
Il est incroyable que, malgré sa brièveté, il existe derrière un Oui des connotations qui souvent nous dépassent. Nous disons probablement plus de « oui » en une journée que nous ne saurions nous en souvenir ensuite. Dans nombre de cas, nous les utilisons pour nous épargner des arguments, pour éviter de longues conversations, pour rassurer quelqu'un et éluder d'autres questions.
Cependant, un Oui peut avoir une portée bien plus grande. Répondre par l'affirmative signifie également être d'accord, prendre parti, prendre position.
Il est même possible d'aller plus loin, car pour les Cubains, cette brève affirmation a également été symbolique, et assumée sous l’angle de nobles attitudes, de l'altruisme que nous portons en nous, du chemin que nous avons souvent dû parcourir à contre-courant.
Nos personnels de santé ne disent-ils pas chaque jour Oui à l'internationalisme et à la solidarité lorsqu'ils partent vers des pays frères ? Cuba ne dit-elle pas Oui à l'autodétermination des peuples lorsqu'elle dénonce le blocus ou d'autres actes d'ingérence contre des nations libres ? La décision des milliers de volontaires qui se sont rendus en zone rouge pour lutter contre la Covid-19 n'était-elle pas un Oui pour la vie ?
Tout Oui doit être fondé sur les certitudes, la confiance, la crédibilité, sur une interprétation juste des choses.
Quelqu'un pourrait dire qu'un Non implique aussi beaucoup de tout cela, et c'est vrai. Mais c'est à ce moment-là qu'entre en jeu quelque chose de beaucoup plus puissant : notre conscience et notre capacité de décision. Seuls ces outils, uniquement humains, nous permettront d’évaluer combien une réponse est opportune ou nécessaire par rapport à l'autre, combien de dommages l'une peut causer et tout ce l'autre peut apporter.
Lorsqu'il s'agit de décisions trop graves pour être prises à la légère, ce qui doit servir de médiateur entre le Non et le Oui, c'est un profond exercice de réflexion, fondé sur la responsabilité de comprendre, sans égoïsme, tout ce qui est en jeu.
Si un nouveau Code des familles n'est pas assez important pour motiver ce dialogue intérieur, regardons au fond de nous. Mais si nous apprécions sa dimension, si nous nous dépouillons des préjugés pour le comprendre, si nous nous débarrassons des fanatismes et des concepts rétrogrades, alors l'amour, les droits et l'inclusion seront des raisons suffisamment fortes pour nous faire basculer du côté positif de la balance, et le Oui aura une connotation nouvelle et irréfutable : l'avenir.








