en Sciences Alicia Alonso Becerra, rectrice de l’Université technologique de La Havane « José Antonio Echeverria » (Cujae) qui, pour souligner la participation des élèves à des tâches d'impact social, a dit sur le ton de la plaisanterie qu'elle préférait « les voir sur le terrain de jeu que dans les tribunes ».
Elle a qualifié de magnifique la réponse rapide et enthousiaste des étudiants universitaires de la capitale – en particulier ceux de l’établissement qu'elle dirige – au travail de reconstruction à la suite des dégâts causés par la tornade dans plusieurs municipalités, ce dont Diaz-Canel s’est également félicité dans ses paroles de clôture, en faisant référence à cette « expérience intense » de jeunes engagés envers l’avenir.
Dès le début de son intervention, le président cubain a indiqué qu’il s’est intéressé aux sujets et aux questions concernant la conception d'une administration publique plus efficace, alors qu’il était ministre de l’Éducation supérieure. En effet, ces questions faisaient partie de ses projets, et il a cité la télévision numérique, l'informatisation, la R et D [Recherche et développement], le rôle des sciences sociales, le développement local, la gestion administrative et commerciale, la planification stratégique, les relations université-entreprise, les parcs technologiques et l’enseignement de l’anglais.
Plus loin, il a signalé que la situation actuelle exige beaucoup en matière de formation politique et idéologique intégrale des enseignants et des étudiants, qui doit être réalisée à partir du débat sur toutes les questions importantes, en cherchant des arguments dans l'histoire et la science pour combattre des formes de pensée aliénantes, la vulgarité et la banalité que des plateformes capitalistes et néolibérales tentent de nous imposer.
Il a souligné que parmi les priorités de la bataille économique et le lien avec l'enseignement supérieur, la politique des cadres demeure décisive dans ce secteur, qui s'oriente vers le renouvellement des enseignants, du fait du changement logique de générations. Cependant, les essences et les valeurs éthiques et révolutionnaires restent identiques, avec la volonté permanente de travailler davantage, dans le respect de la culture du détail.
Se référant au rapport de la question démographique avec le déficit de main-d'œuvre qualifiée, il a appelé à penser la formation différemment. En ce sens, il a souligné que notre rôle n’est pas de limiter la formation de ces ressources humaines, ni la recherche, ni la vulgarisation universitaire, mais de les faciliter et de chercher des moyens d’y parvenir.
Dans la relation entre les organismes de l'administration de l'État et l'Enseignement supérieur il a insisté sur l’un des points analysés : les formations de technicien supérieur qu’il préfère ne pas qualifier de cycle court.
« Quiconque obtient un diplôme de ce type est plus qu'un technicien de niveau intermédiaire ; il termine après trois ans d’études universitaires de base et une formation spécialisée, ce qui ouvre de nombreuses possibilités aux organismes qui doivent continuer à faire des propositions et commencer à établir des demandes au-delà de leurs potentialités. Aussi les universités doivent-elles s’orienter vers l’interrelation et se renforcer dans différents domaines », a-t-il précisé.
Il s’est dit satisfait du fait que toutes les politiques liées au développement scientifique du pays étaient déjà conçues et que les universités étaient prêtes à les mettre en œuvre. « Il ne reste plus qu'à agir de manière plus proactive », a-t-il souligné.
Il a également déclaré que les établissements d’enseignement supérieur ont la responsabilité, par mandat, de la mise en œuvre des Orientations, de la formation des cadres, pour les entreprises et pour l'administration.
UN TRIO INSÉPARABLE
« La communication sociale, l'informatisation de la société et la recherche sont des outils de travail qui doivent être utilisés et avoir leur origine et leur développement au sein des universités », a-t-il dit. Concernant l’informatisation, il a insisté sur la participation sur les réseaux sociaux, un espace de gestion des connaissances, d'idéologie et de défense de la Révolution, auquel participent tous les établissements de ce niveau d'enseignement, tout en soulignant la participation active des universités de Guantanamo, des Sciences informatiques et l’Université de Technologie « José Antonio Echeverria ».
Soulignant une fois de plus le rôle des établissements du ministère de l’Enseignement supérieur dans la résolution des problèmes du pays et des territoires, il s’est dit très fier de voir que toutes les universités où il s’est rendu au cours des six dernières visites du Conseil des ministres dans les provinces ont été à même de présenter des idées novatrices, de démontrer qu'elles avaient des programmes de recherche, qu'elles pouvaient apporter des solutions dans différents domaines, dans lesquels les gouvernements locaux sont maintenant impliqués.
LES DÉFIS DU MES POUR 2019
- Augmenter les taux d’inscription en mettant l'accent sur les carrières dans les domaines de l'enseignement, de l'agriculture, de l’élevage et des sciences fondamentales.
- Concevoir et offrir des programmes de formation de cycle court qui répondent à la demande de développement économique et social.
- Promouvoir la formation doctorante dans toutes les universités et les établissements de science, de technologie et d’innovation.
- Augmenter la satisfaction des nécessités de formation et d’études de 3e cycle des professionnels du secteur non étatique.
- Mettre en œuvre, en liaison étroite avec le Citma [ministère des Science de la Technologie et de l’Environnement], des politiques relatives à l'intégration des universités dans le système des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation.
- Donner la priorité à l'application des résultats dans le développement économique et social du pays, y compris les enchaînements productifs qui peuvent conduire à l'exportation ou à la diminution des importations.
- Renforcer le rôle de tous les centres universitaires municipaux, en tenant compte du rôle qui leur est attribué dans la nouvelle Constitution.
- Accroître la génération de revenus provenant de l'exportation de services universitaires, scientifiques et de biens.








