
Le Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a qualifié la question de l'économie circulaire de « thème passionnant, nécessaire et, surtout, stratégique pour un pays qui se développe dans les conditions qui sont les nôtres ».
Depuis le Palais de la Révolution, et lors d'une autre réunion du Conseil national de l'innovation – qui s'est réuni le 9 novembre pour recueillir des idées sur la question de l'économie circulaire dans l'industrie du recyclage – le chef de l'État a fait référence à cette question comme quelque chose que le pays doit commencer à regarder d'une manière différente : comme un axe qui traverse tous les processus de la société.
« Il s’agit d’une question qui exige également de façonner une culture et de transformer notre façon d'agir », a affirmé le président aux spécialistes, car le défi consiste à faire en sorte que les gens s'approprient les concepts liés à l'économie circulaire.
Il est ressorti de cette intéressante journée d'analyse – à laquelle participait également la vice-Première ministre Inés Maria Chapman Waugh, depuis la présidence –, que l'économie circulaire est une voie que le pays doit mettre en œuvre de toute urgence et il a également été rappelé que la question n'en est qu'à ses débuts et qu'elle implique une véritable transformation culturelle.
Une exploration sur les réseaux virtuels permet de corroborer qu'en effet, comme il l’a été dit, « l'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui implique de partager, de louer, de réutiliser, de réparer, de rénover et de recycler des matériaux et des produits existants aussi longtemps que possible ».
Trois conférences partagées, et plusieurs dissertations qui ont eu lieu au Conseil national de l'innovation, ont confirmé que l'économie circulaire est taillée sur mesure pour un pays comme Cuba – où chaque richesse naturelle devrait être utilisée de la meilleure façon possible – et qu'elle est aussi la voie la plus raisonnable pour un monde dans lequel les ressources s'épuisent et où l'environnement souffre des impacts de la civilisation.
Il est passionnant d'écouter les spécialistes, qui peuvent parfaitement expliquer comment certaines activités productives deviennent des foyers de pollution et comment – si l'audace, la volonté d'optimiser les bénéfices et le désir d'être respectueux de la nature sont les médiateurs – les balles de riz, par exemple, peuvent être utilisées comme combustible, ou les excréments du bétail peuvent être transformés en énergie et en engrais organique.
L'une des meilleures histoires de l'économie circulaire à Cuba est peut-être celle de la Coopérative non agricole(CNA) Atres, de Matanzas, dont la marque de fabrique est la capacité à transformer des tonnes de déchets plastiques, recyclés, en objets beaux et utiles pour la décoration des maisons et des espaces publics.
Parmi les différents concepts, les spécialistes ont souligné que, dans l'économie circulaire, il faut savoir concaténer les déchets des processus de production, afin de transformer des problèmes tels que la pollution en nouvelles solutions.
Dans le but de réduire les déchets au minimum, de préserver les ressources naturelles et les écosystèmes et de promouvoir les bonnes pratiques dès le plus jeune âge, les réflexions ont mis en évidence un espace clé pour avancer sur la voie de l'économie circulaire : l'espace domestique, où les gens, à travers leurs tâches quotidiennes, font les traditions de ce pays en miniature, que l’on appelle « territoire », et dans lequel, par exemple, il est très important de comprendre que ce que nous jetons, séparément, peut être de la matière première, alors que mélangé, ce me sont que des déchets.
Sans les gens, l'économie circulaire n'a pas d’avenir, mais elle n'en aurait pas non plus sans les institutions, les cadres réglementaires et les financements qui l'encouragent. De même, l'innovation est une prémisse de cette philosophie qui va au-delà de l'économie linéaire.
Dans cet esprit – et cela a fait l'objet d'une réflexion – il faut connecter et impliquer tous les acteurs de l'économie ; il faut continuer à parier sur un changement de la matrice énergétique et il faut entrelacer toutes les savoirs qui pourraient contribuer à la mise en œuvre réussie de cette économie qui, comme l'a dit un professeur pendant la session de travail, est l'épine dorsale de la durabilité.
ÉMERGENCE D’UNE PHILOSOPHIE
Au terme de cette réunion qui ne sera pas la dernière et qui doit viser à approfondir cette question, le président Diaz-Canel a déclaré : « Ici, sur la base de vos propositions, et des exposés et des commentaires qui ont été faits, un ensemble d’idées ont été lancées et je crois que si nous les intégrons, elles nous donneront, au moins, une première voie, ou une continuité de voies qui peuvent nous conduire à un moment différent. »
Le président a partagé son approche selon laquelle « la première chose que nous devons réaliser est la stratégie cubaine, la stratégie nationale pour l'économie circulaire », qui pourrait prendre comme point de départ ce qui a été présenté, lors de cette réunion, dont le contenu, a-t-il dit, pourrait être intégré et élargi « afin que cette même stratégie contienne tous les éléments institutionnels : normes juridiques, politiques publiques, formation, éducation et recherche ».
Et il a ajouté la nécessité d'enrichir la stratégie, de commencer à la suivre, de la promouvoir le plus possible, tout en soulignant que le gouvernement devra accorder à l'économie circulaire « toute l'importance qu'elle mérite ».
Dans le même ordre d'idées, il a parlé de la préparation, de porter la question devant les organes de l'administration centrale de l'État et de « la porter aussi à l'une des réunions que nous avons systématiquement avec le système des entreprises, du fait de l’importance du système des entreprises en tant que moteur des initiatives ».
Dans son analyse, le chef de l'État a inclus la formation dans les municipalités, « parce que la stratégie de développement territorial doit avoir l'économie circulaire comme composante transversale, et beaucoup de choses peuvent être faites dans le développement local, dans le développement territorial, en s’appuyant sur cette base ».
Tout ce qui sera proposé dans les plans pour le pays « doit être basé sur l'économie circulaire », a déclaré le président, car, a-t-il dit, « cela nous permettrait alors de relier les processus, les flux, cela peut nous conduire à de nouveaux produits, cela peut même nous conduire à la transformation des processus, et à des innovations productives ».
BONNES NOUVELLES SUR LE PARTAGE DES SAVOIRS
La réunion de ce 9 novembre a été précédée par la bonne nouvelle que le site web de la Présidence de la République de Cuba dispose désormais d'un espace qui a été nommé Bibliothèque du Conseil national de l'innovation
Selon la directrice de l'Infocommunication du Palais de la Révolution, Omara Aldama Lopez, il s'agit d'un référentiel qui a été conçu dans l'intention de promouvoir une interaction amicale entre spécialistes et internautes sur les sujets qui y apparaissent et qui ont trait au monde de l'innovation.
Les documents, a-t-elle dit, sont organisés en fonction du nom de chacun et visent à promouvoir la formation des personnes intéressées. Il existe déjà plus d'une centaine de textes.








