
Cher général d’armée Raul Castro Ruz, leader de la Révolution cubaine,
Compañero Miguel Diaz-Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République,
Combattants du 5 Septembre,
Parents des martyrs tombés au combat,
Compañeros de la Présidence,
Habitants de Cienfueguos,
À quelques semaines de la célébration dans cette ville, belle et héroïque, de la date transcendante du 26 Juillet, nous sommes réunis aujourd'hui pour commémorer le 5 Septembre, deux grands jalons de l'histoire révolutionnaire, unis par leur conception stratégique, leur esprit de rébellion, l’abondance de courage et de sacrifice en faveur de la liberté de Cuba.
Il y a 65 ans, un groupe de courageux combattants révolutionnaires, ainsi que des officiers de la marine, mécontents des excès et des atrocités de la dictature de Batista, se sont emparés de Cayo Loco et ont pris le contrôle de la base navale.
L'action s’inscrivait dans un plan de soulèvement national dans les principales villes du pays, frustré à la dernière minute par un changement soudain de date, dont les organisateurs de Cienfuegos, Dionisio San Roman et Julio Camacho Aguilera (présents avec nous aujourd'hui), n'ont pas eu connaissance à temps et de ce fait ont respecté leur part du plan.
De ce fait, l'attitude courageuse aussi bien des combattants dévoués à la cause révolutionnaire que de la population de Cienfuegos est admirable. Des gens humbles, continuellement maltraités par le régime de Batista, se rendirent en masse vers les installations de Cayo Loco à la recherche d'armes pour combattre sous les ordres du Mouvement du 26 juillet.

C’est l'unité de ces hommes : civils, militaires et combattants révolutionnaires, qui a permis de prendre le contrôle des principales enclaves du territoire. Pendant 24 heures, la ville fut un foyer de révolution.
Bien que ce 5 septembre, Cienfuegos soit restée isolée durant le soulèvement, elle a laissé une leçon d'une grande valeur symbolique pour l'histoire : la détermination du peuple à affronter une armée sanguinaire.
La résistance des hommes et des femmes courageux qui ont pris les armes ce jour-là a été réprimée par une attaque brutale de Batista, qui s'est transformée en un carnage humain, un de plus ! Ils ont mitraillé et bombardé des zones civiles, laissant le triste solde de dizaines de morts, de blessés et de mutilés parmi la population sans défense.
Trente-quatre camarades ont perdu la vie dans cette épopée. Beaucoup sont morts au combat. Certains ont été capturés et torturés jusqu'à l'extrême souffrance, mais ils n'ont pas trahi leurs camarades ou la cause révolutionnaire, si bien qu’ils ont été assassinés.
Quelle différence avec l'éthique de la Révolution envers ses ennemis et ses prisonniers de guerre, depuis l'époque de la Sierra Maestra ! Ils ont beau essayer de la discréditer, ils ne seront jamais en mesure de désigner une seule personne torturée, disparue ou assassinée.
Le triomphe du 1er Janvier 1959 et l’œuvre accomplie constituent le plus grand hommage aux combattants qui sont tombés le 5 septembre.
À Cienfuegos, comme dans le reste du pays, la Révolution cubaine a signifié un changement radical dans les domaines de l'éducation, des soins de santé, des sciences, du sport et de la culture, ainsi qu’un saut important dans l'industrialisation, le tourisme et l'agriculture.
Malgré les avancées sociales dont nous sommes fiers et dont nous avons le devoir de prendre grand soin, nous sommes conscients qu’il nous reste encore beaucoup à faire, mais c'est dans l'économie que nous devons relever le plus grand défi.
La bataille économique est décisive pour Cuba dans les circonstances actuelles. Le blocus se maintient depuis plus de 60 ans, alors qu’il a été renforcé à l'extrême comme jamais auparavant par les 243 mesures imposées par l'administration Trump, en plus de l'inscription de notre pays sur la liste frauduleuse et indigne des États soutenant le terrorisme.
Nous sommes confrontés à une guerre économique conçue pour générer des pénuries de toutes sortes, qui provoqueraient le désespoir dans la population et entraîneraient une confrontation avec le gouvernement.
Ce que je viens de décrire n'est pas notre interprétation des faits, mais une stratégie bien définie dans des documents officiels du gouvernement des États-Unis, depuis le mémorandum historique du sous-secrétaire d'État Lester Mallory.
Le cynisme et même la plus grande lâcheté, c'est que, en même temps qu'ils nous bloquent, ils déploient une campagne médiatique féroce pour discréditer le socialisme. Ils qualifient le gouvernement d’incapable et n'ayant pas réussi à guider le développement du pays, en tentant d'imposer l'idée d'un État en faillite.
Lors du 35e anniversaire de la Campagne d'alphabétisation, Fidel a utilisé une magnifique métaphore pour expliquer cet objectif pervers de l'adversaire, et je cite : « ... nous parlons d'un pays sous blocus. C'est comme s’ils faisaient boxer quelqu'un aux Jeux olympiques, qu'ils lui attachaient les mains et les pieds et ils diraient : regardez comme c’est un mauvais boxeur. C'est ce que la propagande impérialiste fait avec nous. Mais nous, même avec les mains et les pieds liés, nous faisons des choses », fin de citation.
Et oui, comme le dit notre éternel commandant en chef, même dans les circonstances les plus difficiles, ils n'ont pas pu, et ils ne pourront pas, nous arrêter.
Quel État en faillite aurait pu affronter et surmonter la pandémie de COVID-19 par ses propres efforts, en articulant toutes ses institutions médicales, scientifiques et d’autres secteurs vitaux ?
Est-il possible de parler d'un État en faillite dans un pays qui, 18 mois seulement après le début de la pandémie de COVID-19, a enregistré, au niveau mondial, le taux le plus élevé d'intensité de vaccination contre la maladie, avec ses propres vaccins ?
Comment peut-on parler d'État en faillite dans un pays qui, au milieu d'accidents lamentables, comme ceux de l'hôtel Saratoga et de la base de superpétroliers à Matanzas, articule avec efficacité toutes ses institutions, la contribution du peuple et l'aide internationale ?
Quel est ce type d'État en faillite qui, au milieu d'une situation économique complexe, reprend l'année scolaire, à tous les niveaux d'enseignement, de manière universelle et gratuite ?

Quel est ce type d'État en faillite qui, avec l'une des crises énergétiques les plus complexes, avec des difficultés d'accès au marché des hydrocarbures, n'augmente ni le prix de l'électricité ni des carburants ?
Quel État en faillite est-il considéré comme garant de l'un des plus importants processus de paix de la région, comme l’est celui de la Colombie ?
Un État en faillite peut-il organiser un processus législatif intense pour l'approbation de ses lois les plus importantes, notamment le Code des familles, dont le projet final est le résultat d'une consultation populaire à laquelle des millions de citoyens ont participé, et qui sera bientôt soumis à un référendum ?
La réponse à ces questions et à bien d'autres est non, un tel État en faillite n’existe pas, sauf dans l'esprit échauffé de nos adversaires. Ce qui effectivement s'est avéré être un échec, et qui continuera de l'être, ce sont les tentatives répétées de détruire la Révolution cubaine.
Nous avons des difficultés indéniables, des pénuries et des manques, certains douloureux, qui sont la préoccupation principale et le souci quotidien de ceux d'entre nous qui assument des responsabilités au sein du Parti, de l'État et du gouvernement.
L'adoption de plusieurs mesures au cours des derniers mois, visant à stimuler le développement social et économique, constitue une partie importante des actions entreprises pour surmonter la situation actuelle.
Aucune de ces mesures ne peut être considérée de façon isolée et il ne s’agit pas de penser qu'elles donneront des résultats à elles seules. Il s'agit, comme il a été expliqué, d'actions liées entre elles, certaines très étroitement, qui nécessitent inévitablement un processus échelonné et du temps pour que leurs résultats puissent être appréciés
Le blocus existe et continuera d'exister. Il nous appartient de le dénoncer, mais plus que tout de le surpasser, de grandir face aux difficultés, d'innover, de produire, de trouver des solutions aux problèmes. C'est l'épopée de ces temps à laquelle nous sommes tous appelés. Nous avons le potentiel pour y parvenir, il est parmi nous.
Nous avons la responsabilité historique de démontrer, au milieu du blocus et des agressions, que le socialisme, en plus d'être le système social le plus humain et le plus juste, peut produire et fournir des services avec qualité et efficience. C'est difficile, mais en aucun cas une chimère.
C’est ainsi que la complexité économique à laquelle nous sommes confrontés a eu un impact sur le système électrique et énergétique du pays, avec une situation extrêmement difficile, mais nous ne sommes restés ni inactifs ni les bras croisés.
En toute transparence, le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, Miguel Mario Diaz-Canel, a informé le peuple du programme visant à arrêter sa détérioration, à récupérer les capacités installées et à en incorporer d'autres sur la base des investissements en cours, de manière progressive, ce qui nous permettra de réduire les coupures d'électricité qui affectent aujourd'hui la vie familiale, sociale et économique de la nation.
Nous comprenons les désagréments et les inconvénients causés par les coupures d’électricité indésirables, mais cela ne sera jamais une justification pour ceux qui tentent de provoquer des actes de vandalisme, de déstabilisation ou de promouvoir des manifestations violentes dans le pays.
Chacune de ces provocations fera l'objet d'une réponse énergique dans le cadre de la loi.
Les actions du 5 Septembre 1957 nous transmettent un héritage. Depuis 1959, chaque commémoration de cette date nous donne l'occasion de raconter et de réaffirmer l'histoire révolutionnaire, une occasion au cours de laquelle nos leaders, en particulier Fidel et Raul, nous ont laissé des évaluations, des analyses et des concepts qui contribuent aux fondements théoriques de la Révolution.
L'un de ces enseignements indiscutables est la valeur de l'unité. À l'époque, elle s'exprimait entre la Sierra et les plaines, surtout en fonction d'un objectif commun : rendre Cuba libre et souveraine.
Compañeras et compañeros,
Le 5 Septembre n'aurait pas existé si le Mouvement du 26 Juillet avait discriminé les officiers de l'armée en fonction de leur origine ou de leur appartenance à cette institution.
L'unité a été un principe sacré qui nous a permis d'arriver jusqu'ici et de faire face à l’agression yankee depuis le début.
Le général d'armée Raul Castro Ruz l'a définie comme « l'arme stratégique la plus importante », et parmi de nombreuses autres idées et réflexions précieuses sur le sujet, il a dit, je cite :
« L'unité n'exclut pas les désaccords honnêtes, mais présuppose la discussion d'idées différentes, mais avec les mêmes finalités de justice sociale et de souveraineté nationale, ce qui nous permettra toujours de parvenir aux meilleures décisions », fin de citation.
Maintenir l'unité implique de passer outre les égos personnels, d'éviter la prévalence des jalousies, des préjugés ou des retranchements qui nous divisent ou nous excluent. Nous sommes une société hétérogène et nous devons nous accepter et nous respecter dans cette diversité de savoirs et de pensées. Quiconque se sent et démontre qu'il est un patriote ou un vrai révolutionnaire, qui ne répond pas à un programme de restauration du capitalisme à Cuba, compte.
La clarté sur cette question est fondamentale dans un contexte où l'ennemi renforce son agressivité et où la défense de la Révolution se joue sur deux fronts principaux.
D'une part, la préservation de l'intégrité territoriale et la souveraineté. Des témoignages récents prouvent que la menace d'une invasion ne disparaît pas des plans de l'ennemi. Souhaitons qu'ils ne se lancent jamais dans une telle inconséquence.
Depuis des années, ils ont été avertis que s'ils tentaient de s'emparer de Cuba, ils ne récolteraient que la poussière de son sol baigné de sang, s'ils ne périssaient pas dans la lutte. Et il ne s’agit pas d’un simple slogan. La phrase de Antonio Maceo est un principe inviolable de notre doctrine défensive.
L'autre scénario est celui de la guerre de 4e génération ou non conventionnelle, qui est en cours, et dont la stratégie est de nous faire imploser, en bombardant en permanence les esprits des citoyens.
Dans ce sens, les fausses nouvelles se multiplient chaque jour, les faits sont manipulés de la manière la plus scandaleuse possible, et ainsi les diffamations à l'encontre des leaders et des dirigeants cubains à tous les niveaux se multiplient, dans le but de saper la crédibilité et la confiance du peuple.
Les campagnes de haine et de persécution politique déclenchées contre Cuba sur les réseaux sociaux ne font que ressembler au pire maccarthysme, qui ne se limite plus désormais à un territoire physique, mais s'étend au vaste univers de l'internet.
Aucun révolutionnaire et patriote ayant accès à l'internet et aux médias sociaux ne doit rester impassible face à ce niveau d'agressivité. Montrer la Cuba qu'ils tentent de réduire au silence et de cacher, contre-attaquer opportunément chaque mensonge constituent des lignes d'action principales.
Compañeras et compañeros,
Il y a exactement un mois avait lieu l'un des accidents et des incendies les plus complexes auxquels nous ayons eu à faire face, celui de la base de superpétroliers de Matanzas, un événement sans précédent dans le pays.
Durant ces journées, Matanzas et Cuba n’ont fait qu'une. Le pays tout entier a été secoué par cette tragédie. Le peuple s’est inquiété et a souffert pour chaque personne blessée ou disparue comme s'il s’était agi d’un proche.
Seize compatriotes ont perdu la vie, dont un originaire de Cienfuegos. Ils ont tous fait preuve de détermination et de courage lorsqu'ils sont allés faire face à la catastrophe. En eux, se trouvait cette même lignée des héros du 5 Septembre.
Il est de notre devoir de réitérer, au nom du Parti, de l'État et du gouvernement, nos plus sincères condoléances à leurs familles et à leurs amis pour ces pertes irréparables, et notre respect éternel pour leur mémoire.
Un autre groupe de compagnons a été blessé, dont certains gravement. Treize d’entre eux sont encore hospitalisées aujourd'hui, dont quatre dans un état critique, qui reçoivent toute l'attention et les soins du personnel de santé dévoué. Depuis cette tribune, nous leur souhaitons à tous un prompt rétablissement.
Ces compatriotes, qui ont contribué à atténuer cette catastrophe majeure en six jours seulement, le peuple cubain les regarde avec fierté pour leur comportement héroïque.
Il n'est que juste de réitérer notre gratitude à tous les gouvernements, les organisations et les personnalités qui ont exprimé leur solidarité et leur aide face à cet événement, en particulier les pays frères du Mexique et du Venezuela, qui n'ont pas hésité une seconde à nous rejoindre dans la lutte contre l'incendie, y compris au péril de leur vie.
Lorsque le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador déclarait que quand des amis sont dans le besoin, on ne leur demande rien, on les aide, comme l'ont fait son gouvernement et celui du président Nicolas Maduro, il a montré le vrai visage de la solidarité, de l'intégration et de la volonté de coopération.
Ce n'est pas un événement isolé, il a des racines profondes de solidarité historique entre nos nations et nos peuples.
Compatriotes,
Aujourd’hui, nous reprenons l'année scolaire 2021-2022 dans tout le pays. Près de 1 700 000 d’enfants, d’adolescents et de jeunes seront présents dans les salles de classe.
Les efforts de l'État et du gouvernement ont été importants. Au milieu d'une situation économique complexe, le pays garantit que personne ne manquera de l'essentiel pour poursuivre son éducation et sa formation.
Par ailleurs, le 25 septembre, nous sommes appelés aux urnes pour le référendum sur le Code des familles. Nous voterons pour un texte dont le sens n'est pas d'imposer, mais d'accorder des droits à tous.
Cela n’est pas seulement une loi pour le présent, mais aussi pour l'avenir, dont nous bénéficierons sans exclusions à un moment ou à un autre de notre vie, que ce soit en matière de soin de l’enfance, de protection des personnes âgées, de mariage ou de divorce, de filiation, d'héritage, entre autres.
Dans tous ces processus, le nouveau code est supérieur.
Ne laissons pas les circonstances et les préjugés nous priver de la possibilité d'avoir plus de droits.
Nous appelons à voter Oui pour un Code qui rendra notre société plus complète.
Comme nous l'avons déjà dit, rien ne pourra arrêter l'avancée de la Révolution. Relâcher cet effort serait trahir le sang versé par des milliers de patriotes et de révolutionnaires cubains, parmi lesquels les martyrs du 5 Septembre.
Soixante-cinq ans après cet acte héroïque, notre reconnaissance éternelle à ses protagonistes, en particulier à ceux qui ont donné leur vie, et à leurs familles, qui souffrent encore de la perte de leurs proches.
Gloire éternelle aux martyrs du 5 septembre !
Gloire éternelle aux martyrs de la Patrie !
Le socialisme ou la mort.
Patria o muerte !
Venceremos !








