
Ces derniers temps, il a été beaucoup question du projet de Code des familles, tant dans les consultations populaires qui ont lieu dans les quartiers et les communautés du pays que dans cet autre espace de débat que sont les réseaux sociaux.
En effet, la pluralité des opinions est un impératif pour construire, entre tous, un meilleur Code – toujours perfectible –, mais tout cela perd de la valeur lorsque l'échange est basé sur de fausses informations, sur des mythes qui se fabriquent à partir de la méconnaissance, mais aussi comme moyen de manipuler les autres, surtout si des questions aussi sensibles que les droits des enfants et des adolescents dans la sphère familiale, le mariage égalitaire ou la gestation solidaire sont propulsées sur le devant de la scène.
Le journal Granma s’est intéressé à certains des mensonges qui ont été fabriqués autour du Code des familles
• Mythe : L’« autorité parentale » est supprimée pour être remplacée par la « responsabilité parentale », une terminologie qui diminue ou annule l'autorité légale des parents sur leurs enfants.
• Réalité : S'il est vrai que dans le Projet de loi l’expression « autorité parentale » est remplacée par « responsabilité parentale », il est faux de supposer que ce dernier terme signifie que les parents perdront le contrôle sur leurs enfants ou les droits que la Loi leur accorde en tant que géniteurs.
Comme le définit l'Article 132, la responsabilité parentale est l'ensemble des facultés, des devoirs et des droits qui correspondent aux mères et aux pères pour l'accomplissement de leur rôle d'assistance, d'éducation et de soins de leurs enfants mineurs, qui ont une incidence sur leur sphère personnelle et patrimoniale, et qui sont toujours exercés au bénéfice de leur intérêt supérieur et en fonction de leur capacité, de leur autonomie progressive, du libre développement de leur personnalité et de leur niveau de maturité.
En quelques mots, il est dit que les enfants et les adolescents sont sujets de droits, et non objets ou propriétés de leur mère et de leur père, comme l’implique, dans son sens premier, l’expression « Patria potestad » (autorité parentale), qui trouve son origine dans la Rome antique, et qui faisait référence au pouvoir exclusif de l’homme sur ses enfants, au point de pouvoir les échanger ou les vendre.
À travers cette nouvelle dénomination, le but visé est de renforcer l’éducation comme un acte de respect et d'amour envers les enfants. Elle ne retire ni droits ni autorité légale aux parents, mais élargit plutôt les responsabilités qu'ils ont envers leurs enfants afin d'assurer leur bien-être.
• Mythe : Les mineurs peuvent se marier à l'âge de 16 ans, avec l'autorisation d'un tribunal, et non de leurs parents.
• Réalité : L'article 3 du code de la famille de 1975 – actuellement en vigueur – habilite les parents, et en leur absence, d’autres personnes établies par la Loi, à autoriser exceptionnellement, et pour des raisons justifiées, la formalisation de cette union pour les mineurs de moins de 18 ans, à condition que la femme soit âgée d'au moins 14 ans révolus et l'homme d'au moins 16 ans.
Or, le nouveau Code, dans son article 200, détermine que la capacité des personnes à formaliser le mariage est atteinte à 18 ans, c'est-à-dire que les mineurs ne peuvent pas se marier, ni par décision des parents, et encore moins par décision judiciaire. Une telle décision démontre la volonté politique d'éliminer toutes les circonstances qui nuisent au développement des enfants et des adolescents.
• Mythe : Le concept d'autonomie progressive est mis en œuvre, ce qui permettra aux mineurs de prendre des décisions sans le consentement de leurs parents, ce qui implique qu'ils pourront changer leur prénom Pierre en Marie, et vice versa, ou y compris de changer de sexe par le biais de la chirurgie et des traitements hormonaux.
• Réalité : Comme cela a été expliqué précédemment, dans les pages de ce journal et par la voix de juristes et de professeurs de psychologie renommés, l'autonomie progressive n'implique pas que votre fils ou votre fille, sur un coup de tête d’enfant mal élevé ou par caprice, pourra faire ce qui lui plaît, sans même connaître les conséquences de cet acte.
Non, il ne s’agit pas de cela. Il s'agit pour vous, en tant que parent, d'écouter votre enfant et de tenir compte de son opinion, en fonction de l'âge et de la maturité de l'enfant ou de l'adolescent, bien sûr, même si vous, en tant qu'adulte, prenez la meilleure décision pour lui.
Prenons un exemple simple auquel nous avons été confrontés à la télévision dans la telenovela cubaine Tú (Toi).
Ne pensez-vous pas que la mère de Yanko, le jeune garçon qui aime le baseball et rêve de devenir un joueur de baseball, devrait prêter davantage d’attention aux préférences de son fils et ne pas le forcer à étudier l'anglais ou les échecs si ce n'est pas sa vocation ? Il n'est pas question d’approuver le fait que l'enfant s'enfuie de l'école ou qu'il mente à sa mère, mais il est nécessaire qu’une communication effective et affective s’établisse, au cours de laquelle les parents doivent fixer des limites, mais aussi écouter, comprendre et ne pas transmettre, peut-être, des frustrations ou des désirs personnels dans la vie de leurs enfants.
Toutefois, dire que l'autonomie progressive signifie que votre enfant de moins de 18 ans pourra changer son nom en fonction de son orientation sexuelle ou subir une intervention chirurgicale et des traitements hormonaux, et que en plus quelqu'un y croit, nous en dit long sur le manque de connaissances sur ces démarches à Cuba.
Tout d’abord, le Code des familles n'aborde pas, dans aucune de ses pages, ces questions, car cela ne relève tout simplement pas de sa compétence. Cela relèvera, le moment venu, du Code civil. Toutefois, en aucun cas, une décision concernant l'identité de genre ne peut être prise avant qu'une personne n'atteigne l'âge de la majorité. Nos autorités et nos centres de santé ne le permettent pas, c'est aussi simple que cela.
• Mythe : L'État cubain veut nous retirer la garde et les soins de nos enfants.
• Réalité : Comme une sorte de tentative de réécrire une nouvelle Opération Peter Pan ( 1960- 1962) avec les mensonges qui ont servi d'appât pour faire croire aux parents que le gouvernement allait leur enlever leurs enfants pour les envoyer en Russie et les ramener dans des boites de conserve, on essaie de créer un état d’opinion autour du Code des familles, sous le slogan : les enfants appartiennent aux parents, pas à l'État.
Évidemment, les enfants appartiennent aux parents, non pas parce qu'ils sont leur propriété, comme un objet, mais du fait de l’affection, de l'amour et des sentiments qui se nouent, de ce lien indissoluble qui se crée.
Maintenant, en tant que parents, nous avons la responsabilité de veiller au bien-être de nos enfants. Toutefois, nous savons que dans la réalité, cela ne se produit pas toujours, et que nombre de parents n'assument pas ce rôle, au-delà de l'acte de procréation.
Donc, si une personne ne permet pas à son enfant, un mineur, d'aller à l'école et l'oblige par contre à travailler ; si elle ne lui fournit pas de nourriture ; si elle le laisse enfermé à la maison ; si elle le bat constamment ; si elle permet à d'autres personnes d'abuser de lui sexuellement..., ne pensez-vous pas que l'État doit intervenir dans l'intérêt supérieur de cet enfant ?
C’est à cela que se réfère l’Article 6 lorsqu’il affirme que les enfants et les adolescents ne peuvent pas être séparés de leur mère, père et famille, sauf si les autorités compétentes le déterminent dans des circonstances spéciales, conformément à la Loi et aux procédures établies.
Elle définit également que cette séparation est considérée comme strictement nécessaire en raison d'un manquement grave ou d'une impossibilité d'exercer les responsabilités parentales, et toujours dans le but de les protéger, et que les décisions concernant la séparation doivent être considérées comme des mesures de dernier recours et réexaminées périodiquement.
Personne ne va venir vous enlever votre enfant de 3 ans parce qu'il vient de faire un caprice en pleine rue et que vous le grondez, ou parce que vous lui dites que vous ne pouvez pas lui acheter un jouet et que le petit se met à pleurer devant tout le monde, Ce serait une interprétation, plus qu’exagérée, et complètement erronée du Code des familles.
• Mythe : la gestation solidaire est mise en place, ce qui permettra de proposer « des ventres à louer ».
• Réalité : L'Article 128 du projet de nouveau Code définit le champ d'application de la gestation solidaire, en établissant que celle-ci s’effectue entre des personnes unies par des liens familiaux ou affectueusement proches, au profit de femmes présentant une pathologie médicale qui empêche la gestation, ou de personnes atteintes de stérilité, ou d'hommes seuls, ou de couples d'hommes, dès lors que la santé des personnes concernées par l'acte médical n'est pas mise en danger.
Afin d'éviter que cette pratique ne débouche sur ce qu’on appelle « le ventre de location », la législation interdit également toute forme de rémunération ou de don, à l'exception de l'obligation d'assurer l’alimentation de l'enfant et l'indemnisation des frais de grossesse et d'accouchement.
Par ailleurs, pour que cette démarche puisse être réalisée dans les institutions et les centres de santé cubains, une autorisation judiciaire est exigée qui, entre autres, vérifie le consentement des personnes concernées, le fait que l'utilisation d'autres techniques de procréation assistée a échoué et qu’il n’existe aucune possibilité de concevoir ou de mener une grossesse à terme.








