ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

Parmi les versions discographiques qui nous ont rapprochés du monde créatif merveilleux de Juan Almeida, il est difficile de faire une sélection en raison de la grande qualité musicale qu'ils possèdent. Que ce soit pour le concept de production musicale ou pour les interprétations, chaque sortie de disque a signifié un regard multicolore sur cet homme qui, dans sa génération de rebelles et de révolutionnaires, a aussi fait de la musique une partie de sa vie.
Nous revenons aujourd’hui à deux albums pour leur richesse et pour la façon magistrale de disséquer le répertoire musical d'Almeida à partir de deux perspectives inhabituelles : le jazz et la musique chorale
Par coïncidence, cette année, l'album Una manera mejor (label Abdala, 2002), du chœur de chambre Entrevoces, fête ses 20 ans, mais avec une fraîcheur qui en surprend encore plus d'un. Cette sortie nous plonge dans le merveilleux monde choral, sous la direction de sa directrice, la maestra Digna Guerra, héritière et soutien incontournable de la tradition chorale cubaine la plus enracinée.
Le disque présente des versions très réussies de thèmes bien connus d'Almeida, tels que Dame un traguito, Qué le pasa a esa mujer, Contigo, Este son homenaje et d'autres (12 au total), avec des versions pour chœur de compositeurs cubains renommés tels que Beatriz Corona, Conrado Monier et Octavio Marín. Il convient également de mentionner que deux membres du chœur, Samuel Hernandez et Amaury Ramirez Malberti, ont participé aux arrangements choraux.
Tous ces points de vue variés ont constitué un diapason choral au résultat intéressant, dans lequel ont prévalu les traits visibles de l'identité cubaine, tout en laissant de la place à l'expérimentation musicale. Dans les deux lignes sonores, on a pu constater un profond travail d'interprétation, assumé avec fraîcheur, fluidité et rigueur par Entrevoces, ce qui témoigne du solide travail que le chœur a mené depuis des années.
Mais si l'idée d'entreprendre un album avec des versions chorales de l'œuvre d'Almeida était novatrice, un an plus tard, la même maison de disques entreprenait un autre vaste projet, mais cette fois avec le jazz en toile de fond, réunissant des artistes importants de ce genre à Cuba.
Sous la direction musicale de Miguel Angel de Armas (Pan con Salsa) et José Marcos Crego, le disque, intitulé Mi Musica, reprend de façon magistrale des chansons telles que La Lupe, Este camino largo, Dame un traguito, Un beso de recuerdo, etc.
On trouvera également ici un niveau marqué de transgression conceptuelle, avec la coexistence, dans le même espace sonore, d'un quatuor à cordes et d'un bugle zélé, ainsi que d’une solide percussion cubaine présente dans presque tous les thèmes.
La concrétisation instrumentale et jazzy des chansons d'Almeida soulève d'innombrables questions qui, tant que l’on ne les a pas écoutées, ne trouveront pas de réponse. Il s'agit d'une proposition musicale qui, avec l'approche chorale, ouvre des voies différentes pour aborder son écriture musicale intimiste et le son contagieux qui le caractérisait.