
José Marti, symbole éternel de toute pensée juste que l’on pourrait invoquer, avait coutume de dire que « les familles sont comme les racines des peuples... » Et c’est à juste titre qu’il les définissait comme le support et l'ancrage des sociétés et de leurs conquêtes.
Lors de la Journée internationale de la famille, le 15 mai, le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a célébré la date sur son compte Twitter, en proposant « d’aller de l’avant dans l'élimination de toute expression de discrimination, de préjugé et de violence dans le cadre familial et dans la société ».« Là où il y a de l'amour, il y a une famille », a-t-il écrit, soulignant ainsi la première raison, plus que toute autre, qui la fonde.
Les familles, toutes, avec les influences de la contemporanéité, le rôle croissant des affects et autres médiations socio-économiques, se sont transformées à la vitesse de la lumière. Seulement, ce rythme vertigineux n'a pas trouvé la même dynamique de changement dans le domaine juridique, en vue de leur offrir davantage de protection.
À travers la Constitution approuvée en 2019, Cuba a redimensionné la protection de ce groupe social, en lui incluant explicitement un chapitre, et a consacré, depuis la dimension constitutionnelle, la reconnaissance et la protection des familles, « quelle que soit leur forme d'organisation, en tant que cellule fondamentale de la société ».
Elle a également adopté un ton pluriel et inclusif, adapté à la réalité environnante, et a banni l'approche préférentielle d'un seul type de famille, pour accueillir tous les modèles existants, autant que de préférences affectives que les personnes peuvent avoir au sein de leur foyer.
La Constitution a donc placé la barre haut, d'une part, pour le reste de la législation, sommée aujourd'hui d’être en cohérence avec les orientations suprêmes et, d'autre part, pour la société, pressée, comme se plaît à le dire un professeur respecté, d'avoir une vision œcuménique et respectueuse des droits humains des familles, indépendamment de qui les intègre et de la manière dont il le fait.
Cette vision n'a pas l'intention d'imposer, et encore moins de promouvoir, un modèle familial ou un autre, car ils existent déjà autour de nous. Ce peuvent être nos voisins, nos collègues de travail, ou la connaissance d'une connaissance… Il s'agit de faire respecter tous les droits de toutes les personnes, sans que cela n’affecte ceux qui en ont toujours bénéficié.
La Constitution elle-même, tel un parapluie juridique, établit, comme limites à l'exercice des droits, les droits des autres. En ces termes, comment une famille peut-elle être affectée par le fait qu'une autre famille, quelle qu'elle soit, accède à une protection juridique et, face à tout conflit, puisse compter sur des outils juridiques pour le régler ?
Personne ne devrait être assez puissant pour déterminer, ou même avoir son mot à dire, sur le type de famille qui convient à chacun. Le choix est, ou devrait être, absolument individuel, fondé sur l'amour, le respect et l'existence d'un projet de vie commun.
Pour le romancier anglais Gilbert Keith Chesterton, « l'endroit où les enfants naissent et où les hommes meurent, où la liberté et l'amour s'épanouissent, n'est ni un bureau, ni une boutique ni une usine. C'est là où je vois l'importance de la famille ». Et c'est là où nous devrions tous la voir.








