
SANTIAGO DE CUBA. – Asela de los Santos Tamayo vient de faire ses adieux ce 23 janvier, en nous laissant un héritage impressionnant de patriotisme et de fermeté dans la lutte, des idéaux qu’elle embrassa très tôt aux côtés de Vilma Espin et de Frank Pais et auxquels elle se consacra fidèlement à travers une contribution infatigable à l'œuvre révolutionnaire de Fidel et de Raul.
Sa vie pourrait se résumer à cet amour infini pour la Patrie libre et souveraine, qui l'a amenée à prendre part aux manifestations étudiantes, à la lutte clandestine, à intégrer les rangs de la guérilla du 2e Front oriental Frank Pais, à créer la Fédération des femmes cubaines, jusqu’à élaborer une véritable pédagogie révolutionnaire qui l’amena à se consacrer à l'éducation et à la formation de nos enfants.
« Quand j'étais jeune », confiait-elle à propos de ses années à l'université d'Oriente, « nous parlions de tout, y compris des questions politiques. Nous appartenions à une génération qui rejetait la politicaillerie républicaine immorale qui avait trahi les idéaux patriotiques et était la négation de la pensée de José Marti à laquelle nous croyions ».
D’où sa réaction spontanée à la suite des coups de feu tirés par les assaillants héroïques de la caserne Moncada, qui le 26 juillet 1953, sous le commandement de Fidel, étaient partis à l’assaut de la caserne pour ne pas laisser mourir les idées de l'Apôtre de notre indépendance le jour du centenaire de sa naissance, car José Marti était bien l'auteur intellectuel de cette attaque.
À l’époque, Vilma Espin racontait que le 27, alors qu'elle était à l'université, Asela faisait partie des étudiants qui décidèrent de l'accompagner à la forteresse militaire pour y affronter la soldatesque implacable, et connaître le sort des jeunes attaquants.
Aux côtés de l'inséparable Vilma et sous les ordres de Frank, Asela sut tisser sa propre histoire dans ce combat en participant à des missions difficiles telles que la collecte et le transfert d'armes, parfois cachées dans ses vêtements, lors du soulèvement armé du 30 novembre ; l’organisation de la sécurité des premiers et des autres renforts envoyés, après le débarquement du yacht Granma, dans les rangs de la guérilla naissante dans la Sierra Maestra.
Ainsi, le 4 juillet 1958, elle écrit : « Chère Debora (nom de guerre de Vilma). Je t’écris d'ici, de la zone de Raul, dans le campement du capitaine Tomassevich. Cela t’étonne, n'est-ce pas ? », et après avoir échangé des informations, elle prend congé en disant : « Salue Raul de ma part, car même si je ne le connais pas personnellement, je le connais à travers vous et à travers ses actions ».
À la tête du Département de l'éducation, qui lui fut confié par le commandant Raul Castro au cœur du territoire rebelle, Asela se consacra corps et âme à l'instruction des guérilleros illettrés et à l’installation de salles de classe dans lesquelles, pour la première fois, les humbles enfants des montagnes allaient apprendre à lire et à écrire.
Si elle fut ainsi pendant la guerre, après le triomphe révolutionnaire elle se consacra davantage à la Révolution naissante. Dans les premières années, elle fut aux côtés de Vilma dans la fondation de la Fédération des femmes cubaines, – une idée de Fidel – ; elle occupa des responsabilités de direction dans des centres d'enseignement des Forces armées révolutionnaires, puis au ministère de l'Éducation jusqu’à ce qu’elle en fut nommée la ministre.
Asela, qui compta sur l'affection des dirigeants de la Révolution, épousa le Héros de la République de Cuba, José Ramon Fernandez. Elle restera dans le souvenir éternel et le cœur du peuple cubain, qui admirait tant sa grandeur et sa simplicité.
Ciment dans la Patrie révolutionnaire, l'Héroïne du travail de la République de Cuba retournera sur les collines de Micara, pour reposer auprès de ses compagnons du 2e Front de la guérilla, dont les restes ou les cendres reposent dans l'imposant mausolée érigé en leur honneur, pour qu’ils soient hissés comme des drapeaux de lutte éternelle.
INCONDITIONNELLE ENVERS LA PATRIE
Elle naît le 10 septembre 1929 dans la ville de Santiago de Cuba. Très jeune, elle rejoint les luttes étudiantes à l'Université d'Oriente, où elle obtient un doctorat en pédagogie. Elle y rencontre sa camarade de classe Vilma Espin, avec qui elle entretient depuis lors une étroite amitié.
Lors du coup d'État du 10 mars 1952, elle est arrêtée avec d'autres camarades alors qu’elles sont en train de distribuer des tracts révolutionnaires.
Elle collabore à la recherche de moyens pour aider les survivants de l'attaque de la caserne Moncada. Avec Frank Pais et sous ses ordres, elle fait partie du noyau initial du Mouvement du 26 juillet. Elle participe au soulèvement du 30 novembre à Santiago de Cuba.
Pendant la période insurrectionnelle, elle accomplit différentes missions, dont le transfert des camarades qui faisaient partie du premier renfort vers la Sierra Maestra et, avec d'autres combattants clandestins, elle fait passer des armes, en provenance des États-Unis, à la guérilla.
En août 1958, elle rejoint l'Armée rebelle sur le 2e Front oriental Frank Pais, dont le chef, à l’époque le commandant Raul Castro Ruz, la nomme à la tête du Département de l'éducation. Là, elle participe à la création de plus de 400 écoles pour enfants et à la formation de groupes d'alphabétisation pour les combattants.
Après le triomphe de la Révolution, elle apporte une contribution méritoire à Vilma, présidente de la Fédération des femmes cubaines, dans la création de cette organisation, dont elle devient membre du Comité national et où elle occupera ensuite le poste de Secrétaire générale.
En 1966, elle rejoint le ministère des Forces armées révolutionnaires en tant que chef de la Direction de l’enseignement et de l'École militaire « Camilo Cienfuegos ». En 1969, elle est promue au rang de capitaine.
Plus tard, en 1970, elle est nommée directrice générale de la Formation des enseignants au ministère de l'Éducation, où elle assume diverses responsabilités jusqu'à sa promotion au poste de ministre en 1979.
Asela a été fondatrice du Parti communiste de Cuba et membre de son Comité central pendant trois mandats. Elle a également été membre de la direction nationale de l'Association des combattants de la Révolution cubaine.
Au cours de sa vie fructueuse, elle a reçu de nombreuses décorations, parmi lesquelles le titre d'Héroïne du travail de la République de Cuba, l'Ordre de Playa Giron, les médailles de « Combattante de la lutte clandestine » et de « La guerre de libération », les Ordres d’Ana Betancourt et de Mariana Grajales et l'Ordre de première classe Frank Pais, ainsi que la distinction pour la Culture cubaine, la médaille des 25 ans pour l’Éducation et les médailles commémoratives des 20, 30, 40, 50 et 60 décernées par les Forces armées révolutionnaires.
Les idéaux et l'amour l'ont unie jusqu'aux derniers moments de sa vie au Héros de la République de Cuba, José Ramon Fernandez. On se souviendra d'Asela pour sa modestie, sa fermeté, son engagement en faveur de la justice sociale et sa loyauté envers Fidel, Raul, Vilma et la Révolution cubaine.
Selon ses dernières volontés, sa dépouille a été incinérée et ses cendres seront exposées samedi prochain, le 25 janvier, à partir de 9 heures, au Panthéon des anciens combattants du cimetière de Colon, où elles resteront jusqu'à leur transfert ultérieur au Mausolée du 2e Front oriental Frank Pais, dans la province de Santiago de Cuba.








