ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
« Ils veulent arrêter ce pays, mais nous ne sommes pas à l’arrêt et nous n'allons pas nous arrêter. Notre alternative est claire et ce ne sera jamais la capitulation », a déclaré Diaz-Canel. Photo: Juvenal Balán

Discours prononcé par Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, à la clôture de la 9e Période ordinaire de sessions de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire dans sa 9e Législature, au Palais des conventions, le 22 juillet 2022, « Année 64 de la Révolution »


(Traduction de la version sténographiée de la Présidence de la République)
 

Cher général d'armée Raul Castro Ruz, leader de la Révolution cubaine,
Une accolade également pour le président Lazo, qui, j'en suis sûr, sera bientôt rétabli,           
Chers mesdames et messieurs les députés,
Les sessions de l’actuelle législature que nous clôturons aujourd'hui sont d'une  importance capitale. Nous avons approuvé ici le Code des familles, un texte législatif essentiel pour la société cubaine, qui sera soumis en septembre à un référendum pour que le peuple, qui est souverain, puisse se prononcer.
Ce seul fait rend ce moment transcendant. Mais je voudrais m'étendre sur l'essentiel, en m'appuyant sur les arguments de brillants juristes et de spécialistes d'autres disciplines, ici présents, qui composent la commission de rédaction d'une norme juridique, désormais dotée d'une hiérarchie constitutionnelle en raison de la valeur de cette question pour la société cubaine.
Lorsque nous avons approuvé la Constitution de la République de Cuba, le 10 avril 2019, les fondements de notre État socialiste de droit et de justice sociale ont été consolidés.
Parmi les questions les plus représentées dans la réglementation constitutionnelle, se distingue le Droit de la famille du fait de son rôle essentiel dans la formation des générations et donc dans la transmission des valeurs, des coutumes, des traditions et des modèles civiques, ce qui a généré progressivement un changement de paradigme.

« Le Code des familles répond aux engagements internationaux pris par Cuba en ratifiant des traités relatifs aux droits humains tels que la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes », a souligné le Premier secrétaire Photo: Jose M. Correa

Le Code des familles est, sans aucun doute, l'une des dispositions juridiques les plus importantes de l'histoire juridique du pays sur le plan social et politique, car non seulement elle développe les droits constitutionnels en matière de famille et de questions apparentées, mais elle répond également aux engagements internationaux pris par Cuba lorsqu'elle a ratifié des traités relatifs aux droits humains tels que la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, en 1979 ; la Convention relative aux droits de l'enfant, en 1989 et la Convention relative aux droits des personnes handicapées, en 2006, dont les valeurs et les principes sont repris dans le Code.
Il s'agit d'une loi qui a parcouru un long chemin à la recherche d'un consensus social et universitaire. Son élaboration a supposé la coexistence de connaissances apportées par différentes sciences.  Chaque ébauche utilisée dans cette œuvre juridique monumentale confirme l'importance de construire les normes juridiques du pays à partir d'une approche scientifique, multidisciplinaire et holistique, comme l'exige aujourd'hui la pensée scientifique moderne et marxiste.

« Comme Fidel, Raul et l'Histoire nous l'ont enseigné de 1868 jusqu’à aujourd'hui, notre devoir est de faire en sorte que la Révolution avance et d'éviter que la Révolution ne commette des erreurs », a déclaré le président cubain. Photo: Estudios Revolución

Pour dévoiler le visage de cette norme, il a fallu non seulement le ciseau et le marteau fournis par l'Université, exprimés à travers la consultation spécialisée réalisée au cours des mois de septembre et d’octobre de l'année dernière. Dans ce visage se trouve la sève populaire de la nation, dans la mesure où elle recueille le ressenti de milliers de Cubains qui, lors de la consultation populaire, ont exprimé leur soutien ou, simplement, leurs opinions différentes sur chacune des institutions incluses dans ses articles.
La société cubaine, à travers ses étudiants, ses ouvriers, ses paysans, ses intellectuels, ses combattants, ses jeunes, ses femmes, ses personnes âgées et ses personnes handicapées, a exprimé les opinions les plus diverses sur une loi qui a retenu son attention, puisque son objet n'est autre que la famille.
Avec cette consultation, nous avons tous gagné. Le peuple, parce qu'il a participé directement à une norme juridique qui offre son manteau protecteur à toutes les personnes, quels que soient leur âge, leur sexe, leur genre, leur orientation sexuelle ou de genre, leur situation de handicap ou leur éventuelle situation de vulnérabilité dans toutes ses manifestations. Tout cela, à travers un Code qui fait un pari sur le temps présent pour régler les dettes du passé et éduquer les générations du futur.
Nous avons gagné en tant que société, car en tant que principaux destinataires des normes juridiques, nous en sommes devenus ses plus fidèles architectes.
Le résultat de la consultation populaire n'est pas seulement un arsenal de connaissances mis au service de la rédaction du Code des familles, mais il est aussi d'une grande utilité pour dériver des politiques publiques et aussi pour soutenir les bases d'autres normes juridiques contenues dans le calendrier législatif approuvé par cette même Assemblée nationale et encore en attente de concrétisation pour le reste de cette législature et dans la prochaine.
Ce code, qui sera soumis en septembre à un scrutin social par référendum, ce qui est jusqu'à présent inédit à Cuba pour ce type de disposition légale, a développé quelque chose d'extraordinairement nouveau : l'affection comme valeur juridique.  C'est pourquoi on l'a appelé le Code des affections, ce qui n'est pas un slogan, mais une essence. Cette norme a une valeur éthique indiscutable, elle nous apprend à penser et nous donne les rênes pour éduquer les générations futures.

Diaz-Canel a appelé à « travailler, mobiliser, stimuler et exiger que le talent et l'effort de tous se transforment en résultats ». Photo: Jose M. Correa

La parentalité positive, dont on a tant parlé, n'est rien d'autre que l'éducation de nos enfants depuis la proximité et l'accompagnement.  Il ne s'agit pas d'exclure le pouvoir du sang, de l'adn, mais de le rendre compatible avec d'autres façons de construire les maternités et les paternités, dans lesquelles, parfois, il n'y a pas de composante génétique, mais où le cœur et l'amour ne manquent pas.
L'affection est le pari continu de ce Code pour la constitution de liens juridiques, essentiellement les liens familiaux. En fonction de cela, le Droit a dû modeler un scénario de rigidité vers une ouverture à la flexibilité et à l'interdisciplinarité.
Sur la base de la protection de la dignité humaine, le Droit des familles repose aujourd'hui sur un nouvel ordre constitutionnel et législatif, qui considère les familles comme une union de personnes liées par un lien affectif, psychologique et sentimental, qui s’obligent à une communauté de vie, afin de se soutenir mutuellement.
Nous pouvons parler d'un Code qui reconnaît les droits de tous, qui donne de la visibilité aux personnes âgées, mais non pas du point de vue de la faiblesse, de la douleur, de la compassion, mais comme protagoniste de leur destin, en tant que transmetteur de valeurs, de coutumes et de principes au sein des familles, en tant que porteur de nouvelles énergies et, par conséquent, protagoniste de leur environnement familial. Les personnes âgées ne sont pas seulement des sujets de droits, mais aussi de devoirs pour la formation des plus jeunes membres du foyer. C'est à eux que nous devons ce que nous sommes aujourd'hui.
Le Code ouvre également la porte à la protection juridique des personnes handicapées et réglemente leur droit à l'autodétermination, à écrire leur propre biographie sur la base de leur histoire de vie. Il reconnaît le droit de toute personne à exercer sa capacité juridique et à faire partie, en tant qu'acteur principal et non secondaire, de son environnement social et familial. Il s’agit d’une norme qui prévoit la nécessité de donner une réponse, en s’appuyant sur le Droit, au vieillissement de la population, très important dans la société cubaine. D'où la nécessité de reconnaître la prise en charge affectueuse comme un droit de chaque personne au sein de l'environnement familial.
Les familles sont la principale source pour recevoir non seulement de l'affection, mais aussi des soins et, en même temps, éduquer les plus jeunes à la culture, au respect et à la réciprocité des soins.
À l'instar de son prédécesseur de 1975, qui constitua à l'époque un jalon dans l'histoire législative et sociale cubaine, le Code des familles actuel est également axé sur les enfants et les adolescents. Le principe de l'intérêt supérieur, dont nous avons tous eu connaissance à travers les médias, est la pierre angulaire pour interpréter et appliquer le Code.

Photo: Jose M. Correa

José Marti affirmait que les enfants sont l'espoir du monde, et c'est pour eux que nous avons construit et continuerons à construire cette nation. Chaque article de ce Code est écrit en pensant à l'enfant, ses droits, ses devoirs, son éducation, son insertion dans la famille, la valeur de sa parole, son éducation civique. La vision des enfants en tant que sujets de droits est renforcée.
La substitution de l'autorité parentale par la nouvelle vision de la responsabilité parentale laisse de côté un regard patriarcal et stéréotypé qui ne correspond pas aujourd'hui au pluralisme familial.
Les enfants et les adolescents doivent être accompagnés dans leur croissance morale et spirituelle et dans le développement de leur personnalité par leur père et leur mère dans une relation harmonieuse, dans laquelle prévalent le respect réciproque, la loyauté, l'honnêteté et la complicité de l'affection et de l'amour, étrangers à toute manifestation de violence dans la sphère domestique, ce que le Code ne tolère pas.
Si une norme offre des alternatives, des possibilités, des options, c'est bien celle que nous venons d'approuver. Le Code n'a pas construit un modèle familial, il n'a pas conçu une institution à partir d'un laboratoire juridique. Il n'a pas été élaboré pour concevoir une famille ou pour assumer une construction familiale non conforme aux convictions éthiques ou religieuses d'une personne. Il ne recherche pas non plus la tolérance, mais le respect. C'est le maître mot : le respect des droits des individus sur la base du libre développement de la personnalité et du droit de fonder une famille, tous deux inscrits dans la Constitution de 2019.
Le code que nous adoptons jette les bases d'un droit familial plus démocratique, plus solidaire, mais aussi beaucoup plus responsable.
Il est vrai que l'on donne l’autonomie et le pouvoir de décision aux personnes de se marier ou non, de choisir leur partenaire, qu'il soit de même sexe ou de sexe différent ; de déterminer le régime économique du mariage ; de former ou non une union de fait, de déléguer ou non –face à des situations exceptionnelles et dans les limites de la Loi – l'exercice de la responsabilité parentale en faveur de tiers ; de déterminer d'un commun accord l'ordre des noms de famille des enfants, le nombre de ceux-ci et le moment où l’on souhaite les avoir ; de prévoir des outils d'autoprotection des personnes en situation de handicap évolutif.  Mais dans la même mesure, on établit également les quotas de responsabilité, de manière à ce qu'ils se situent dans l'équilibre entre justice, autonomie et responsabilité. Il ne s'agit pas seulement de donner, il s'agit de remettre. C'est l'un des messages que le Code nous transmet.
Il n'y a pas de précédent dans notre géographie hémisphérique, aussi bien continentale qu'insulaire, d'un code de même nature qui ait eu la légitimité démocratique de celui-ci. Il a été élaboré patiemment et le nombre de versions explique son long parcours, mais cela en a valu la peine.
Aujourd'hui, notre société socialiste se trouve renforcée. Nous disposons d’une norme juridique d'avant-garde qui sera une référence pour les futures réformes dans ce domaine à l'intérieur et au-delà des frontières de notre continent, et qui sert en même temps d'exemple pour les futures normes juridiques qui donnent continuité au processus législatif cubain.
Il n'y a pas de meilleure occasion que celle-ci pour exprimer et rendre un hommage bien mérité, comme il est fait allusion dans la partie expositive du Code – avec la force de la justice et de la vertu – à la pensée de notre bien-aimée et éternelle présidente de la Fédération des femmes cubaines, Vilma Espin, une combattante infatigable des droits de la femme, de l'inclusion sociale et de la protection des enfants et des adolescents, dans ses efforts inlassables pour atteindre la justice sociale et l’amélioration humaine (Applaudissements).
Ce Code doit également servir de grand livre de chevet que nos éducateurs devraient avoir à portée de main, essentiellement les enseignants de l’école primaire qui accompagnent les enfants cubains dans les premiers pas de leur formation humaniste, et de texte de référence pour la formation civique des femmes et des hommes de demain, qui donneront continuité à cette grande œuvre qu'est la Révolution.
Chaque famille est un parcours particulier, unique, impossible à répéter, tout comme chaque personne. Les familles sont l'expression du tissu social le plus délicat. C’est d’elles que nous venons, nous nous y sommes formés, nous y avons reçu les valeurs et les principes les plus élevés avec lesquels nous nous sommes éduqués. Les familles sont comme la Patrie, elles nous donnent l'identité, le civisme, la solidarité, le respect et l'altruisme.
Le pari pour l'approbation du Code des familles par référendum l’est aussi pourla démocratie, pour la vertu d'être cubain, pour le bonheur de chaque enfant et de chaque adolescent, pour l'autonomie et le pouvoir de décision de chaque personne âgée, pour l'inclusion de chaque personne handicapée, pour la condamnation de la maltraitance familiale, pour le respect de la diversité familiale.
Il s’agit d’un pari pour la vie, pour la dignité des Cubains, pour la continuité de ceux qui nous ont guidés. C'est la réalisation de la maxime martinienne : « Avec tous, et pour le bien de tous. »
C'est un code d'amour, un code de paix ! (Applaudissements).
Pour toutes ces raisons, qui sur le chemin de son élaboration nous ont appris à nous regarder et à mieux nous connaître, en tant qu'individus et en tant que société, je suis ému et fier d'appeler notre peuple à dire « Oui » au Code des familles ! (Applaudissements).
Mesdames et messieurs les députés,
Les relations internationales traversent une situation dangereuse. Le coût en est déjà supporté par des millions de personnes. L'offensive étasunienne visant à soumettre des États et des groupes d'États par le biais de l'expansion de l'otan conduit inévitablement à un climat de tension et de conflit, dont les conséquences sont imprévisibles.
Il faut dire que le monde a changé. Nous ne sommes plus au début des années 1990, lorsque les États-Unis pensèrent jouir d'une hégémonie unipolaire incontestée, avec la capacité d'imposer leur volonté à n'importe quel État.
La pratique criminelle consistant à soumettre des populations entières d'États souverains à des difficultés économiques par des mesures coercitives afin de leur arracher des concessions n'apporte pas non plus de succès politique.
C'est pourquoi tant de personnes dans le monde admirent la Révolution cubaine, la résistance indomptable de notre peuple face à l'agression impérialiste étasunienne et l'œuvre de justice et d'humanisme que nous défendons. D'autres rejettent simplement les abus et la politique immorale des États-Unis à l'encontre de Cuba, même si, idéologiquement, ils ne s'identifient pas à la Révolution.
Quiconque perçoit que le gouvernement des États-Unis est malhonnête lorsqu'il prétend que le blocus économique et la guerre sans merci contre Cuba sont dus à sa « préoccupation pour le bien-être du peuple cubain », à son souci des droits humains ou à sa volonté de promouvoir la démocratie. Il ment ! La néfaste trajectoire historique des États-Unis en matière de droits humains et de démocratie est bien connue. Tout comme les abus qui se produisent quotidiennement dans ce pays.
Les peuples sont de plus en plus conscients de la complicité et de la responsabilité directe du gouvernement étasunien dans les crimes les plus odieux commis dans cet hémisphère par des forces répressives entraînées et formées dans les écoles militaires étasuniennes et subordonnées aux services spéciaux, y compris aux ambassades de ce pays dans diverses pays d'Amérique latine. Il existe des documents historiques qui le prouvent.
Cet historique montre clairement que leur objectif est de détruire le processus révolutionnaire cubain et ce qu'il représente, en mettent en garde sur le fait que quiconque oserait emprunter une voie alternative à leur manuel d'instruction pour le monde court, comme Cuba, le risque d’avoir à supporterl’hostilité permanente de la part des États-Unis d'Amérique.
Cela explique l'agressivité contre Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, le coup d'État contre la Bolivie en 2019 et d'autres coups d'État en Amérique latine et dans les Caraïbes. C'est la raison des pressions et des menaces exercées sur de nombreux gouvernements, non seulement en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais aussi ailleurs, pour les empêcher de répondre aux justes revendications et attentes de leurs peuples. C'est la raison des exclusions lors du Sommet hémisphérique raté qui s'est tenu à Los Angeles, en Californie, en juin dernier.
Dans ce scénario, le comportement sélectif et excluant des États-Unis est devenu un boomerang. Loin d'isoler Cuba et d'autres pays, ce sommet a fini par montrer l'isolement de la politique étasunienne vis-à-vis de l'hémisphère. Le ton des débats a été donné par des prises de position rejetant les exclusions, l'exigence de la fin du blocus économique contre Cuba et la mise en cause de l'oea, notamment de son actuel Secrétaire général.
Un sommet du peuple s'est également tenu à Los Angeles. Un véritable sommet ! Un événement parallèle de représentation populaire, avec la participation de nombreuses forces progressistes, ainsi que de groupes sociaux, communautaires et syndicaux.  Ils  sont allés là-bas pour revendiquer leurs droits, pour défendre la paix, pour exiger la fin des injustices d'un ordre économique et politique injuste qui privilégie les élites corporatives et le grand capital transnational au détriment des majorités et l'exploitation sans limites de l'environnement.
Pour en revenir à l'agressivité à l'encontre de notre pays, le Département d'État des États-Unis n'a aucun moyen ni aucune base pour étayer la désignation de Cuba comme État soutenant le terrorisme. Il n'y a aucun politicien ou fonctionnaire étasunien qui puisse honnêtement soutenir cette accusation. Personne n'a été en mesure de présenter une preuve crédible pour soutenir une telle calomnie.
Les conséquences d'une telle désignation sont nettement dommageables pour une petite nation comme la nôtre. Elle nuit considérablement aux transactions financières et commerciales internationales. Elle entrave l'accès aux institutions financières et les possibilités de paiements et de crédits. Elle stigmatise nos entités et nos institutions, qui ont beaucoup de mal à interagir, y compris avec des entités étrangères avec lesquelles elles entretiennent des relations productives depuis des années.
Ce qui est inacceptable, c'est que le gouvernement des États-Unis s'arroge, unilatéralement et sans mandat de quiconque la prérogative de juger d'autres gouvernements, sans se sentir obligé d'étayer ses accusations. Le Département d'État utilise cette liste et d'autres listes similaires comme instruments de coercition politique. Il  manipule de manière opportuniste des questions sensibles telles que le terrorisme, la religion, les droits humains, la corruption et bien d'autres pour arracher des concessions à des pays souverains ou les punir lorsqu'ils vont à l'encontre de ses intérêts.
Depuis 2019, les mesures de renforcement et de pression maximale appliquées par le gouvernement de Donald Trump avaient déjà porté la guerre économique à une dimension qualitativement plus agressive, avec l'impact conséquent sur la vie de tous les Cubains et contre les efforts pour stimuler le développement de la nation. Cette agressivité est encore renforcée par les programmes de subversion, qui ne cessent de tenter de déstabiliser politiquement le pays.
Le gouvernement étasunien consacre chaque année des dizaines de millions de dollars du budget fédéral, payés par les contribuables, à cette fin.
Soutenus par une infrastructure technologique sophistiquée dédiée aux campagnes de désinformation, de calomnie, de discrédit et le mercenariat informatif, ils appliquent contre Cuba les formules de la guerre non conventionnelle déjà testées et appliquées, avec de graves coûts humains et matériels, dans d'autres parties du monde.
Ils succombent à l'influence politique de la mafia anti-cubaine, basée principalement dans le sud de la Floride, qui s'est installée en première ligne de l'agression contre Cuba et contre les processus révolutionnaires et progressistes dans la région, en promouvant l'intolérance, la menace, l'extorsion, le chantage et tout autre moyen violent pour interdire la pensée différente, punir quiconque, dans sa propre communauté, exprime du respect, de l'amitié, des sentiments fraternels ou même de la solidarité avec son pays d'origine.
Ils essaient mensongèrement d'identifier cette bande de gangsters avec l'univers des personnes d'origine cubaine vivant aux États-Unis, dont une partie importante est proche de Cuba, est en contact avec ses familles et ses amis, respecte le pays et s'oppose à l’incessant châtiment d'une superpuissance étrangère contre une petite nation. Beaucoup d'entre eux rendent publique leur vocation à la solidarité, d'autres le font plus discrètement.
Le gouvernement des États-Unis a tenté une nouvelle fois de provoquer un soulèvement populaire à Cuba en juillet dernier, sans succès. Comme il l’avait tenté et avait échoué en 2021. Il l'a fait ouvertement et a déployé une vaste campagne de propagande, ancrée sur de puissantes plateformes numériques, avec la participation active de hauts fonctionnaires. Pour y parvenir, il s'est appuyé sur sa politique de pression économique maximale, visant à déprimer le niveau de vie de notre population, à générer des problèmes dans la garantie de fournir des services essentiels comme l'électricité, et à frapper le niveau de consommation et l'accès aux biens de base, entre autres.  Et je ne parle pas au passé, cette politique perverse est toujours d'actualité.
Nous devons nous accoutumer à l'idée que le blocus va durer. L'impérialisme ne va pas renoncer facilement à son arme impitoyable contre Cuba. Il nous faudra trouver la solution aux problèmes économiques par nos propres efforts et notre créativité, sous les effets du blocus et en dépit de ceux-ci. C'est le défi immédiat et à long terme. Le devoir est de dénoncer et de combattre la guerre économique partout et à chaque occasion qui se présenterait.
Nous n'excluons pas la possibilité éventuelle d'une meilleure entente avec le gouvernement des États-Unis vers une relation de respect, et l'on sait que Cuba est prête à aller dans cette direction et à dialoguer sur toute question, sans porter atteinte à notre souveraineté.
Nous continuerons à promouvoir et à faciliter les liens les plus larges possibles avec les nombreux secteurs de ce pays qui ont la volonté de se rapprocher de Cuba. Nous incluons parmi eux les Étasuniens ou les résidents aux États-Unis qui sont d'origine cubaine. Nous sommes convaincus qu'il existe des avantages mutuels dans les échanges entre les deux pays, malgré de grandes différences.
La trajectoire de Cuba dans le développement de ses relations extérieures démontre que la promotion de la paix, de la coopération et de la solidarité sont des caractéristiques déterminantes de notre projection internationale. Nous l'avons démontré dans notre région d'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que sous d'autres latitudes.
Nous n'avons pas le pouvoir de changer la logique impérialiste, mais nous ne renonçons pas, à partir de notre logique anti-impérialiste et socialiste, à la construction socialiste, car c'est la seule voie vers la plus grande justice sociale possible.
Le plus facile serait de se rendre et de laisser que soient détruits tous les rêves pour lesquels tant de générations se sont battues et ont résisté. Le plus simple serait de vendre le pays, comme l'ont fait tant de gouvernements néolibéraux dans cette région.
Notre logique socialiste est humaniste, opposée à toute exclusion. Nous sommes inspirés par l'idéal d'une société meilleure, avec une croissance économique, certes, mais avec une répartition équitable des richesses. Nous luttons pour un développement avec égalité sociale.
Compagnes et compagnons,
Lors de ces sessions, des changements importants ont été signalés, lesquels visent à débloquer et à impulser les leviers qui mobiliseraient, autant que faire se peut, les forces productives. Il reste encore beaucoup à faire, mais nous devons insister sur ce que tout le monde sait et que certains tentent de sous-estimer : notre économie traverse une situation extrêmement complexe, dans laquelle il est extrêmement difficile d'obtenir les revenus en devises dont le pays a besoin.
En plein durcissement brutal du blocus, nous sommes frappés, comme tous les autres pays, par la crise économique internationale résultant des effets de deux années de pandémie et de la guerre européenne, autant de facteurs qui ont déclenché une hausse des prix du carburant, des aliments, des médicaments et d'autres intrants indispensables qui doivent être importés.
Comme il a été indiqué, le Produit intérieur brut à prix constants en 2021 a atteint une légère croissance de 1,3 % en 2021, interrompant la baisse enregistrée en 2019 et 2020. Toutefois, les niveaux d'activité restent inférieurs à ceux que nous avions atteints dans les années précédant la pandémie.   
À ce jour, il n'y a pas eu de reprise significative dans nos principales productions, ni dans le tourisme. Avec les faibles niveaux de devises étrangères dont nous avons pu disposer, nous réalisons un effort permanent pour assurer un niveau de produits et de services de base pour la population et pour accorder une attention prioritaire aux personnes et aux communautés en situation de vulnérabilité.
Dans ces conditions, un marché non officiel d’achat et de vente de devises a proliféré et l'inflation continue d'affecter le pouvoir d'achat des revenus du travail.
Personne ne viendra résoudre nos problèmes. Le contrôle que nous avons obtenu sur la covid-19 est un pas fondamental vers la reprise de l'économie et nous permet d'avancer dans la mise en œuvre d'un ensemble de mesures, qui ont été élaborées en tenant compte des états d'opinion de la population et des recommandations de scientifiques et de spécialistes en la matière.
Au cours de l'année écoulée, nous avons parcouru tout le pays pour toucher de près les problèmes et avons tenu des réunions avec les secteurs les plus divers, au cours desquelles plutôt que de parler, nous avons écouté.  En outre, nous avons examiné des centaines d'avis et de propositions de notre population.
Nous sommes bien conscients que l'économie est le principal défi auquel nous sommes confrontés et nous devons y faire face avec des mesures audacieuses, adaptées à notre modèle économique et social, sans nous laisser paralyser par les risques. Il est urgent de les affronter, en révolutionnant la Révolution.
Les mesures annoncées ici par le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie, qui s'inscrivent dans le cadre de ces avancées et de ces risques, visent à dynamiser le marché intérieur, à partir de la captation de devises, l’augmentation des recettes d'exportation et la  réactivation de la production nationale.
À cette fin, il a été décidé de rétablir le marché de change à travers l'achat et la vente de devises étrangères, y compris le dollar, avec un taux de change économiquement justifié ; d'élargir le schéma secondaire d'allocation de devises étrangères pour les acteurs économiques étatiques et non étatiques ; d'approuver la participation des micro, petites et moyennes entreprises privées dans des affaires mixtes avec des entités étatiques et des investissements étrangers, et d'assouplir les importations à caractère non commercial.
Tout cela devrait nous permettre d'augmenter progressivement l'offre de biens et de services aux acteurs économiques et au marché intérieur en monnaie nationale, de remettre de l'ordre sur le marché des changes, de disposer de ressources financières, actuellement insuffisantes, pour aider les personnes et les familles en situation de vulnérabilité,  de maintenir et d'étendre les programmes sociaux et d'honorer les dettes et les paiements qui ont été retenus.
Je saisis cette occasion pour réaffirmer notre volonté d'honorer nos engagements envers les créanciers. Nous remercions sincèrement ceux qui nous ont accompagnés dans notre résistance.
Il est clair que nous ne pourrons pas avancer avec les seules mesures dans le cadre monétaire et financier. Pour que ces mesures aient un impact favorable sur l'économie, il est indispensable d'augmenter la production nationale et les recettes en devises provenant des exportations, de réduire le déficit budgétaire, d'améliorer sa structure et de parvenir à une plus grande efficience et à un meilleur contrôle des dépenses publiques, à l'établissement de systèmes de prix appropriés, à un contrôle efficace, avec la participation populaire, des fiches de coûts, ce qui doit être abordé depuis la gestion des gouvernements municipaux.
Nous allons progresser dans tout cela, nous ne restons pas les bras croisés. Nous disposons d’un programme pour évaluer et mettre en œuvre les mesures qui nous permettront d'aller de l'avant, en préservant le plus haut degré possible d'équité et de justice sociale.
Travailler, mobiliser, stimuler et exiger que le talent et l'effort de tous se transforment en résultats ! Insister sur l’interminable tâche d’arracher chaque jour une part des problèmes, voilà l'engagement ! Nous le voyons et nous le ressentons constamment : dans la lutte épique des travailleurs des centrales électriques et dans l'héroïsme de nos médecins et de nos scientifiques contre la covid-19 et la dengue.
À propos de la situation énergétique qui a mis en évidence les efforts des travailleurs du secteur, il est de mon devoir de préciser que des jours difficiles nous attendent encore. Ce qui ne saurait manquer, outre la reconnaissance de l'effort, c'est une information opportune et utile à la population. La vérité, les explications honnêtes et la planification, qui ne peuvent être garanties que par la prévision, sont des aspects décisifs, tout comme le seront toujours la solidarité et l’économie responsable de la part de notre population.
Je peux vous assurer que nous travaillons sans relâche pour surmonter chaque difficulté, qu'elle soit le résultat du blocus ou de nos propres limites et déficiences.
Aujourd'hui, nous luttons simultanément pour maintenir le contrôle de la covid-19 et faire face à une autre épidémie de dengue, pour rétablir la vie économique et sociale du pays, pour briser le siège économique et financier qui empêche la fourniture de carburant, d'intrants productifs, d’approvisionnement, de financements en devises étrangères, pour stabiliser le système électro-énergétique national, pour augmenter la production alimentaire, redresser la récolte de canne à sucre, réparer les maisons et les institutions touchées par l'explosion de l’hôtel Saratoga à La Havane et par les fortes pluies dans plusieurs provinces, soutenir la transformation des quartiers en mettant l'accent sur les familles en situation de vulnérabilité et garantir un été avec des options de loisirs à la portée de la majorité de la population dans tout le pays.
Bien sûr, cette liste de tâches qui définit les priorités dans l’immédiat n'est pas la seule chose qui occupe le Parti et le Gouvernement. Le pays travaille systématiquement à des programmes à court, moyen et long terme sur des questions centrales pour l'avenir, comme la transformation numérique de la société, la souveraineté alimentaire, la promotion de la femme, la lutte contre la discrimination raciale, les politiques pour la jeunesse, les mécanismes de démocratie et de participation populaire, l'environnement, le bien-être animal, la communication sociale, la décolonisation culturelle et d'autres, y compris la lutte contre l'agression permanente du gouvernement étasunien.
Ce que je veux dire, c'est que ce pays ne s’est pas arrêté. Ils veulent arrêter ce pays, mais nous ne nous sommes pas arrêtés et nous n'allons pas nous arrêter (Applaudissements). Notre alternative est claire et ce ne sera jamais la capitulation. Nous ne nous rendrons pas et nous ne serons pas vaincus ! (Applaudissements).
Ces affirmations sont confirmées par les sessions de cette Assemblée que nous clôturons aujourd'hui, non seulement en raison de ce dont nous avons discuté et que nous avons approuvé cette fois-ci, mais aussi en raison de la plus grande connexion que nous ressentons avec les problèmes dans les municipalités, les quartiers, les communautés, qui ont un rôle de premier plan, encore insuffisant mais déjà visible, dans ce qui se dit et ce qui se fait.
Le quartier est la Patrie dans sa plus petite dimension.  C'est le noyau dur de notre résistance.  C'est là que s'est livrée la bataille quotidienne contre le blocus, avec le soutien et la solidarité entre voisins. Mais c'est aussi là que se sont accumulés les problèmes résultant de ce siège brutal de 63 ans et nos faiblesses dans l'administration pour surmonter le siège.
Ce que les commissions discutent et ce qui est finalement approuvé sera d'autant plus efficace que ce lien quartier-municipalité-Assemblée sera systématisé. Et l'Assemblée ressemblera de plus en plus à la société cubaine dans la mesure où elle se connectera plus profondément avec ses bases. C'est la tribune du peuple, conscient de son pouvoir, qui exige de changer tout ce qui doit être changé. Et nous le ferons !  Nous sommes un archipel entouré d'eau, mais cela ne signifie pas que nous pouvons vivre à l'abri des durs impacts d'un monde profondément inégal et injuste.
L'appel à la science et à l'innovation comme instruments de leadership collectif nous fournit des pistes précieuses, mais il ne suffit pas d'en faire usage, il faut les adapter aux conditions réelles dans lesquelles doit se déployer notre volonté d'aller de l'avant.
Compagnes et compagnons,
Dans quelques jours, nous célébrerons le 69e anniversaire de l’attaque de la caserne Moncada à Santiago de Cuba et de la caserne Carlos Manuel de Céspedes à Bayamo. La date, toujours inspirante, sera une nouvelle occasion de réfléchir et de regarder, à partir du présent et de l'Histoire, l'horizon que nous nous devons d'atteindre en récompense de tant d'efforts et d'héroïsme, de tant de noblesse et de créativité.
Lors d'une récente tournée à Mayabeque, j'ai parlé de ce peuple formidable, de ce beau peuple, qui quand il aime, aime vraiment, qui se distingue par ses sentiments et son stoïcisme et qui ne sera plus jamais esclave, et qui pour cela défend la Révolution de toutes ses forces. J'ai ensuite souligné que, en tant que serviteurs de ce peuple et comme Fidel, Raul et l'Histoire nous l'ont enseigné de 1868 à aujourd'hui, notre devoir est de faire en sorte que la Révolution avance et d’éviter que la Révolution ne commette des erreurs.
C'est notre combat, dans lequel nous espérons que vous nous accompagnerez tous.
Pour Cuba, pour son Histoire et son présent, nous continuons, inspirés et déterminés à nous battre !

Hasta la victoria, siempre !

La Patrie ou la mort !

Venceremos !

(Ovation).