ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Estudio Revolución

« Nous faisons partie d’un même peuple, nous faisons partie d’un même projet que nous défendons et envers lequel nous nous sentons engagés, et nous partageons la conviction que nous pouvons avoir un meilleur pays », a affirmé Miguel Diaz-Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, le 7 août, au Palais de la Révolution.

Le président s’exprimait face à des représentants d'institutions religieuses et d'associations fraternelles de l'Île, lors d'une réunion qui faisait suite à d'autres rencontres avec différents secteurs de la société, afin de réfléchir ensemble, comme l'a déclaré le chef de l'État, à la manière de poursuivre la construction de la Cuba dans laquelle tous ses enfants auront leur place dans l'unité, le respect mutuel et l'attachement aux aspects les plus exaltants de la vie.

« Je crois qu'avec des rencontres comme celle-ci, avec ce que vous faites au quotidien, avec ce que vous apportez, ce que nous faisons, c'est renforcer le respect avec lequel nous nous sommes toujours traités : nous renforçons les valeurs partagées », a déclaré le président lors d'un échange également présidé par Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique et Secrétaire à l'organisation et à la politique des cadres, Rogelio Polanco Fuentes, membre du Secrétariat et chef du département idéologique du Comité central, ainsi que Caridad Diego Bello, responsable du bureau d'attention aux affaires religieuses du Comité central, qui a déclaré : « Cette réunion s'inscrit dans la continuité de celles tenues par le leader historique de la Révolution, le commandant en chef Fidel Castro Ruz, avec des représentants de divers secteurs religieux dans les années 1970 et 1980. » Elle a également rappelé la rencontre du 2 avril 1990, « qui a ouvert une voie dans les relations entre l'Église et l'État ».

Et de souligner que des représentants d’églises protestantes et évangéliques, ainsi que de la communauté juive avaient participé à ce moment important : « Je dirais qu'à la suite de cette rencontre, tout le processus de relations, de liens et d'échanges avec toutes les institutions s'est accéléré. Ces liens ont été présents, durant toutes ces années, depuis les municipalités. Plusieurs d'entre elles ont assuré une participation aux niveaux municipal, provincial ou à des niveaux supérieurs, avec des chefs du Parti ou du gouvernement.

Caridad Diego a expliqué que des représentants de diverses religions : juifs, islamiques, bouddhistes, chrétiens, spiritistes de religions africaines et orientalistes, ainsi que des associations fraternelles se trouvaient dans la salle, et que des membres de la Plateforme interreligieuse cubaine, née en 2011, qui trouva des lieux d'accueil à Matanzas et Granma, y assistaient à titre personnel ou institutionnel.

Après avoir indiqué que certains n'avaient pas pu assister à cette rencontre à cause de la COVID-19, et exprimé ses condoléances pour le décès de plusieurs responsables des entités réunies, Caridad Diego a invité les personnes présentes à partager leurs opinions et leurs sentiments.  

SE SENTIR COMME DES FRÈRES

Le Dr Enrique Aleman Gutiérrez, coordinateur de la Plate-forme interreligieuse à Cuba, qui est également président de la Fédération des spirites de La Havane et de la Société spirite Quisicuaba, a été le premier à prendre la parole, pour remercier le chef de l'État pour l'espace qu'il a offert pour l'échange d'idées.

Aleman Gutiérrez a déclaré qu’il y avait bien depuis longtemps « des femmes et des hommes consacrés aux chemins de la foi, aux associations fraternelles qui travaillent pour Cuba tous les jours et donnent leur cœur à Cuba, chacun, depuis sa perspective, depuis sa vision du monde ».

« La plateforme interreligieuse cubaine a déjà une histoire issue des relations œcuméniques du peuple religieux cubain », a-t-il souligné. Il a évoqué les premières actions qui visaient à obtenir le retour des Cinq Cubains et que, par la suite, ce fut le tour des efforts pour la paix, pour l'unité des personnes et des familles de l'Île.

Les religieux, a déclaré Aleman Gutierrez, sont unis au sein de la nation pour poursuivre l'œuvre de la vie, qui « est la pratique du bien et de l'amour de son prochain ». Les religions à Cuba vivent en paix, a-t-il dit : « nous ne faisons aucune sorte de différence, nous sommes capables d'assimiler une vision très large de ce monde. Nous n'avons pas de guerres de religion, et c'est aussi le résultat des composantes ethniques de la nation cubaine, et de cette Patrie. » Et plus loin, il a affirmé catégoriquement : « Vous pouvez compter sur le peuple cubain religieux, monsieur le Président, dans tous les sens du terme, et dites-nous ce que nous devons faire de plus. »

Gisela Lucrecia Braña Fernandez, directrice de l'association spirite Quisicuaba, qui réalise un important travail communautaire dans le conseil populaire de Los Sitios, dans la municipalité de Centro Habana, a déclaré qu'ils mènent 29 projets qui touchent les gens un par un et qui ont une action dans des hôpitaux, des foyers pour enfants sans soutien familial, des écoles, des jardins d'enfants et des centres de vaccination.

Elle a invité le président à visiter leur « cantine sociale qui, jusqu'à ce lundi, avait donné de la nourriture gratuite à 2 157 personnes ». Et, au nom des frères de Quisicuaba, elle a déclaré : « Nous sommes prêts à accomplir toute tâche dont la Patrie et la Révolution ont besoin. »

Norberto Quesada Rodriguez, président de la Convention évangélique de Cuba Los pinos nuevos, a donné des détails sur le projet Un granito de arena, qui permet de nourrir et d'aider des personnes âgées dans la Vieille Havane,

Paul Prieto Gonzalez, membre du conseil d'administration de la Soka Gakkai de Cuba [association bouddhiste], a évoqué la culture de l'âme par l'éducation. Joannet Delgado de la Guardia, directrice générale de la Soka Gakkai, a parlé de l'importance de créer des valeurs spirituelles. Et Roberto Padron Silva, président de l'association culturelle yoruba de Cuba, a souligné que l'institution à laquelle il appartient promeut la valeur de la justice sociale, tout en interdisant « les mauvaises intentions entre les êtres humains et les critiques irrespectueuses ».

David Prinstein, vice-président de la Coordination de la communauté hébraïque de Cuba, a parlé de paix et de respect. Quant à José Knights Rodriguez, président du Cabildo Arara [religion afrocubaine] et praticien du Palo Monte et de la Santeria, il a déclaré : « nous devons nous unir en tant que peuple. »

Ainsi, plusieurs d'entre eux ont insisté sur la rébellion et le courage des Cubains et comparé la pandémie à un terrible hiver que le soleil brisera un jour. Ils se sont déclaré contre l'ingérence impériale, car, comme l'a illustré un responsable religieux : « personne ne va s'asseoir dans le salon de quelqu’un sans lui demander la permission, et encore moins pour lui dire comment disposer ses meubles. »  

Le président, à qui ses interlocuteurs ont demandé la permission de l’appeler « frère Miguel », les a remerciés pour la rencontre qui, selon lui, a beaucoup apporté, « et c'est quelque chose qui s'est répété dans toutes les réunions que nous avons eues ces dernières semaines avec des représentants des différents secteurs de notre société ».

Il a parlé de l'apprentissage qui est né de ces débats, qui « nous mettent en position de chercher des actions, des mesures, une refonte des politiques publiques, des programmes sociaux, des styles de travail, depuis le Parti, le gouvernement et le Pouvoir populaire », tout en soulignant l'importance de récolter des valeurs.

Sur ce dernier point, il a déclaré que nous ne pouvons pas attendre d'avoir dépassé les difficultés économiques, la dureté de l'agression de l'ennemi historique, pour pouvoir alors grandir spirituellement : « Y compris pour grandir au milieu de tant d'adversité, il est nécessaire de se remplir de force, d'énergie, de spiritualité, et cela a à voir avec les émotions, avec les sentiments qui nous donnent aussi la compréhension des problèmes que nous devons affronter. Cette vocation sentimentale, spirituelle, pacifique, et cet engagement pour le mieux-être humain, nous les portons en nous de façon très intime, parce que vous l'exprimez de manière très lumineuse, et l’on se rend compte que l'on parle à des personnes d'une formidable intégrité humaine. »

Lors de la conclusion de la rencontre couronnée de prières pour bénir le peuple, son président, ses dirigeants, Diaz-Canel a affirmé que « nous nous sortirons de tout le mal », mais « nous devons l'affronter avec courage et sans pessimisme, parce que dans le cas contraire, notre pensée se bloque, notre capacité à agir se bloque, et je ne cesse de répéter que notre résistance doit être une résistance créative, pas une résistance qui nous subordonne uniquement au fait de résister, mais qu'au milieu de cette résistance, et au milieu de cette adversité, nous pouvons avancer, nous pouvons créer, nous pouvons surmonter les difficultés ».

Rosa Maday Garcia Garcia, vice-présidente de l'Église de Dieu en Christ et de la Confrérie des pasteurs et des ministres évangéliques de Cuba, a prié pour notre peuple et pour la santé de chacun d'entre nous. Les religieux ont béni cette belle Île, et demandé l'unité entre les Cubains, la guérison au milieu d'un hiver qui, pour ceux d'entre nous qui connaissent le sens du mot «  espérance », ne saurait durer éternellement.