ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Jose M. Correa

« Le 24 février 1976, il y a 43 ans, avant de partir à l'étranger pour remplir un engagement urgent, le commandant en chef m'avait demandé de le remplacer pour la cérémonie de proclamation », a-t-il dit.

La date choisie, a-t-il affirmé, n'est pas une coïncidence. Il y a 150 ans, les mambises, réunis en Assemblée constituante, votèrent notre première Constitution révolutionnaire.

Ce texte, a-t-il rappelé, aspirait à l'unité, la liberté, l'indépendance et la reconnaissance de l'égalité entre tous les Cubains.

Cette Constitution est la continuité de l’autre, a affirmé Raul, parce qu'elle préserve l'unité de tous les Cubains et l'indépendance et la souveraineté de la Patrie.

La Constitution de Guaimaro, a-t-il rappelé, fut suivie par celles de Jimaguayu et de La Yaya, dans le prolongement de ce même processus.

Aussi n’est-il pas superflu, a-t-il estimé, de se rappeler que, malgré les luttes des mambises, la liberté souhaitée ne fut pas obtenue et la victoire fut arrachée par l'intervention des États-Unis.

Suivant le cours de l'histoire, Raul a souligné qu’au milieu de l'intervention militaire étasunienne, la Constitution de 1901 fut adoptée et que l'amendement Platt y fut rajouté en annexe.

Plus tard, a-t-il poursuivi, la Constitution de 1940 parvint à refléter une partie des aspirations de l'époque, et la conjoncture dans laquelle se déroula le processus constitutif influença l'approbation d'un texte avancé pour l'époque, qui s'opposait à la discrimination et interdisait le latifundium. Cependant, de nombreux postulats restèrent lettre morte parce qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une évolution législative ultérieure et parce qu'il était impossible de les appliquer dans ces conditions.

Sa validité, a poursuivi Raul, fut interrompue par le coup d'État de Fulgencio Batista en 1952, et l'instauration de statuts illégitimes, un acte qui fut le catalyseur du mouvement révolutionnaire, dont les idéaux sont résumés dans le plaidoyer du commandant en chef, « L'Histoire m’acquittera », lors de son procès après les attaques des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes.

Photo: Jose M. Correa

Le Triomphe de la Révolution, selon le général d’armée, a sauvegardé les postulats de l’année 1940, qui ont été adaptés aux nouvelles conditions, par la promulgation, le 7 février 1959, de la Loi fondamentale.

La Révolution, a-t-il poursuivi, a été une source de droit. C'est elle qui a donné la terre aux paysans, c’est elle qui a mis la santé publique au service des citoyens, c’est elle qui a permis l'égalité des Cubains, c’est elle qui a nationalisé.

Il a rappelé que dans le rapport au Premier Congrès du PCC, le commandant en chef avait souligné la nécessité d'une Constitution socialiste en accord avec les caractéristiques de la société, qui reflète les lois générales de la société que nous construisons, les transformations profondes de la Révolution et ses acquis, qui consolide ce que nous sommes aujourd'hui et contribue à réaliser ce que nous voulons être demain.

Jusqu'en 1976, a dit Raul, la période provisoire a été maintenue et la nouvelle Constitution a réaffirmé le caractère socialiste de la Révolution et a institué les droits conquis par le peuple.

Dans son intervention, Raul a indiqué que la chute du camp socialiste et les nouvelles conditions de la période spéciale ont conduit à une réforme partielle de la Constitution en 1992, qui faisait essentiellement référence à des modifications dans le système économique, tandis qu’était introduit l'élection directe par le peuple des députés et des délégués provinciaux, et un élargissement de la liberté religieuse.

La réforme de 2002 fut également d’une grande importance, alors que les États-Unis multipliaient les agressions contre Cuba, et que, avec le soutien du peuple, le caractère irrévocable du socialisme était confirmé.

Les Orientations et les accords conclus lors de la Première Conférence nationale du Parti ont conduit à la nécessité de modifier l'ordre constitutionnel et, en 2013, un groupe de travail a été mis sur pied dans cet objectif.

Selon Raul, le 7e Congrès du Parti a approuvé des documents qui exigeaient également d’être reflétés dans l'ordre constitutionnel, si bien que, plus qu'une réforme, une nouvelle Constitution était nécessaire pour approfondir les principes de la structure de l'État, les droits et les garanties des citoyens et d'autres questions importantes, en pensant non seulement au présent mais aussi à l'avenir de la Patrie.