
Bien que ces dernières semaines, la situation épidémiologique complexe l'ait amené à modifier une partie de son programme de travail et à porter son attention sur la lutte contre la covid-19, le gouvernement cubain est vivant, et il se préoccupe et s’occupe de toutes les affaires du pays.
C'est ce qu'a déclaré Manuel Marrero Cruz, membre du Bureau politique et Premier ministre, lors de son intervention à l'émission de télévision La Table ronde.
En dépit du renforcement des mesures sanitaires, après que toutes les provinces sont passées à la phase de transmission communautaire de la maladie, il a expliqué que le contrôle de la mise en œuvre des programmes, des macro-programmes et d'autres questions prioritaires s’est poursuivi. « Nous travaillons à la recherche de solutions », a-t-il déclaré.
LA SITUATION ÉNERGÉTIQUE TEND À SE STABILISER
Au début de son intervention, Marrero Cruz a évoqué la question de l'énergie, en affirmant que le gouvernement surveille quotidiennement l’avancée des travaux.
À cet égard, il a signalé que l'unité numéro un de la centrale thermoélectrique de Felton, conçue pour produire 260 mégawatts (mw), a subi sa première synchronisation après sa réparation capitale, et qu’elle est en cours d'essai et de réglage.
La centrale contribue en ce moment au système énergétique. Les ajustements devraient être terminés cette semaine et l'usine devrait atteindre sa pleine capacité, a-t-il déclaré.
Par ailleurs, il a souligné que le 13 juillet, la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, d'une capacité de 280 mw, a été synchronisée avec le système électrique national (sen). Elle a commencé à livrer 234 mw, ce qui a déjà un impact important sur le sen et place le pays dans une position plus avantageuse.
Le Premier ministre a ajouté qu'en août, il est prévu de réaliser la première synchronisation de l'unité six de la centrale thermoélectrique Maximo Gomez de Mariel, qui incorporera 100 mw supplémentaires.
Depuis la remise en route de la centrale Guiteras et de l'unité 1 de la Felton, les interruptions de service dues à des déficits de capacité de production diminuent sensiblement, même s'il a averti qu'elles pourraient encore se produire à certains moments.
« Il s’agit d’un processus qui doit aller vers une amélioration et une stabilisation continues, mais nous ne pouvons pas encore dire que le problème est totalement résolu », a-t-il déclaré.
Afin de garantir l'absence de pannes, 500 mw de puissance de réserve sont nécessaires en permanence pour assurer la couverture, au cas où l'une des grandes centrales thermoélectriques tombait en panne soudainement. Si cette puissance était inférieure, toute rupture qui aurait lieu au moment de la prestation de service pourrait provoquer des affectations, a-t-il dit.
Pour cette raison, a-t-il déclaré, il est nécessaire de poursuivre le processus de réparation et de mise en marche de tous les équipements qui sont paralysés.
Bien qu'il y ait encore des pannes, avec l'arrivée des nouvelles centrales, elles ont considérablement diminué, surtout la nuit et aux premières heures du matin.
Cette tendance devrait se poursuivre et même s'améliorer à mesure que la centrale Felton atteindra sa capacité maximale, a déclaré Marrero Cruz.
Il a réaffirmé que la politique du gouvernement est d'éviter de compromettre le service à la population. « Nous ne serons pas satisfaits tant qu’il aura des coupures de courant. »
D'autres actions visant à atténuer la situation consisteraient à renforcer les mécanismes de communication et à informer la population de chaque territoire des coupures possibles qui pourraient se produire pendant la journée, afin qu'elle puisse s'organiser.
Outre les grandes centrales électriques, le ministre a rappelé qu'il existe une infrastructure importante basée sur les batteries de groupes électrogènes. Pour diverses raisons, la disponibilité de ces équipements a diminué du fait des ruptures et du manque de batteries.
Dans ce sens, nous avons fait un effort pour acquérir les ressources nécessaires et réactiver ces groupes, a-t-il dit.
Cela améliorera également l'approvisionnement en eau dans certaines communautés, car bien que les stations de pompage soient incluses dans les circuits prioritaires, certains lieux ne sont pas couverts.
D'une manière générale, nous pouvons dire que la situation énergétique nationale est en voie de stabilisation, mais il peut y avoir quelques coupures, parce que notre système de production est vulnérable, a-t-il ajouté.
C'est pourquoi il a insisté sur la nécessité d’économiser l’énergie afin de contribuer à la stabilité recherchée en ce moment.
FIN AOÛT, 80 % DE LA POPULATION AURA REÇU AU MOINS UNE DOSE DU VACCIN
Le Premier ministre cubain a également évoqué le processus de vaccination contre la covid-19 en cours dans plusieurs provinces.
À ce propos, il a déclaré que la livraison de doses au ministère de la Santé (Minsap) a commencé au mois de mai. Ce mois-là, ce furent 3,4 millions doses ; en juin, 4,8 millions et en juillet, il devrait y avoir environ six millions de doses, ce qui nous permettra d’avancer dans la vaccination.
Au 12 juin, un total de 7 618 028 doses avaient été administrées, et 1 926 776 personnes étaient complètement vaccinées.
Ainsi, 2 617 942 personnes ont reçu deux doses et 3 073 310 en ont reçu une. Marrero Cruz a expliqué qu'il y a eu quelques difficultés, du fait que « la production de vaccins dépend des approvisionnements et que certains fournisseurs ont retardé la livraison de certains produits », a-t-il dit.
Cependant, il a affirmé que Cuba dépasse la moyenne mondiale du taux de personnes ayant reçu au moins une dose, en dépit des difficultés qui se sont présentées.
En outre, le pays affiche le taux le plus élevé de personnes vaccinées quotidiennement pour 100 habitants. Le progrès de la vaccination a été perturbé par la complexité de la covid-19 dans certains territoires, a-t-il dit.
Des décisions prioritaires ont été prises, mais tout le monde sera vacciné. D'ici la fin du mois d'août, environ 60 % des Cubains seront vaccinés selon le calendrier complet et 80 % de la population aura reçu au moins une dose, a-t-il annoncé.
Il ne devrait donc y avoir aucune difficulté à ratifier l'engagement selon lequel les habitants de La Havane seront entièrement vaccinés avec les trois doses d'ici juillet, et que tous les Cubains seront entièrement vaccinés d'ici la fin de l'année.
En ce qui concerne la préoccupation manifestée par de nombreux parents, il a déclaré que la vaccination massive des enfants de 3 à 18 ans commencera au mois de septembre.
« Pour produire des vaccins, il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton. Il s'agit d'un processus. Nous devons d'abord acquérir des intrants et des matières premières, mais nous travaillons dans ce sens. »
MESURES POUR REMÉDIER À LA PÉNURIE DE MÉDICAMENTS
Une autre des questions abordées par le Premier ministre dans son intervention était la pénurie de médicaments. La liste de base approuvée par le Minsap est composée de 619 médicaments, dont 254 sont importés et 365 sont produits par l'industrie nationale, ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils ne nécessitent pas de matières premières importées, a-t-il expliqué.
Le manque de devises étrangères, a-t-il dit, a entraîné une pénurie dans tout le réseau du pays. Les produits les plus touchés sont les antihypertenseurs, les antibiotiques, les analgésiques, les anxiolytiques, les contraceptifs, les vitamines et les produits à usage stomatologique, a-t-il ajouté.
« Cette faible disponibilité de médicaments est directement liée à la faible disponibilité des financements. Mais ce n’est pas la seule cause.
« Certains fournisseurs de longue date nous ont dit qu'en raison des nouvelles mesures du gouvernement étasunien, ils ne sont plus en mesure de garantir les expéditions de certaines matières premières. »
Marrero Cruz a souligné que les actions du blocus et la nécessité de réorienter l'acquisition de certains intrants vers d'autres marchés ont entraîné une augmentation des coûts de 30 à 50 %. « Et même ainsi, beaucoup s’obstinent à tenter de vendre cette matrice d’opinion selon laquelle Cuba n’est pas soumise à un blocus », a-t-il dit.
Le Premier ministre a indiqué qu'un effort conséquent a été réalisé pour se procurer une quantité importante de matières premières pour la production de médicaments.
Des intrants ont été importés afin d'assurer les besoins pour continuer à faire face à la covid-19. Les antibiotiques, les médicaments pour les patients hémodialysés, hypertendus, diabétiques et oncologiques sont également une priorité pour approvisionner l’ensemble du réseau hospitalier et pharmaceutique.
« Les mesures adoptées permettront de minimiser l'impact. Nous ne pouvons pas encore affirmer que l'approvisionnement en médicaments sera stable, mais nous continuerons à accorder la priorité à cette question », a-t-il résumé.
ALIMENTS, ARTICLES DE TOILETTE ET MÉDICAMENTS SANS LIMITES DE QUANTITÉ NI DROITS DE DOUANE
Le ministre a également annoncé la décision d'accorder un nouveau traitement tarifaire à l'importation de denrées alimentaires, d'articles de toilette et de médicaments par des personnes physiques.
À ce sujet, il a annoncé l’autorisation, à titre exceptionnel et temporaire, de l'importation, en tant que bagage d'accompagnement des passagers, de denrées alimentaires, articles de toilette et médicaments, sans limites de quantité et en franchise de droits de douane.
« Cela signifie qu'une personne peut apporter autant de nourriture, d'articles de toilette et de médicaments qu'elle le souhaite. La limite n'est pas fixée par le pays ou les douanes, mais par la compagnie aérienne avec laquelle elle voyage », a-t-il déclaré.
Il a également déclaré que pour profiter de cet avantage, ces produits doivent être différenciés dans les bagages. En d'autres termes, ils ne doivent pas être mélangés à d'autres biens.
Dans un premier temps, la mesure – qui entrera en vigueur le 19 juillet – sera en vigueur jusqu'au 31 décembre, après quoi elle sera réexaminée.
« La réglementation établie par les autorités phytosanitaires et vétérinaires est maintenue pour certains produits qui pourraient comporter des risques d'introduction de maladies affectant la santé des personnes, des animaux ou des plantes », a déclaré Marrero Cruz.
Le nouveau traitement tarifaire n'inclut pas les voyageurs arrivant par les aéroports de Varadero ou de Cayo Coco, qui continueront d'être soumis aux mesures récemment adoptées concernant le contrôle sanitaire de la covid-19, et ne pourront transporter qu'une seule valise.
LES OBSTACLES NE NOUS ARRÊTENT PAS
Le Premier ministre a fait référence au fait que certaines personnes dans le pays résident dans des provinces autres que celle où elles sont enregistrées et qui, par conséquent, n'ont pas de livret d'approvisionnement pour accéder au panier familial réglementé.
« Les restrictions imposées par la covid-19 font qu’elle ne peuvent plus se déplacer de province à province, si bien qu’elles n’ont pas la possibilité d’acquérir ces produits par d'autres moyens. Cette situation concerne environ
300 000 personnes, estime-t-il.
Les gouvernements provinciaux ont respecté le droit de nos citoyens de résider où ils le souhaitent, mais nous avons également le devoir d'organiser ce processus pour éviter qu'il ait des conséquences négatives qui génèrent des problèmes, comme c’est le cas pour l’acquisition de denrées alimentaires réglementées, a-t-il déclaré.
À cet égard, il a indiqué qu'il existe un groupe de travail dirigé par le vice-président de la République pour mettre à jour la réglementation actuelle sur la migration interne sur le territoire.
Toutefois, une solution commune a été recherchée pour régler la situation des personnes qui résident actuellement dans une autre province que celle où elles sont enregistrées.
« Nous prévoyons la mise en œuvre par les gouvernements locaux, en collaboration avec le ministère du Commerce intérieur, d'un mécanisme provisoire pour que les personnes qui sont dans cette situation puissent acheter le panier alimentaire de base. »
À cette fin, la procédure sera mise en œuvre progressivement, et commencera par une première étape consistant à localiser ces personnes, leur lieu d’enregistrement, à annuler temporairement le carnet d'approvisionnement dans leur lieu d'origine, et à mettre en place un mécanisme pour leur fournir un document qui leur permettra d'acheter le panier d’approvisionnement réglementé.
Il s'agit d'un phénomène qui se produit principalement à La Havane, mais qui est également présent dans plusieurs villes, a-t-il précisé.
Pour Marrero Cruz, le fait que le coronavirus ait eu un impact sur le programme du gouvernement, la mise en œuvre de la stratégie économique et sociale et l'élaboration d'un ensemble de politiques qui répondent à tous les problèmes de la société se poursuivent. « Les obstacles ne sauraient nous arrêter », a-t-il conclu.








