ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: José Manuel Correa

Ce samedi 9 avril, se sont achevées à La Havane les assemblées de bilan du Parti communiste de Cuba au niveau provincial, qui avaient pour objectif d’assurer le suivi des accords du 8e Congrès. Organisées dans tout le pays depuis le 11 mars, elles ont clairement démontré l'appropriation des concepts, des idées et des orientations issues du Congrès qui s’est tenu en avril 2021
C'est ce qu'a affirmé le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, dans ses conclusions générales lors de l'Assemblée provinciale de bilan du Parti à La Havane, qui s’est tenue au Palais des Conventions de la capitale, en présence de 300 délégués représentant les militants du Parti dans la province.
Lors de la réunion – également présidée par Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique du Parti et secrétaire de l'organisation ; le commandant de l'armée rebelle José Ramon Machado Ventura ; Luis Antonio Torres Iribar, Premier secrétaire du Comité provincial du Parti à La Havane, et d'autres membres du Bureau politique, du Secrétariat et des dirigeants du gouvernement –, le chef de l'État s’est félicité de l’esprit critique, honnête, combatif et engagé qui s’est manifesté lors de l'assemblée tenue dans la capitale.
Faisant une évaluation générale des assemblées au niveau national, le président a insisté sur le suivi de la mise en œuvre des accords du Parti dans toutes les provinces.
« Nous n'avons pas attendu la tenue des assemblées pour lancer la mise en œuvre des accords du Congrès. Au contraire, après le 8e Congrès, chaque province a travaillé avec ses stratégies particulières pour mettre en application les accords. Nous avons assuré le suivi et nous sommes là aujourd'hui avec un débat mûr où l’on commence à mentionner ces idées, ces concepts et ces lignes directrices dans des faits concrets », a-t-il précisé.
Il a souligné, comme constat de ces assemblées récemment conclues, la présence d'une meilleure composition au niveau de la couleur de la peau, du sexe et de l'âge des autorités municipales et provinciales du Parti, ainsi qu'un renouvellement adéquat des cadres, ainsi que le caractère public des rapports présentés dans les provinces, ce qui permis à la population de participer au débat.
« Il s'agissait de rapports critiques, objectifs, réalistes, et crédibles, car ils incluaient les principaux problèmes auxquels notre population doit faire face dans sa vie quotidienne et que nous devons résoudre depuis le Parti », a-t-il affirmé.ç
Il a également évoqué le vaste échange avec les militants et la population, à travers lequel les problèmes qui touchent le plus le peuple et le pays ont été abordés, ainsi que le traitement de sujets essentiels tels que le travail politique et idéologique, la bataille idéologique, le fonctionnement du Parti, l'économie, le travail dans les quartiers et les communautés et la jeunesse.
Il a souligné qu'au cours des assemblées de bilan, les structures organisationnelles des postes administratifs au niveau de l'entreprise ont fait l’objet d’analyse, afin de renforcer également leur gestion et leur direction dans notre pays.
Cependant – a souligné le président –, nous n’en sommes qu'au début, car le chemin pour rendre effectifs les accords du 8e Congrès a besoin de nombreux éclaircissements et des actions qui impliquent, surtout, une grande partie de la société.

Photo: José Manuel Correa

ÉLÉMENTS QUI ONT MARQUÉ LES ASSEMBLÉES PROVINCIALES DU PARTI

« Il nous faut reconnaître que ce processus s'est déroulé dans un contexte complexe. En ce moment, le monde vit une situation de bataille symbolique pour le pouvoir et de guerre culturelle et communicationnelle que l'impérialisme étasunien ne cesse de proclamer depuis des années, et qui aujourd'hui attaque et laisse sans défense plusieurs sociétés dans le monde », a déclaré le Premier secrétaire du Parti.
À cet égard, il a mentionné trois éléments fondamentaux qui décrivent la situation cubaine actuelle et qui ont marqué l'évolution et les débats dans les assemblées provinciales. Le premier d'entre eux, a-t-il dit, est l'intensification du blocus économique, financier et commercial imposé par le gouvernement des États-Unis contre Cuba, brutalement aggravé ces derniers temps, par le biais de l'application des 243 mesures par l'administration de Donald Trump et maintenues par celle de Biden.
À ce sujet, il a signalé le défi communicationnel que représente le fait de mettre un visage sur le blocus. « Et les visages du blocus à Cuba, ce sont les familles qui, en raison du siège, ont dû subir la mort d'un proche parce qu’un médicament, dont le gouvernement des États-Unis refuse la vente, n'est pas arrivé au moment où il en avait besoin ; parce qu'à un moment donné, elles n’ont pas pu recevoir le service de ventilation pulmonaire dans une unité de soins intensifs ou les efforts que nous avons dû faire pour créer un vaccin, qui nous a donné la souveraineté pour faire face à la COVID-19, parce que les États-Unis n'ont pas accordé les facilités pour l’arrivée de vaccins pour la population cubaine », a-t-il déclaré.
Comme deuxième élément, il a mentionné l'agressivité de l'empire étasunien envers Cuba, qui s’est manifestée dans des expressions de guerre non conventionnelle qui ont tenté d'appliquer les codes de la révolution de couleur, avec des campagnes fondées sur la désinformation et le mensonge.
Le chef de l'État a dénoncé la campagne d'intoxication médiatique qui a utilisé ces jours-ci une question aussi sensible que la migration, « avec beaucoup d'hypocrisie et de doubles standards, alors que ceux qui ont promu l'émigration irrégulière depuis les premières années de la Révolution ont été précisément les gouvernements de les États Unis ».
De la même manière, il a ajouté que les questions de la démocratie et des droits de l'homme sont traitées avec distorsion lorsqu'il s'agit d'aborder la situation dans notre pays.
Le troisième élément conjoncturel a été la COVID-19, qui a frappé et rempli le monde d'incertitude et a également eu des conséquences pour Cuba, a déclaré Diaz-Canel, tout en rappelant que l’on nous a refusé la possibilité d'obtenir des vaccins, des médicaments et des respirateurs pulmonaires, des fournitures médicales au pire moment de la pandémie, alors que la campagne diffamatoire de SOS Cuba était lancée.
«Tous ces éléments, interdépendants, liés et convergents, nous ont conduits à une situation sociale et économique difficile, où prévalent les ruptures de stocks, principalement de médicaments, de nourriture, ajoutées aux problèmes d'approvisionnement en eau, à l'inflation, aux files d'attente interminables, aux transports, à l'instabilité du système national service d'électricité, un ensemble de difficultés qui ont provoqué un malaise dans la population », a reconnu le Premier secrétaire du Parti.
À cet égard, il a appelé à affronter tous ces obstacles avec courage, sagesse et intelligence dans les moments actuels.
Le président a déclaré que, comme il a été affirmé durant le 8e Congrès, le Parti communiste de Cuba continuera à reconnaître et à défendre nos essences, qui sont l'indépendance, la souveraineté, la démocratie socialiste, la paix, l’efficience économique, la sécurité et les acquis de la justice sociale, qui sont notre socialisme.
À cela s'ajoute la lutte pour la prospérité qui va de la nourriture aux loisirs, et qui inclut le développement scientifique et spirituel et le bien-être qui renforce la conception de tout ce qui doit être fonctionnel, a souligné Diaz-Canel.

 QUE DOIT FAIRE LE PARTI FACE AUX DÉFIS ACTUELS ?

Face à la situation actuelle, le Premier secrétaire du Parti a déclaré : «  notre organisation doit se regarder de l'intérieur, en poursuivant la tradition de la critique, et pour cela, nous devons également développer la participation populaire la plus large dans tous nos processus et dans la prise de décision. »
Et de souligner qu'il y a des questions que nous devons approfondir de toute urgence afin de trouver des solutions, telles que la formation des valeurs, les changements survenus dans notre société, la croissance harmonieuse que le secteur non étatique doit connaître en même temps que le secteur étatique, la lutte contre la pénétration des mensonges de la subversion politique et idéologique du gouvernement des États-Unis, la garantie de continuité, et le rôle réel et effectif des militants et  des organisations de base face à ces situations.
« Comme le général d'armée Raul Castro Ruz l'a demandé à d'autres occasions, nous devons procéder à une analyse complète de chacune de ces questions. Nous devons relever ces défis exigeants et parvenir à une transformation. Et pour cela, nous devons nous surpasser constamment, étudier chaque jour et analyser les problèmes en profondeur », a-t-il déclaré.
Le président a également exhorté à réfléchir à un ensemble d'éléments qui sont enracinés dans la pratique révolutionnaire, dans notre histoire, et qui, si nous les abordons de manière intégrale, peuvent nous conduire sur la bonne voie.
En premier lieu, a-t-il dit, nous devons tenir compte de la culture de la nation dans sa plus haute expression et sa plus haute dimension, c'est-à-dire nos essences, nos racines, notre histoire et les autres éléments qui composent la nationalité cubaine, « car c’est là que se trouvent les fondations et les réponses à nos problèmes. Nous avons une longue tradition de lutte et de pensée, où convergent presque exactement les pensées politiques, scientifiques et intellectuelles les plus avancées de la nation ».
Si, pour tout ce que nous allons faire, nous cherchons un fondement dans cette histoire, dans l'héritage de Marti et de Fidel, nous assimilerons également les défis qui nous attendent avec une plus grande capacité d'analyse, a-t-il affirmé.
De même, il a souligné le rôle très important des jeunes pour l'unité et la continuité dans la construction du socialisme. « Quant aux jeunes : nous devons être avec eux et leur donner la possibilité et les espaces pour qu’ils participent, créent, contribuent et grandissent dans leur formation », a-t-il déclaré.
À cet égard, il s’est félicité du travail des jeunes dans la lutte contre la pandémie, leur présence dans les zones rouges, les quartiers vulnérables et dans d'autres tâches.
Un autre élément signalé par le chef de l'État a été la nécessité d’être capable, à partir des analyses qui sont menées, de trouver les contradictions dans notre société et les causes de ces contradictions, « car ce n'est qu'en agissant sur les causes que nous pourrons vraiment les résoudre ».
Il a également appelé à d'autres actions, comme la bataille sur les réseaux sociaux, l'approfondissement de la figure du coordinateur politique dans les quartiers, le soutien de la communication sociale pour tous les processus, pour défendre les idées et parvenir à un consensus.
« Concevoir des contenus et des arguments, en tenant compte de l'hétérogénéité de notre société, qui nous indique aussi des secteurs et des publics différents pour lesquels les contenus ne peuvent pas avoir les mêmes codes et les mêmes discours, mais défendre la même essence », a-t-il déclaré.
Il a également mis l'accent sur l'application de la science et de l'innovation en tant que composantes du travail politique et idéologique ; dans le développement de stratégies territoriales au niveau local, en renforçant les systèmes de production locaux et le développement depuis la communauté, le quartier et la municipalité, jusqu’à passer par la province pour arriver à l’ensemble du pays ; l'amélioration des espaces où la population, les travailleurs et les jeunes participent pour donner des critères, critiquer, proposer, convoquer et créer des consensus.
« Le contrôle populaire se fait en proposant, en participant et en défendant les propositions, et ce contrôle populaire doit passer par la transparence de l'information, par l'exercice de la responsabilité de tous ceux qui dirigent les structures du Parti, du gouvernement et de l'administration, et par une contrepartie adéquate qui exige et ne se contente pas de cette reddition de compte », a-t-il souligné.
Autre question abordée par Diaz-Canel : le travail du Parti dans l’adhésion et l'état du militantisme, pour lequel il a proposé de se développer en tant qu'organisation, avec l'Union des jeunes communistes, dans tous les domaines et les scénarios où il y aura des citoyens avec suffisamment de valeurs pour entrer dans les rangs des deux organisations.
Le Premier Secrétaire a lancé un appel spécial pour apporter un soutien politique à l'exercice législatif intense en cours afin que, dans les plus brefs délais, notre société dispose des lois qui protègent et soutiennent la nouvelle Constitution adoptée.
En ce qui concerne l'importance d’un bon travail réalisé par les cadres, il a déclaré : « en toute circonstance, mais surtout dans les plus difficiles et les plus stimulantes, nos cadres doivent se distinguer par leur dévouement à la tâche, leur désir d’exceller, leur modestie et leur sensibilité capable de se mettre à la place des autres. »
Concernant la Stratégie économique et sociale, il a déclaré que pour continuer à avancer dans sa mise en œuvre, il est nécessaire de conserver le contrôle sur la pandémie, ce qui nous a permis d'ouvrir les frontières et de commencer à relancer la vie économique et sociale du pays.
« La stratégie doit être un processus de mise à jour constante, elle ne peut pas être un carcan ; elle doit être vue d'un point de vue dialectique, tenir compte du fait que toutes les solutions que nous apportons aux approches économiques doivent être des solutions socialistes, qui nous permettent de retrouver l'équilibre social, de maintenir la propriété sociale. Nous devons procéder à l'analyse de l'efficacité, de l'épargne, ne pas parler uniquement d'offre et de demande, mais de production, qui est ce qui peut équilibrer l'offre et la demande, et nous sortir de l'inflation et des prix élevés », a déclaré le président.
À propos des acteurs économiques, leur matrice doit avancer de manière structurée et non fragmentée vers l'objectif de la construction socialiste, dans lequel aussi bien l'entreprise étatique que les secteurs coopératif et non étatique sont complémentaires, en fonction des principaux projets de développement social.
De même, il a appelé à assumer un marché avec de nouveaux acteurs économiques, mais régulé par l'Etat ; une planification stratégique et financière moins administrative et bureaucratique, dans laquelle il existe un équilibre nécessaire entre les mécanismes politiques, économiques, idéologiques et administratifs, en pariant sur les enchaînements productifs nécessaires.
Il a souligné, à son tour, la nécessité de promouvoir, depuis le Parti, une réponse économique supérieure de tous les acteurs économiques, avec davantage de production nationale ; d’encourager les investissements étrangers et les investissements des Cubains résidant à l'étranger ; de faire progresser les politiques publiques de prise en charge des situations de vulnérabilité, d'élimination des inégalités, ainsi que les politiques destinées aux jeunes et aux enfants.
Dans cette stratégie économique et sociale, a souligné Diaz-Canel, l'entreprise d'État socialiste joue un rôle fondamental. « L'avenir de la construction socialiste du pays passe par le succès de l'entreprise d'Etat socialiste, du fait de la conception idéologique qu'elle défend et parce qu'elle vise à être le principal acteur de la satisfaction des besoins de notre peuple », a-t-il déclaré.
À cet égard, il a défendu des idées telles que la nécessité de former les jeunes au développement et aux possibilités de diriger l'entreprise d'État socialiste ; l'urgence de disposer d'entreprises dotées de structures organisationnelles plus efficaces et dans lesquelles les travailleurs participent aux décisions de l'entreprise.
« Nous devons soutenir tout cela à travers le renforcement du Parti et la croissance de la vie interne et externe du Parti dans ses structures au sein du système des entreprises, a-t-il conclu.

LES PREMIERS SECRÉTAIRES DU PARTI PAR PROVINCE ET LA MUNICIPALITÉ SPÉCIALE

Photo: Granma