ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Dans le cadre de sa politique hostile à l'égard de Cuba, le gouvernement des États-Unis empêche le flux normal des envois d’argent de ce pays vers la Grande Île des Caraïbes. Photo : Tirée du fil Twitter du ministre cubain des Relations extérieures. 

Le 23 octobre a marqué le premier anniversaire de la décision politique du gouvernement des États-Unis d'interrompre le service, par les canaux institutionnels, des transferts de fonds familiaux vers Cuba depuis ce pays.
Il s'agissait d'une mesure délibérément destinée à porter atteinte au niveau de vie d'une partie de la population cubaine que l'administration de la Maison-Blanche entend utiliser comme otage dans sa guerre permanente contre la grande Île des Caraïbes.
Chacun sait - et ceux qui gouvernent les États-Unis aujourd'hui en sont clairement conscients - que le coût de l'envoi et de la réception d'argent, pour les Cubains des deux côtés du détroit de la Floride, a considérablement augmenté à la suite de ce caprice hostile et cruel. On sait aussi ce que cela a signifié dans le cadre de la pandémie de covid-19 et ses conséquences économiques évidentes.
Corriger cette mesure injuste est un engagement que l'actuelle administration des États-Unis a pris, non pas envers les Cubains, non pas envers les dirigeants de notre pays, qui, d'ailleurs, ne l'ont pas demandé, mais envers ses propres électeurs lorsqu'elle a cherché à profiter de leur vote aux élections présidentielles. Ils en ont parlé publiquement. Ils ont réuni un groupe de travail pour étudier la question, dont les résultats ont certainement montré que le moyen le plus sûr, le plus légitime, le plus direct, le plus rapide et le moins cher d'envoyer de l'argent à des proches à Cuba est le système utilisé et testé depuis des années entre Western Union et Fincimex.
Les prétextes à l'inaction sont bien connus et totalement fallacieux. Les responsables de ce dossier le savent, mais il est clair que la négation des mensonges est une liberté dont les dirigeants étasuniens ne jouissent pas lorsqu'il s'agit de confronter les politiciens anticubains du Congrès à la vérité.
La paralysie totale du service de transfert d’argent est un objectif du gouvernement étasunien depuis fin 2019, dans le but d'intensifier vicieusement les mesures de blocus contre l'Île et de punir sa population.
Déjà en octobre 2019 - il y a deux ans - l'administration Trump avait établi une limite trimestrielle de 1 000 dollars par bénéficiaire. Des mois plus tard, en février 2020, sans raisons commerciales logiques et sans préavis, la société étasunienne Western Union a suspendu ses opérations vers Cuba depuis 42 pays. En juin de la même année, le gouvernement étasunien a ajouté Fincimex à la liste des entités cubaines restreintes du Département d'État, sous le prétexte que ses résultats « bénéficient de manière disproportionnée à la dictature », et qu’ « ils sont utilisés pour opprimer le peuple cubain et financer l’ingérence de Cuba au Venezuela », des arguments qui ne résistent pas au moindre examen.
Non satisfaite de cette situation, en septembre 2020, la société panaméenne American International Services, liée à Fincimex pour la gestion des transferts de fonds, a également été ajoutée à la liste précitée. Selon le secrétaire d'État de l'époque, Mike Pompeo, l'objectif était d' « empêcher les militaires cubains de contrôler et de bénéficier du flux de transferts d’argent censés profiter à la population »...
En septembre également, la banque européenne par laquelle étaient traités les envois de fonds des États-Unis vers Cuba a fermé le compte de Fincimex. Enfin, le 23 octobre, l’administration étasunienne a modifié la réglementation sur le contrôle des avoirs cubains du Département du Trésor afin d'interdire aux personnes relevant de la juridiction nord-américaine de traiter les transferts d’argent vers et depuis Cuba impliquant des sociétés figurant sur la liste des entités cubaines soumises à des restrictions du Département d'État.
En vertu de cette décision, à partir de novembre 2020 - soit 30 jours plus tard - les transferts d’argent des États-Unis vers Cuba par le biais des canaux financiers institutionnels ont été suspendus. Toutes ces mesures ont été appliquées au milieu d'une pandémie mondiale et en avançant des arguments infondés.
Financiera Cimex S.A. avait maintenu des liens contractuels pendant plus de 20 ans avec des entités étasuniennes, avec des licences spécifiques et générales délivrées par le gouvernement de ce pays. Ces relations commerciales ont été caractérisées à tout moment par le respect de ce qui avait été convenu et par le professionnalisme sans faille. Il n'y a jamais eu de plainte pour non-conformité de la part de Western Union, ni d'aucune des autres sociétés liées à Fincimex. Dans le cas de Western Union, le contrat portait sur la représentation internationale, selon lequel les conditions de service aux clients cubains étaient déterminées par l'entité nord-américaine.
Fincimex a investi de manière soutenue dans le réseau de paiement Western Union afin de permettre aux consommateurs d'accéder à un service considéré comme essentiel pour les familles.
En 1997, elle a commencé avec 36 points de vente. Au moment de la fermeture, le réseau comptait 407 points de paiement, avec une représentation dans toutes les municipalités du pays, et était connecté via internet à la plateforme de Western Union.
Les transferts d’argent étaient garantis dans les heures qui suivaient, conformément aux exigences de la société. Les conditions étaient déjà réunies pour intégrer une nouvelle modalité : les transferts de fonds directement sur les comptes bancaires, ce qui représenterait un changement substantiel pour les consommateurs. Cette nouvelle modalité inclurait la possibilité de recevoir des envois d’argent en monnaie librement convertible et de les lier à la consommation par le biais de cartes du réseau de magasins.
Au moment de la rupture, ce réseau n'était pas opérationnel car le développement technologique nécessaire pour le relier à la plateforme Western Union n'était pas encore en place. Le reste des entreprises étrangères et étasuniennes opérant sur le marché des transferts d’argent vers Cuba utilisent depuis octobre 2019 des transferts de fonds vers des comptes bancaires en monnaie librement convertible.
Que s'est-il passé après cette décision injuste ?
Fincimex a continué à remplir son mandat commercial, en garantissant les transferts d’argent du monde entier par le biais de divers contrats avec des entités étrangères et de son propre site web transactionnel. Elle a travaillé quotidiennement pour maintenir un service financier sous la pression de la tristement célèbre liste des entités soumises à restrictions et à la traque permanente des transactions en provenance de Cuba.
Les clients du service en provenance des États-Unis ont été contraints d'utiliser des canaux informels à un coût élevé (jusqu'à plus de 30 % de l'envoi) et avec un risque élevé en raison du manque de sécurité et de garanties.
Il existe de nombreux exemples d'expériences et de résultats déplorables. Il s'agit d'un scénario que l'ancien Secrétaire d'État avait encouragé au moment de l'annonce des mesures : « Toute personne envoyant des fonds à sa famille à Cuba devra utiliser des moyens autres que les entités de transfert de fonds contrôlées par le gouvernement cubain ». Il s'agit d'un objectif politique sans précédent : un appel à l'informalité financière.
L'actuel président des États-Unis avait déclaré le 29 octobre 2020, lors de sa campagne électorale, qu' « au milieu d'une pandémie mondiale dans laquelle les familles souffrent profondément sur l'Île et dans le monde entier, le président Trump refuse aux Cubano-américains le droit d'aider leurs familles ». Et d’ajouter : « Western Union est le plus grand service de transfert de fonds à Cuba et sa fermeture sera douloureuse pour les familles cubaines, en particulier les personnes âgées et vulnérables, tant sur l'Île qu'aux États-Unis. »
En juillet, il avait annoncé la création d'un groupe de travail chargé d' « étudier » la manière de réactiver les envois de fonds vers le pays sans que le « gouvernement puisse les confisquer totalement ou en partie », une accusation totalement infondée.
Pas un seul centime traité comme transfert de fonds ne s'est jamais perdu à Cuba. Aucun ordre de paiement n'a jamais été confisqué ou non payé. Le gouvernement américain est au courant et Western Union l'approuve. Comment Western Union peut-elle être représentée par une société qui ne respecte pas les conditions de service ?
L’on sait que derrière les nombreuses excuses du gouvernement étasunien se cache la volonté de décider, de diriger et de contrôler ce qui se passe à Cuba ; de déterminer l'organisation de notre pays ; qui peut faire quoi et comment. Il existe une volonté délibérée d'affaiblir les institutions de l'État, de délégitimer la souveraineté du pays et de saper le droit des Cubains à l'autodétermination.
C'est la première année d'un acte d'agression directe contre le peuple cubain. Comme l'avait souligné notre cCommandant en chef Fidel Castro dans son discours de clôture de la réunion mondiale de solidarité avec Cuba, le 25 novembre 1994 : « Le blocus ne se résume pas à l'interdiction d'accorder un crédit ou une facilité financière. Le blocus ne signifie pas seulement la fermeture totale des activités économiques, commerciales et financières de la part des États-Unis, la nation la plus riche du monde, la nation la plus puissante du monde en matière économique et militaire (...) C'est pourquoi la suppression du blocus en échange de concessions politiques, en échange de concessions qui lèsent la souveraineté de notre pays est inacceptable. C'est absolument inacceptable, révoltant, irritant et réellement nous préférons mourir plutôt que de renoncer à notre souveraineté. »
La vérité et la justice finiront par abattre les murs de mensonges sur lesquels ils tentent de soutenir leurs fragiles arguments. Les liens familiaux et le besoin de solidarité n'ont jamais été interrompus par aucune mesure coercitive, quelle que soit la puissance de l’empire. Utiliser la population et ses besoins comme otages est un acte cruel et politiquement impuissant. (Rédaction internationale)